‹ Ruines cléricales [microforme]Chapitre 1 sur 53 · A RÉ D · texte numérisé non relu

A RÉ D

sr ne sys

La religion est ici hors de cause, malgré les efforts qu’on pourra faire pour la mettre encore une fois au service d’un système qui a été de tout temps la maladie et la plaie de la religion.

Si la religion était ce qu’en veulent faire les exploiteurs et brocanteurs de choses saintes, il y à longtemps qu'elle serait bannie de tous les Etats policés. C’est parce qu’elle est supérieure à ces manipulations qu’elle gît au fond du cœur de l'humanité entière.

La religion est aussi nécessaire à l’homme:

que l'air qu'il respire, que le mouvement de som cœur ; et Ceux qui, frappés d'un genre particulier d'aliénation, s’imaginent que Dieu et l'immortalité de l'âme sont des inventions de l'homme, n’en sont arrivés là que parce qu'ils ont, dans l’égarement de leurs facultés, cru trouver un autre Dieu que celui de leurs semblables.

Qui donc serait assez insensé pour contester à son semblable le droit d’adorer Dieu à sa

manière, puisque chacun a Dieu dans son cœur, même lorsqu'il oublie de lui vouer publiquement tout le culte qu’il lui doit ? Et si chacun, armé de sa croyance, veut l'imposer à son voisin, par des moyens qui n'arrivent pas à sa raison, la religion au lieu d’être la consolation de l’homme, le refuge contre les déboires du monde extérieur, devient une occasion constante de conflits d'homme à homme, de guerres civiles et de luttes nationales.

La religion qui passe de l’action du cœur et de la raison à celle de la propagande brutale dans les faits extérieurs, cette religion, au lieu d’être entre les hommes un lien d'amour ou de bienveillante tolérance, devient l’inspiratrice du crime, sans en excepter le fratricide et le parricide, ainsi que l'enseigne l’histoire, — elle devient le fléau de l'humanité.

A cette religion de haine et de proscription nous n'appartenons pas. Nous sommes au contraire de cette religion qui a dit : Pax hominibus bonæ voluntatis, (paix et amour aux hommes de bonne volonté) ce que tant de gens chantent tous les dimanches sans le comprendre.

Nous sommes de cette religion de paix qui n'invoque pas le pouvoir civil pour opprimer, mais pour protéger contre l'oppression.

Quoi ! parce que pendant quinze ans, nous

Page 1