EN DATE DE I460 APRÈS J.-C
Cet acte, en sus des clauses contenues plus haut, ajoute ce qui suit :
« Les Ottomans n* auront à s* immiscer en aucune façon dans les affaires du pays, ni posséder des propriétés, ni y circuler. Pour ce qui est du tribut, un fonctionnaire impérial sera délégué, qui traversera le Danube avec l'autorisation du Prince, et qui ira à Tirgoviste. Accompagné de nouveau d'un officier princier jusqu'à Giurgevo, où la somme, qui doit monter à dix mille ducats sultanins, sera comptée et versée contre une quittance iilam) de la part du cadi, sera passée à Roustchouk, où il sera donné de nouveau un ilam, afin que le pays soit à l'abri de toute nouvelle demande pour le cas où l'argent viendrait à se perdre en route (i).
« Si un Turc a un procès avec un Roumain, que ce procès soit examiné par le Divan princier, selon les lois du pays, et que ce jugement soit exécutoire,
H Les négociants ottomaits, quand ils voudront venir avec leur marchandise, le feront savoir au Prince en déclarant d'où ils sont originaires ; sans retard, ils auront à acheter et à liquider en gros leurs efiFets, et ne continueront point a circuler, à vendre et acheter dans des lieux privés.
M II est défendu à ces Ottomans de prendre à leur service des Roumains ou des Roumaines, ainsi que d* élever des minarets,
« Il ne sera adressé à^isgar firman (sommation de comparaître) à aucun indigène, et personne ne sera arrêté dans le pays pour être conduit à Constantinople et jugé, pour quelque cause que ce soit. »>
Ces conditions ont été stipulées aussi dans les firmans postérieurs, qui ont été envoyés à différentes époques au pays, à savoir :
M Firmans confirmatifs des privilèges du pays, selon les anciens Hatti- Houmatoums ;
« Les firmans qui citent constamment les anciennes traditions du pays et l'ordre primitif, avec une considération particulière et de nouvelles confirmations ;
« Les firmans dans lesquels il est stipulé, pour les Turcs, de n'exercer
(0 Et .quoique plus tard la somme du tribut mentionnée plus haut ait été faugmentée, la manière de Texpédier est restée la même Jusqu'au règne du Voïvode Sherban Cantacuzène.
Numéraire en caisse au !•' comptes arrêtés par le Mîr
Encaissements effectués (dan rations de trésorerie/ dépôt
Total
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Numéraire au 31 décembre i
Sommes restant à encaisser. .
Numéraire au 31 décembre il
Total : Actif
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D'où il résulte au 31 décei de
Ces comptes ont été envoyé avec une Adresse du Ministre
a) Exe :
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DÉFICIT au 31 décenr • b) Co!^ ' Numéraire en caisse au i*' ja
comptes arrêtés par le Minis !
Encaissements effectués (dans 1 !
rations de trésorerie, dépôts,
Total
Versements (y compris les opér
Numéraire au 31 décembre 18^
Sommes restant à encaisser. . .
Numéraire au 31 décembre i8«i de gestion
Total : Actif
Report piastres 9 . 474 .115 02
Dettes 14. 981. 21 2 15
D'où il résulte au 31 décembre 1857 un déficit
de piastres . 5 . 507 .097 13
Ces comptes ont été envoyés au Président de la Chambre législative avec une Adresse du Ministre du contrôle. (15 juillet 1860, n® 1395.)
a) Exercice budgétaire.
Revenus encaissés piastres. 27 . 938 . 265 83
Dépenses effectuées 32 . 968 . 708 1 7
Déficit au 31 décembre 1858. . . . piastres. 5.030.442 34
b) Compte de gestion.
Numéraire en caisse au i" janvier 1858 (d'après les
comptes arrêtés par le Ministère du contrôle). . . p. 3.438.444 06
Encaissements effectués (dans lesquels figurent les opérations de trésorerie, dépôts et emprunts)
Total piastres .
Versements (y compris les opérations de trésorerie). Numéraire au 31 décembre 1858 piastres.
c) Bilan.
Sommes à encaisser piastres. 6.356.994 86
Numéraire au 31 décembre 1858 piastres. 2.478.802 31
Total : Actif 8.835.797 17
Dettes 13.866.240 51
D'où il résulte au 31 décembre 1858 un déficit
de piastres . 5 . 030 . 442 34
Ces comptes ont été envoyés au Président de la Chambre législative avec une Adressé du Ministre du contrôle. (29 juillet 1861, n» 1037.)
Le Prince Georges Btbesco à S, A, le Prince de Bismarck^ grand chancelier de l'Empire d'Allemagne.
Mon Prince,
J'ai pris la liberté de vous faire adresser directement Y Histoire d'une frontière f étude que je viens de publier.
Votre Altesse a si bien enseigné au monde comment il fallait aimer et défendre son pays, qu'Elle comprendra, j'en suis certain, que j'aie tenté de défendre le mien dans la mesure de mes forces.
Je souhaite ardemment, mon Prince, que Votre Altesse ne fasse pas mauvais accueil à mon nouveau-né.
Agréez, mon Prince, etc. G, Bibesco.
Le Prince Georges Bibesco
à S. Exe, le Ministre des affaires étrangères de France,
M. Challemel'Lacour.
Monsieur le Ministre,
Vous avez dû recevoir, dès le lendemain de sa publication, mon livre, V Histoire d'une frontière.
Je nv'estimerais heureux si le Ministre des affaires étrangères de France trouvait le temps de parcourir ce volume, où sont traitées les questions soumises actuellement à la Conférence de Londres.
En lisant VHistoire d une frontière, Votre Excellence se convaincra aisément que la situation faite à la Roumanie en Orient est actuellement •pleine de périls. Ce petit État est en l'air, sans défense contre les attaques que tout facilite. Doit-il donc cesser d'être le poste avancé du continent occidental, chargé de maintenir la liberté, la neutralité, la sûreté, — dans sa partie la plus essentielle, — de cette route commerciale du centre et du sud-est de l'Europe ?
Je sais que la politique a de terribles exigences; mais si cela arrivait, l'Europe occidentale aurait certainement à le regretter un jour, trop tard peut-être !
Dans la situation où nous nous trouvons. Monsieur le Ministre, je conserve l'espoir que la France n'abandonnera pas mon pays. Il est, hélas! bien isolé, mais il est bien vivant, il est vaillant, il est en état de rendre d'utiles services à l'Europe.
Agréez, etc. G. Bibesco.
Le Prince Georges Bihesco à lord Granville.
MlLORD,-
J'ai eu l'honneur de vous faire adresser de Paris, où il vient d'être publié, mon livre, V Histoire cPune frontière.
Les hommes d'État anglais ont défendu au Cong^^s de Berlin les légitimes espérances de la Roumanie avec une sympathie trop marquée, avec une hauteur de vues trop remarquable, pour que je ne sois pas autorisé à espérer, pour mon ouvrage, un accueil favorable de la part du chef éminent du département des affaires étrangères de la Grande-Bretagne.
Je m'estimerais heureux, Milord, si Votre Excellence trouvait un moment pour lire quelques-unes des pages de mon travail. Elles l'éclai reraient sur le but de sa publication.
Il n'est pas trop tard pour que les grandes Puissances de l'Occident veuillent bien prendre en considération la situation difficile et dangereuse créée à la Roumanie par le traité de Berlin, et chercher à conjurer les périls qui menacent l'Orient, et que l'état de faiblesse des frontières de mon pays rend plus graves.
Je recommande V Histoire d'une frontière à la haute bienveillance de Votre Seigneurie, et je la prie d'agréer l'expression de ma très haute considération.
G. BiBESCO.
M. Bron, D, M., à S. A, S. GeorgeS'Démètre Bihesco ^ Prince régnant de Valachie»
M. Bron dénonce au Prince le factum Billecoq qui s'imprime à Bruxelles.
Bruxelles, 5 août 1847.
Monseigneur,
Je tiens dans mes mains, par une sorte de hasard providentiel, les fils d'une trame ourdie dans le but évident de Vous renverser de la haute position que vous occupez.
Voici de quoi il s'agit : en ce moment, il s'imprime mystérieusement, à Bruxelles, une brochure assez étendue, dont l'auteur (i) reste inconnu, même de l'imprimeur, et dont je suis parvenu à me procurer un assez
(i) L'auteur inconnu de ce factum était M. Billecoq. Nous avons fait justice, au cours de cet ouvrage, de cet écrit méprisable.
grand nombre d'épreuves. Dans ce factum on expose, sous le jour le plus partial et le plus odieux, tous les actes de votre administration, depuis votre avènement à la Principauté de Valachie jusqu'au moment actuel. Ce n'est pas tout ; toutes les malversations, tous les abus qui ont pu être commis sous votre règne vous sont injustement reprochés, et cela, sans tenir compte des difficultés de votre position et des habitudes enracinées de corruption que la domination ottomane a, depuis des siècles, infiltrées dans les mœurs comme dans presque toutes les branches de l'administration de ce pays.
Dans cette diatribe, l'indécence des attaques ne le cède qu'à la virulence du style. Rien n'y est respecté, ni votre caractère personnel, ni les détails intimes de votre vie privée.
Les faits vrais ou faux y abondent ; on y descend même jusqu'aux commérages les plus insignifiants, les plus vulgaires, mais toujours en les travestissant sous les couleurs les plus noires.
Ce pamphlet, Monseigneur, car ce n'est pas autre chose, ne peut être considéré comme une simple spéculation de librairie ; ce n'est évidemment qu'un acte de vengeance ou de rivalité, l'un et l'autre peut-être, destiné à ameuter contre Vous, non pas tant encore l'opinion publique que les Cours étrangères et particulièrement la Russie , à laquelle cette brochure est spécialement adressée. L'exagération passionnée et le ton constamment acrimonieux de cet écrit pourraient certes n'exciter en Vous que le mépris et le dégoût, si l'audace et l'importance des accusations n'étaient de nature à entraîner des conséquences graves. L'auteur paraît en effet opiniâtrement résolu à ne reculer devant aucune considération, devant aucun sacrifice. A la fin de sa brochure, il annonce l'intention de revenir à la charge tant que son but n'aura pas été atteint. C'est en un mot un duel à mort auquel il Vous provoque.
Sans avoir eu l'honneur d'être présenté à Votre Altesse, les relations amicales que j'ai nouées, pendant un séjour récent en Valachie, avec plusieurs boyards éclairés, et notamment avec le colonel Philippesco, m'ont mis à même d'apprécier les qualités éminentes de Votre Altesse ; d'un autre côté, l'étude que j'ai faite des mœurs du pays, des privilèges des boyards, des exigences politiques extérieures qui y dominent, m'ont donné la clef des difficultés de tout genre qui entravent l'action d'un Prince de Valachie, quel qu'il soit, chaque fois qu'il cherche à faire le bien. C'est en pesant ces raisons, et sous l'impression d'un sentiment d'indignation et de justice révoltée, que je me suis spontanément décidé à Vous avertir de ces menées ténébreuses et à amortir, si ce n'est à parer, le coup qu'on prétend Vous porter. Si, prenant ainsi sur moi et sans autorisation de; Votre part la responsabilité d'une semblable démarche, j'encours le reproche d'indiscrétion, Vous aurez égard, Monseigneur, j'en
6s2 APPENDICE.
suis persuadé, aux motifs qui me dirigent, et à l'urgence des circonstances qui, selon moi, ne permettent aucun retard, aucune hésitation.
Pour atteindre le but que je me propose, voici le plan que j'ai adopté : je réunis tout ce que je puis recueillir d'épreuves de la brochure ; je les emporte avec moi; j'accélère mon départ pour Bucarest en m'embarquant, si possible, sur le bateau qui part de Vienne le 14 courant; puis, si Vous daignez m 'accorder une audience, je Vous communiquerai ces matériaux, dont Vous ferez tel usage qui Vous conviendra.
En attendant, j'ai cru bien faire en avertissant M. votre fils, pour le cas où il serait actuellement à Paris, afin qu'il se rende immédiatement à Bruxelles et s'y concerte avec des personnes capables, discrètes et dignes de confiance, auxquelles je l'adresse. Là, ils aviseront ensemble aux moyens de retarder la publication de cet écrit, pour vous laisser le temps d'en préparer la réfutation. Ce sont des écrivains d'infiniment d'esprit et de talent, qui disposent d'une partie de la presse française et belge, et qui se chargent de foudroyer dans divers journaux cette production dès l'instant de son appariticm, avec l'arme du ridicule d'abord (car elle y prête à plus d'un endroit), en attendant que Vous jugiez à propos de leur fournir, soit directement, soit par mon intermédiaire, des notes suffisantes pour une réfutation sérieuse et complète.
Au moment de terminer ma lettre, j'apprend que l'on a vu ici, les jours derniers, une personne qui habite Bucarest depuis plusieurs années et qui, si je ne me trompe, est chargée de donner ses soins à cette publication. Son nom, que je dirai de vive voix à Votre Altesse, si elle le désire, ne fait que convertir en certitude les conjectures que déjà j'avais faites in petto, et sur les auteurs, et sur le but de ce complot.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime, le très humble et très obéissant serviteur.
Bron, D. m.
S. A . .S*, le Prince Bihesco à S. Exe, le comte Kisseleff,
u Les dépenses que j'ai été obligé de faire à Constantinople sont en effet très considérables, personne ne le sent plus vivement que moi. Mais je puis aussi affirmer que tout autre, placé dans les mêmes circonstances, ne s'en serait pas tiré à meilleur prix.
u Le moyen, en effet, de se soustraire aux exigences, sans fin, qui commencent au premier maître et finissent au dernier des esclaves, alors surtout que l'on se trouve à leur discrétion? C'est un vice qui a passé dans
Porte Ottomane à chacune des Provinces de Valachie et de Moldavie qui font partie intégrante de notre Empire, et à mettre ses soins à augmenter et à étendre le bien-être des populations, nous avons aussi voulu, comme une marque de nos sentiments de haute équité pour tous les habitants de nos États en général, tout en conservant les anciens privilèges des habi* tants des deux Provinces, faire reviser et améliorer les règlements orga* niques intérieurs de chacune des deux Provinces, afin de compléter et d'assurer le bien-être de toutes les classes de leurs habitants. Attendu que, d'après les dispositions du traité de paix générale qui vient d'être heureusement conclu entre mon Gouvernement et les Hautes Puissances européennes, les droits sacrés de la Suzeraineté de la Sublime Porte ayant été confirmés et consolidés, et les anciens privilèges dont jouissaient les deux Provinces ayant été reconnus et maintenus par notre gouvernement, il a été stipulé qu'un Divan ad hoc sera formé par nous dans chacune des deux Provinces, pour connaître les vœux des populations, afin de modifier et améliorer les règlements intérieurs desdites deux Provinces, Ces Divans seront constitués dans une forme qui garantisse les intérêts de toutes les classes de la population. Le résultat des délibérations sera soumis à une commission composée d'un délégué nommé par nous et des délégués envoyés par les Hautes Puissances contractantes : après avoir été scrupuleusement examinée dans cette commission, l'affaire, sur le rapport des commissaires, sera discutée entre notre Sublime Porte et les Hautes Puissances. Comme il est stipulé dans le traité susmentionné que le Règlement organique, qui devra être dressé avec l'entente de notre Sublime Porte, sera donné à chacune des deux Provinces par un Hatti- Houmaîoum émanant de nous ; attendu que notre volonté impériale est d'obtenir le plus tôt possible les renseignements et informations nécessaires touchant les améliorations recherchées, en convoquant immédiatement ces Divans ad hoc; et que Méhémed Essad-Safet Moustéchar, conseiller au Grand Vizirat, l'un des dignitaires de notre gouvernement, a été désigné comme délégué de la Porte Ottomane; et que, d'autre part, les délégués des Hautes Puissances ont été aussi désignés pour se joindre audit commissaire; ces Divans, afin d'être formés conformément 2m principe que, leres pect dû à l'autorité sueeraine étant la base de leurs opérations^ les réformes dont chacune des deux Provinces a besoin, quant à ses règlements intérieurs^ puissent être conformes aux intérêts des différentes classes de la population, et qu'ils puissent connaître les vœux de chaque classe d'habitants, doivent être convoqués selon les règles suivantes :
I. — Outre le Métropolitain et les évêques de chaque Province, qui doivent être membres du Divan, les administrateurs des biens ecclésiastiques choisiront trois d'entre eux, et les prêtres, en dehors du Métro-
politain et des évèques, choisiront également trois d'entre eux, pour être membres du Divan.
II. — Les Boyards de première classe se réuniront au siège du Gouvernement; ilsnommeront entre eux, parmi les personnes dont la noblesse remontera jusqu'au grand-père au moins, dix-sept membres pour faire partie du Divan.
III. — A l'exclusion des Boyards de première classe, et afin qu'il y ait un membre pour chaque district, tous les propriétaires dont les biens seront libres de toute hypothèque ou engagement quelconque, possesseurs de cinq cents falches (i) de terrain dans l'intérieur du district, se réuniront au chef-lieu pour y élire l'un d'entre eux. La classe des propriétaires sera représentée, de la sorte, par dix-sept membres dans le Divan.
IV. — Toutes les classes d'artisans et d'industriels devant nommer cinq membres dans la ville siège du Gouvernement, six autres membres dans les deux grandes villes de second ordre, et six dans les six villes de troisième ordre, les individus membres de chaque corporation absolument indigènes et ne relevant d'aucune nationalité ou protection étrangère (qui sont de premier et de deuxième ordre, et qui payent l'impôt de patente de première classe) choisiront parmi eux deux électeurs pour leur corporation. Les derniers se réuniront dans la ville où ils se trouvent, et choisiront parmi eux les membres qui seront nommés pour cette ville. Les corporations seront ainsi représentées par dix-sept membres au Divan.
V. — Afin qu'il soit aussi nommé dans chaque district un membre de la classe des paysans, ils éliront, dans chaque cercle subdivision du district cinq personnes parmi les possesseurs de terres rendant un revenu annuel de trois cent cinquante piastres au moins (115 fr. 50), lesquels propriétaires sont désignés dans le langage du pays sous le nom de mochnéni; s'il n'y a pas dans le cercle de propriétaires jouissant d'un tel revenu, on les prendra parmi ceux qui ont le plus fort revenu au-dessous de ce chiffre ; ces personnes ainsi élues se rendront au chef-lieu du district, et là, elles désigneront l'une d'entre elles pour représenter le district ; de la sorte les paysans seront représentés par dix-sept membres au Divan.
VI. — Il a été décidé que tous les membres en général devront être âgés de trente ans au moins et jouir de tous les droits civils.
Quant aux discussions, les membres de chaque classe se constituant séparément en comité dans le local consacré aux Divans, sont autorisés à discuter, tant sur la généralité des règlements intérieurs de la Province que sur les vœux de leur propre classe,' seulement chaque comité exposera le résumé de ses discussions et de ses considérations à l'Assemblée générale des Divans. Ces Divans, étant chargés seulement d'exprimer des
(i) La falche vaut i hectare 431,295.
vœux qui seront examinés d'abord dans la commission composée du délégué de la Porte et des commissaires des Puissances sigtiataires et discutés ensuite entre notre Sublime Porte et les cours alliées, et l'opinion et Tavis des Divans ne devant pas être dans la forme définitive, tant les considérations qui seront exposées après discussion dans les comités des membres de chaque classe que les résultats des discussions de l'ensemble, seront présentés à la Commission par des exposés séparés.
Les membres de ces Divans n'ayant pas le droit de donner isolément leurs avis aux membres de la Commission, les rapports seront transmis officiellement par le président du Divan au président de la Commission. Telles devront être les relations entre la Commission et les Divans.
Chaque comité nommera dans son sein son président à la pluralité des voix.
Le président du corps général du Divan sera nommé parmi les membres par le Catmacam; les secrétaires seront nommés sur le choix du Catmacam.
L'état provisoire de l'administration de ces Provinces devant cesser dans peu de temps, les Divans doivent clore leurs discussions dans le terme extrême de six mois.
Si, contrairement à ce qu'on attend d'eux, les Divans se livraient à la discussion de matières contraires aux droits de Suzeraineté Auguste de la Sublime Porte Ottomane, ainsi qu'aux anciens privilèges organiques (?) des deux Provinces, le délégué ottoman est chargé de notifier ce fait à la Commission, et de faire à l'administration de la Province telles notifications qui seront nécessaires.
Si pareille chose avait lieu, on devrait interdire aux Divans tout acte de ce genre qui serait une contravention aux principes.
Toi donc, Caîmacam susdésigné, Ma volonté souveraine t'étant connue, tu t'appliqueras à agir en conformité de ce qui précède.
Sefer 1273 (i"" octobre 1856.)
FAMILLE BASSARABA-BRANCOVAN-BIBESCO SES ORIGINES.
D'après la tradition, l'origine de la famille Brancovan remonte à Vtck Brancovici, frère du Despote de Serbie Lazare Brancovici,
Ce nom de Brancovici fut porté par le saint martyr de l'Orthodoxie, le Métropolitain Sava Brancovici^ victime du zèle protestant et de la barbarie hongroise. Il est à présumer qu'il appartenait à une branche des Brancovici ou Brancoveano,
Le Prince Mathieu Bassaraba était Brancovan (i). Il s'appelait Matet aga din Brancoveni, lorsqu'il se révolta contre la Turquie.
Pour reprendre les choses de plus haut, la révolte de Michel le Brave eut cette conséquence que, le jour où il fut assassiné par les ordres delà Cour d'Autriche, les Roumains purent élire Prince Radu-Serhan-Bassaraba, qui battit et tua le chef du parti hongrois de Transylvanie, Motk Seehely,
Mais, dix ans après, les Turcs nommèrent à sa place Radu-Mihnea, et bientôt leur joug et celui des Grecs, leurs créatures, — qui se servaient de la puissance turque pour s'enrichir et enrichir leurs monastères, — devint si intolérable, qu'en 1633 Mathieu Brancovan dut faire une révolution.
Le Prince Mathieu mentionne toujours, dans ses actes, V oncle de Mon Altesse f le Vayvode Bassaraba, Son père avait donc épousé une sœur de Serban,
Mathieu avait un frère, qui eut pour fils Preda, grand vornic, père du postelnic Papa Brancovan, père lui-même du Prince Constantin Brancovan Bassaraba, exécuté par les Turcs en 17 14.
La chronique anonyme, connue aussi sous le nom de Chronique du capitaine Constantin (Magazin HiSTORiauE, t. !•'), dit que Preda Brancovano a été tué dans la révolte contre les Grecs, qui désola les derniers jours de Mathieu Bassaraba» C'est là une erreur; Papa seul a été tué, sous Constantin Serban Bassaraba,
En effet, au Monastère de Brancoveni, qui était si riche en ornements et en livres précieux donnés par Mathieu Bassaraba, par Constantin Serban Bassaraba (bâtard de Radu-Serban) et par Constantin Bassaraba Brancovan^ qui tous l'ont agrandi et embelli, se trouvent les tombes de Barbu Brancovan (f 1694), de Preda et de Papa Brancovan, et de la femme de ce dernier.*
Voici l'inscription relevée sur la tombe de Preda et de Papa Brancovan :
(i) Voir les nombreuses CHrysobullje&jd&cePûiicc.
u Ci reposent les os de ceux qui ont trépassé dans le Saint-Esprit, du « bienheureux jupan Preda Brancovan, grand vomie, et de son fils le M postelnic Papa, qui ont péri, d'abord le postelnic Papa, sous le règne « du Vayvode Constantin Serban, alors que les trabans (dorobantzi) à M cheval se sont, en vrais brigands, soulevés contre leur Prince et la 4< classe des boyards. Ils ont tué alors le postelnic Pa^a, l'an 7163 (1655). «< Son père, le vornic Preda, a été tué par le prince Mihnea le Méchant, M dans le palais princier de Tergoviste, innocent de tout mal, et cette « pierre a été posée par Sa Seigneurie la jupânessa S tança Cantacueène, <c qui a été femme du postelnic Papa, au 4 du mois de juin de Tannée « 7176 (1668). I)
Voici également l'inscription de la tombe de Stanca Cantacuzène :
« Sous ce marbre reposent les cendres de la jupânaessa Stanca Canta- M cueène, fille du jupan Constantin, ex-grand postelnic, — issu de l'an- « cienne race des Empereurs Cantacueène, — et de Seigneurie Ilinca « (Hélène), fille de l'ancien Prince lo Serban Bassaraba, Vayvode. Elle M fut femme du jupan Papa Brancovan (ici une cassure de la pierre), fils « du jupan Preda Brancovan, ex -grand vornic, et mère du très béni « Prince lo Constantin Brancovan Bassaraba, Vayvode; ayant vécu u douée de la plus grande douceur et faisant force aumônes et beaucoup (c d'autres bonnes choses, elle a fini sa vie à l'âge de (ici une cassure de la « pierre) ans, dont elle passa 44 dans le veuvage, privée de son mari « (ici une cassure de la pierre). Et en bonne Chrétienne elle a rendu M son âme l'an de la création 7207 et du salut 1699, au !•' février, la <c I !• année du règne de son fils le Vayvode lo Constantin Brancovan M Bassaraba, qui avec grande pompe, et avec toutes les aumônes et ser- « vices religieux chrétiens, l'ont amenée et ensevelie ici au Monastère de M Brancoveni, où elle-même à sa mort a désiré reposer, près de son mari M le postelnic Papa, et de son beau-père le vornic Preda. n
Il résulte de ces divers documents que les Brancovan ont, par deux mariages successifs, du sang des Bassaraba.
Les Bibesco descendent par les femmes des Brancovan, et, par le mariage du Prince Geérg^s^^ Bibesco, ils sont en droit héritiers du nom.
L'élection de 1843 a consatré ce que Ton pourrait, en France, appeler la légitimité (i). . *c
(i) La note et la traduction des deux inscriptions ci-dessus sont de M. Boniface Floresco, professeur à la faculté de Bucarest, licencié es lettres de la faculté de Rennes, neveu du regretté général J. Floresco.
M. Boniface Floresco, qui a traduit les deux volumes de cet ouvrage, a apporté dans la recherche des documents dont j'ai eu besoin, en dehors de ceux que je possédais, un dévouement dont je tiens à le remercier ici même.
indrC JROCORDATOS.
I^-BR/:)VAN épou«
HDRINE.
ERINE t. IS66
W| général oresco.
Ti 1893. Cl
Sultane Maurocordatos mariée au Grand Interprète de la Sublime Porte Ottomane, Georgfes Caradja, père du Prince de Valachiejean Caradja.
Alexandre MAUROCORDATOS Prince régnant, né à Constantinople le i *' juillet 1734, mort à Moscou le S février 1S29. Grand Interprète de la Porte pendant la cession de la Crimée à la Russie. Prince régnantde Moldavie depuis 1787; en faveur auprès de l'Impératrice Catherine, il se réfugia en Russie, vécut à Moscou et y mourut.
Catherine
Maurocordatos
Demoiselle d'honneur
de
l'Impératrice de Russie.