PERSONNAGES
AMIDOR, ERGASTE, BARQUET, FIUPIN.
ERGASTE
Quoy! c'est là celuy qui fait le prest?
BARQUET.
Guy, monsieur.
AMIDOR.
Quoy! c'est là ce payeur d'intérest
MAÎTRE smOX.
Non. Je ne puis pas bien vous en instruire à fond, et ce n'est que par aventure que Ton m'a adressé à lui ; mais vous serez de toutes choses éclairci par luimesme , et son homme m'a assuré que vous serez content quand vous le connoîtrez. Tout ce que je saurois vous dire , c'qst que sa famille est fort riche , qu'il n'a plus de mère déjà , et qu'il s*oblîgera , si vous voulez, que son père mourra avant qu'il soit huit mois.
HARPAGON
C'est quelque chose que cela. La charité, maître Simon, nous oblige à faire plaisir aux personnes lorsque nous le pouvons.
Quoy, c'est donc toy, meschant filou, traisne-potence, C'est en vain que ton œil es vite ma présence. Je t'ay veu.
ERGASTE
Qui doit estre enfin le plus honteux.
Mon père , et qui paroît le plus fort de nous deux?
FILIPIX.
Nous voilà bien chanceux.
BARQIET.
La bizarre aventure !
ERGASTE
Quoy! jusque^ à 8on sang estendre son usure!
«ARQUET.
Laissons-les.
AMIDOR.
Débauché , traître , infâme , vaurien ,
MAÎTRE SIMOX.
§fla retend.
Y\ |c|.ÈCHE bas à CléanUj reconnaissant maître Simon,
&M W%^ ^^^*® ^®^^^ Notre Simon qui parle à votre
CLéANTE bas à la Flèche, ÏM Rflff^^^"^" appris qni je suis, et serois-tu pour
MAÎTRE siMCMJ à la FlècJie,
4fl \ Û\ ) ^^^^ ^'^^ ^^^° pressé! qui vous a dit que
p^ffjïf j^pffHs? [A Harpagon,) Ce n*est pas moi.
ji mp FI^IF"^"^^^ ^^"^ P^*^ l'acquérir du bien , :)'f^§iMFBH^^ T j^ mesnage , et mon fonds que j'augmente ^Wèi \^^ ftP^ ^^^^ ^^ moins de mille francs de rente ^ Pif Bifl^' F^"^ t'eslever sur ta condition ; lff!Χ IH §|rPii<l6s ^^ ™& bonne intention ; M Pït^Hd§ P^^^ "^ ingrat un soin fort inutile, 11 8î§^îji^ ^^ "" j^"^ P^"^ qu'on n'espargne en mille, §1 p|{: §f||| imprudence , et par sa lascbeté , §8ilfHil {^ <l<^u^ espoir dent je m*estois flatté.
ERGASTE
h yUBV flit^^^^ "^^ ^^^^ ^^^ espargne si folle,
§i F§ Hll HP preste ailleurs, je sens qu'on me le vole?
\\%f fini ^1^^* ®" ^^y ^®^ usures qu'on perd
jil â@^ ^'§FP^ moisis que Ton met à couvert ,
y l^î^ r^llf^^ grand plaisir des grands biens qu'on me garde
Q§|f}^ \^ èeray sans dents, moy que chacun nazarde,
IfBI M\ 1^ misésable, et n'ay pas de crédit ,
Monsieur, dU moin^, qui leur ai découvert votre nom et votre logis ; mais à mon avis il n'y a pas grand mal à cela; ce sont des personnes discrètes, et vous pouvez ici vous expliquer ensemble.
HARPAGON'
Comment?
MAÎTRE SIMON montrant Cléante,
Monsieur est la personne qui veut vous emprunter les quinze mille livres dont je vous ai parlé.
HARPAGON
Comment, pendard! c'est toi qui t'abandonnes à ees coupables extrémités?
Pour un pauvre repas, ny pour un pauvre habit, Tandis qu'avec esclat l'on voit d'autres parestre , Plus pauvres, mais que Dieu plus heureux a fait naislre.
AMIDOR.
Parois-tu pas plus qu'eux , insolent , effronté , Dans tes habits d'hyver , dans tes habits d'esté ; Tu fais plus , tous les jours tu fais des promenades , Tu donnes des festins , meslés de sérénades.
ERGASTË.
Est-ce de vostl-e bien, vous ay-je dérobé?
AMIDOR.
Le péril est plus grand où je te vois tombé.
Car, vivant jour et nuit dans ce désordre extresme. Tu travailles, meschant, à te voler toy-mesme, Où prends-tu tout, dy-moy, jusqu'à ce riche habit, Que je vois sur ton corps , si ce n'est à crédit,
CLKAXTE.
Comment , mon pore , c'est vous qui vous portez ù ces honteuses actions?
{Maître Simon s'enfuit et la Flèche va se cacher,)