DEUXIÈME PARTIE
« Les commerçants, les industriels, les paysans bénissent ces a lois; ils les réclament, ils les exigent.
(( Frères roumains, soldats qui êtes nos fils et nos frères, « veillez à l'ordre public, puisque cela est votre devoir...
« Quand vous quitterez le fusil désormais, ce ne sont plus les « corvées et les fouets des Dorobantzi qui vous attendent, c'est « une Patrie qui vous invite au banquet fraternel de tous ses « enfants.
« Officiers roumains, vos frères d'armes d'Europe vous ont Ci donné l'exemple; l'Europe civilisée a les yeux sur vous. Vous « avez ceint l'épée pour maintenir l'ordre et pour lutter contre « les ennemis de la patrie. Veillez à Tordre public. Vous con- « naissez mieux que vos soldats les vrais ennemis de la patrie; « tirez vos épées, faites les luire au soleil de la justice et de rince dépendance. La carrière la plus glorieuse dans les annales de (( la patrie s'ouvre devant vous. Félicitez-vous de vous trouver « à la tête de vos frères d'armes dans ce grand jour, venu de « Dieu, et qui entrant dans l'éternité se présentera devant Dieu « avec sa mission accomplie, son front couronné de vos noms « comme d'autant d'étoiles emblèmes du salut du peuple rou- « main; mais si vos chefs vous commandaient des actes sacri- « lèges contre vos frères, vous n'avez à écouter que le peuple « souverain; brisez vos épées devant tout ordre fratricide : de « tels commandements sont inspirés par le souffle de Satan. « Celui-ci fut aussi chef dans les légions célestes, mais les anges « de la paix et de l'amour lui arrachèrent les ailes. Arrachez de (( même les épaulettes à tout chef traître à la patrie, qui com- « manderait de verser la moindre goutte du sang de vos frères (i).
« Pieux religieux, évêques, prêtres, c'est vous qui remplacez « les apôtres, et c'est aujourd'hui que se proclament les lois « basées sur l'Evangile. Il est de votre devoir de sortir la croix
(i) Le plus clair de ces principes, c'est qu'ils ont démoralise complètement l'armée. Voir lettre de Nicolas Balcesco à J. Ghica. (Voir note de la p. 381.)
« à la main et de sceller les canons et les armes meurtrières, « Jésus-Christ est ressuscité! l'esclavage et la mort ont été « terrassés...
« Citoyens, vous tous, prêtres, boyards, soldats, négociants, « industriels, de quelque classe, de quelque nation, de quelque « religion que vous soyez, étrangers qui vous trouvez dans la « capitale et dans les villes. Français, Allemands, Serbes, Armé- « niens, Bulgares, Israélites, armez-vous pour maintenir le bon « ordre et concourir à ce grand acte. Notre patrie est la vôtre, « s'il vous convient de rester chez nous; et la patrie vous reçoit. « Le système déchu ne vous a pas appelés au banquet commun ; « nous aurons désormais la même table; le même banquet de a fraternité nous est préparé; nous aurons les mêmes droits. Et « vous, bénis laboureurs , frères du Christ, le produit de vos « sueurs se transforme en corps et en sang du Seigneur; vous « êtes les fils du ciel, les fils de la paix et de la force; vous êtes « nos nourrisseurs ; vous avez pleuré et vous vous réjouirez; « vous avez été altérés de justice et votre soif sera apaisée. C'est « à vous que le Sauveur du monde a annoncé le bonheur. Vous « serez heureux et dans ce monde et dans l'autre...
« Tout le monde vous accorde la justice, les mains pleines et « les larmes aux yeux.
(c Et toi, chef de l'État, élu du peuple! Le peuple regrette « amèrement de ne te nommer que le dernier, et il dépendait de « toi d'être le premier. La patrie t'a élu, elle t'a regardé comme « son fils le plus cher, ta conduite a été problématique ; tu t'es « montré aux yeux de la patrie et du monde comme l'enfant « prodigue de l'Évangile. — Reviens au milieu du peuple, et la « patrie mettra l'anneau de l'alliance à ton doigt et fera immoler « le veau gras; nous ne te demandons pas compte de tes actes, « car tu es notre frère, tu es Roumain, tu en rendras compte « devant ta conscience et devant Dieu. Nous ne savons si ce que « tu as fait était volontaire ou forcé. Il est temps de démontrer