D'APRÈS LES ÉCRITS ANONYMES
M. Elias Regnault (d'après la brochure anonyme : Der^ nière occupation , etc.) :
« Mais , à Conetantinople , l'ambassade russe en décida autrement; les deux Cours protectrices ordonnèrent que, pendant dix ans, les moines grecs ne payeraient aucune contribution à l'État dont ils détenaient les biens.
c A l'expiration de ce terme, c'e6t-4t-dîre en 1843, la Russie, profitant du moment où Ton allait avoir besoin d'elle pour une nouvelle décision, voulut se ménager des avantages personnels dans une discussion dont elle se fit arbitre. Elle proposa donc de transformer les cultivateurs habitant les terres des couvents , et les moines grecs eux-mêmes, en sujets russes dépendant des consulats de Bucarest et de Jassy. C'était faire relever de la juridiction consulaire russe le cinquième du territoire des Principautés.
« Les moines, justement effrayés de cet offre de naturalisation (?), repoussèrent ce dangereux honneur. Dès lors le Czar, retirant sa main protectrice, les livra aux hostilités des Roumains, bien assuré qu*ils seraient obligés de revenir à lui.
(( Bibesco, en effet, profita de l'isolement des moines grecs pour les soumettre à des contributions de toute nature. Non
seulement il frappa les monastères d'emprunts forcés, mais encore il les contraignit de lui faire des dons considérables chaque fois qu'il s'agissait de la reconnaissance de leurs abbés, de la confirmation de leurs fermages et de la signature des sentences judiciaires
« Les exigences devenant de jour en jour plus oppressives, les moines, en 184^, furent obligés , ainsi que cela se prévoyait , de recourir de nouveau à la protection moscovite (i) . »
M. UbicINI (d'après la brochure anonyme : Dernière occupation, etc.) :
ff Mais à Constantinople la mission de la Russie en décida autrement, etc.. (comme dans le livre de M. Elias Regnault). A
l'expiration de ce terme, c'est-à-dire en 1844, la Russie émit
des propositions qui ne tendaient à rien moins qu'à transformer les moines et les cultivateurs établis sur leurs domaines en sujets immédiats du Czar orthodoxe. Arrivée à ce point , la protection se heurta contre les Roumains, et contre les moines eux-mêmes, qui rejetèrent l'arrangement proposé. Quatre ans plus tard (1847) , les exactions de Bibesco, encouragées sous main par le Cabinet de Saint-Pétersbourg, contraignirent les hégoumènes à implorer de nouveau l'assistance de la Russie (2) »
Un coup d'oeil sur la brochure (3) anonyme où MM. Elias Regnault et Ubicini ont puisé leurs inspirations suffira à démon-
(i) Histoire des Principautés danubiennes, p. 327 et 328.
(2) {Valachie-Moîdavie, p. 78.)
(3) Dernière occupation, etc. (brochure anonyme portant le nom d'emprunt Ckainoi)^ p. 94 et 95. — « Mais à Constantinople la mission de Russie en décida autrement, et les deux Cours, sans consulter les pays et leurs droits, décidèrent que les moines grecs continueraient pendant dix ans à disposer des revenus des couvents sans payer aucune contribution. A l'expiration de ce terme, c'est-à-dire en 1843, la Russie émit des propositions qui devaient avoir pour résultat, comme le synode proposé par le Prince Menschikoff, de transformer les cultivateurs habitant les terres des couvents, les moines grecs compris , en sujets dépendant des consulats russes de Bucarest et de Jassy. Alors comme en 1853, au sujet des immunités du patriarcat, les moines grecs se trouvèrent embar-
trer que le récit de ces messieurs ne leur a pas coûté gprands frais d'imagination. Ils n'ont eu que la peine de copier. Les actes du Prince, la lutte soutenue par lui au nom des droits du pays, n'existent pas ; ses actes de répression contre les hégoumènes se transforment en spéculations inavouables ; le Prince est un tyran, et les hégoumènes des martyrs ! Voilà de l'histoire !
rassés de la protection et refusèrent l'arrangement proposé. Aussi la Russie, pour les pousser et les obliger plus tard à recourir à elle, excita contre eux la vénalité du Prince Bibesco et de sa famille, dont les exigences devinrent tous les jours plus fortes, et réussit à forcer les moines, en 1847, à recourir de nouveau à la protection de la mission russe. »