‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 86 sur 215 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

du pays entre les mains de Sa Hautesse (i); — les fêtes données à Suleyman, son discours aux boyards (2); — l'engagement pris par les Boyards (3); — une vaine tentative de la lieutenance pour faire voter, par une commission de délégués envoyés par les paysans et par les propriétaires, l'article 13 de la Constitution du 11/23 juin sur la propriété; — la- dissolution de la commission réunie à cet effet; le rappel de Suleyman (14 août) et son remplacement par Fuad-Effendi; — le refus de Rechid-Pacha et d'Aali-Pacha de recevoir officiellement une députation roumaine envoyée à Constantinople par la lieutenance princière; — une nouvelle protestation de la commission, protestation restée sans réponse comme toutes celles qui l'ont précédée depuis le 1 1 juin ; le mouvement en avant des troupes russes, déjà installées en Moldavie, et l'arrivée d'Omer-Pacha à la tête de son corps d'armée à Cotroceni, aux portes de Bucarest, le 22 septembre; — des rassemblements au Champ de la Liberté, un appel aux armes, de violents discours prononcés, l'espoir général de voir marcher contre les Turcs la lieutenance princière et les révolutionnaires du 1 1 juin — qui avaient « décrété d'exil ceux qui seraient « jamais cause de l'entrée des troupes étrangères sur le sol de la « Patrie, et qui avaient juré de mourir pour Elle », — déçu ; — le renvoi dans la petite Valachie des troupes résidant à Bucarest, à l'exception du corps des pompiers; — la convocation d'une députation de notables de Bucarest chez Fuad-Effendi, qui leur fait connaître les z^Ê'^/f irrévocables àvi Sultan, « Mon maître et le Vôtre », écrit-il; — le choix d'une caïmacamie unique confiée au logothète C. Cantacuzino (25 septembre), sous la tutelle des fondés de pouvoir des deux Cours suzeraine et protectrice; — l'entrée des Turcs dans Bucarest, 12/23 septembre; le refus du corps des pompiers, resté sans ordres, de livrer la caserne aux Turcs,

(1) Voir plus loin, p, 447.

(2) Voir à l'Appendice.

(3) Idem.

suivi d'une collision sanglante (i); — l'état de siège déclaré par Omer-Pacha; — l'arrestation des insurgés; — le vide formé par la Porte autour de la lieutenance princière; — la fuite d'Héliade au consulat britannique; — le départ de Tell pour Cronstadt, de N. Golesco pour Constantinople, des autres membres du mouvement du 1 1 juin 1848 pour d'autres destinations; — le licenciement des troupes que Maghiéro avait réunies dans la montagne, — troupes sans armes et complètement démoralisées, de l'aveu de Nicolas Balcesco (2), et qui, en dépit de la résolution de leur chef de résister ou de périr, ne livrèrent aucun combat ; — le passage de la frontière par Maghiéro (3) : tel est en quelques mots le résumé complet, sans commentaires, de I'entre- PRISE IMPROVISÉE (4) du II juin 1848 en Valachie.

Nous nous sommes servi à dessein, pour résumer cette période, des écrits destinés à justifier le mouvement de 1848. En empruntant spécialement aux auteurs de l'insurrection toutes nos citations, nous avons eu pour but d'augmenter les éléments d'appréciation du lecteur, et de lui faciliter le jugement qu'il portera sur les causes, les événements, et les conséquences de cette entreprise malheureuse.

Le mouvement du mois de juin 1848 dura juste trois mois et deux jours. Il a laissé au pays, outre le souvenir douloureux de

(1) Zaganescu et Dinca commandaient le régiment.

(2) « Notre pays n'a ni armes ni armée : celle-ci est complètement démoralisée. I) (Nicolas Balcesco à M. J. Ghica.) Voir dans les Relations littéraires (Convorbiri litterare), du i" avril 1893, p. 1024 (directeur M. M. J. Negruzzi) , les notes précieuses de M. Mandrea, conseiller à la Cour de cassation.

(3) Voir dans les Relations littéraires (Convorbiri litterare), du i" avril 1893, p. 1625. (Directeur M. M. J. Negruzzi.)

(4) Lettre d'Héliade et de Tell à S. A. S. le Prince Bibesco, le 9 juin 1848.

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