‹ Ruines cléricales [microforme]Chapitre 27 sur 53 · ETES · texte numérisé non relu

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lique, (qui après tout, est dans la disposition de favoriser, s'il ne le fait pas actuellement, les œuvres catholiques,) pour aller plus loin, faire la fortune du protestant, dont lu sympathie — si celui-ci est sincère — ne s'étend pas au-delà de la bourse de sa pratique.........,....,,....,.,,..,...

Evidemment # y a là un désordre. La charité chrétienne nous défend la haine et la vengeance. Nous devons aimer jusqu’à nos ennemis. Attendons aependant qu'ils aient besoin de nos services. Que les messieurs de Saint-Vincentde-Paul, que les dames de charité ne refusent jamais de secourir un impie tombé dans la misère. Rien de mieux. Mais quand l’impie n’est ni pauvre, ni malade, quand il n’a nul besoin de nos aumônes, quand il est simplement question de l’aider à faire fortune, qui donc nous oblige de lui porter notre argent.

Si vous invoquez la charité, je vous montrerai les ouvriers et les marchands qu’une même foi rend vos frères et qui, eux aussi, ont besoin de réussir, et je vous rappellerai le texte de St-Paul, traitant de renégats pires que les infidèles ceux qui négligent leurs frères. Puisque la charité vous occupe, la voilà : vous la foulez aux pieds en délaissant les ouvriers et les marchands catholiques, et vous jetez ainsi dans le champ de l’Eglise une désunion qui nous livre fatalement aux hommes de désordre.

La charité se manifeste par les actes, et ce sont les actes qui la font vivre. Par quel actes prouvons-nous aux ouvriers l'estime et l'affection que méritent leur foi et leur vertu! Avec eux, le seul acte possible consiste à leur donner la préférence. Ainsi le veulent la charité, la justice, l’honneur de notre foi. Car ce que nous ne faisons pas, nos ennemis le font. Zls se soutiennent et se font valoir mutuellement. C’est ce qui explique le reproche énergique de St-Paul.

Quand donc les ouvriers et les ‘marchands catholiques nous voient préférer chaque jour des gens sans religion, quelle humiliation pour eux! Quelles blessures pour leur cœur et pour leur âme ! Que doivent-ils penser de nous et que pouvons-nous attendre de leur reconnaissance ! Ah! n'en doutez point, la division des chrétiens commence dans les afaires. C’est là que nous faisons maladroitement des plaies vives et profondes à des cœurs honnêtes. T's en

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deviennent irrités ou découragés et plus tard leur concours mous manque lorsqu'il le faudrait au triomphe de notre cause.

Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites !

Quelle astucieuse fourberie, quelle abjecte hypocrisie dans cette prétendue sympathie pour l’ouvrier. lorsque la religion seule y voit son compte.

Oui, unissez-vous, catholiques, protégez-vous: c’est le principe invoqué, la raison extérieure !

La vraie raison, quelle est-elle ?

Il faut de l'argent, beaucoup d'argent pour soutenir la religion ; que deviendrait-il ce culte si vous usez de votre libre arbitre et si l’argent — toujours — passait en des mains infidèles ? \

Et toujours, ces mêmes méthodes, ces mêmes menaces.

Toujours dans un but unique : l’extorsion des portemonnaies ou l’asservissement des consciences.

Le système est d'une simplicité enfantine.

Vous étiez les enfants de Dieu, nous dit-on, si vous ne payez pas, si vous n'obéissez pas, Dieu vous punira.

Eh quoi, Dieu a-t-il done le cœur d'nn mortel pour avoir des passions changeantes ? Est-1l, comme vous, agité par la vengeance ou la compassion, par la fureur ou le repentir !

Oh ! quelles idées basses ces hommes ont conçues du plus élevé des êtres ! A les entendre, il semblerait que, bizarre et capricieux, Dieu se fâche ou s'apaise comme un homme : que tour à tour il aime on :l haiït, qu'il bat ou qu'il caresse ; que, faible ou méchant, il couve sa haine ; que, contradictoire ou perfide, il tend des pièges pour y faire tomber; qu'il punit le mal qu’il permet ; qu'il prévoit le erime sans l'empêcher ; que, Juge partial, on le corrompt avec des offrandes ; que, despote imprudent, il fait des lois qu'ensuite il révoque; que, tyran farouche, il ôte ou donne ses grâces sans raison, et ne se fléchit qu’à force de bassesses.,... Ah! c'est maintenant que l’on reconnait le mensonge

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de l'homme! En voyant le tableau qu'il a tracé de la Divinité, ne se dit-on pas :

Non, non, ce n'est point Dieu qui a fait l'homme à son image, c'est l'homme qui a figuré Dieu sur la sienne ; il lui a donné son esprit, l’a revêtu de ses penchants, lui a prêté ses jugements.... Et lorsqu’en ce mélange 1l s'est surpris contradictoire à ses propres principes, affectant une humilité hypocrite, il a taxé d'impuissance sa raison et nommé mystères de Dieu les absurdités de son entendement.

Il a dit : Dieu est immuable et il lui a adressé des vœux pour le changer. Il l’a dit incompréhensible, et il l'a sans cesse interprêté.

Et maintenant, hommes crédules, montrez l’efficacité de vos pratiques ! Depuis tant de siècles que vous les suivez ou les altérez, qu'ont changé vos recettes aux lois de la nature. Le soleil en a-t-il plus lui ? le cours des saisons est-il autre ? la terre en est-elle plus féconde ? les peuples sont-ils plus heureux ? Si Dieu est bon, comment se plait-il à vos pénitences ? S’il est infini, qu'ajoutent vos hommages à sa gloire ? Si ces décrets ont tout prévu, vos prières en changent- elles l'arrêt ?

Répondez, homines inconséquents !

“ Vous, qui dites le servir, Dieu, a-t-il donc besoin de votre aide ? S'il veut punir, u’a-t-il pas en main les tremblements, les volcans, la foudre ? et le Dieu clément ne sait-il corriger qu'en exterminant ?

Le monstrueux veau d'or, que l'on appelle aujourd'hui le Tuureau d’or, trône au sein de la hiérarchie cléricale et l'éblouit de ses reflets.

Ces hommes en perdent toute décence, toute prudence.

Ils en sont réduits à spéculer partout et sur tout.

Les plus mesquins profits ne leur répugnent pas, le gain le plus louche les réjouit.

Qu'on en juge :

Un des autels d'une des grandes églises de Montréal est entretenu par une pénitente qui consacre ses heures

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de dévotion à cette besogne pieuse. Comme cette personne à de nombreuses relations dans le monde des affaires elle reçoit en guise de contributions à ses bonnes œuvres, de la part de certaines maisons catholiques, de jolis cadeaux dont elle orne sa chapelle.

Or sait-on comment s’y prenait le clergé de l’église pour profiter de ces largesses ?

On dégarnissait au fur et à mesure l'autel en question, puis lorsque l’infortunée solliciteuse voulait les réclamer :

— Past ! lui disait-on, vous vous en ferez donner d'autres.

De cette façon tous les autels sont garnis gratuitement.

Voilà le wenre d'opérations financières en petit auxquelles on se livre lorsque le grand jeu ne produit pas.

Et le peuple sait et voit tout cela et en gémit.

Mais que faire.

Napoléon ler, que son ambition, toujours satisfaite et jamais rassasiée, jetait quelquefois dans des accès de. fièvre chaude, disait un jour à Decrès :

“ Voyez Alexandre ; après avoir conquis l’Asie et s'être annoncé au peuple comme fils de Jupiter : à l’exception d’Olympias, qui savait à quoi s’en tenir, à l'exception d’Aris-

3 P , q ; P tote et de quelques pédants d'Athènes, tout l'Orient le crut. Eh bien ! mais si je me déclarais aujourd’hui le fils du Père J

éternel et que j'annonçasse qne je vais lui rendre grâces à ce titre, il n’y a pas de poissarde qui ne me sifflât sur mon passage. Les peuples sont trop éclairés aujourd'hui ; il n’y a plus rien à faire.

Eh bien, il faut croire que nous sommes bien en

retard, car cela passerait certainement chez nous.

Le Canadien-français est pauvre et se plaint d’être tenu en échec par le menaue de capitaux.

C’est une erreur.

Le Canadien à des capitaux.

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Mais où sont-ils ?

Dans les Eglises et dans les Couvents.

C'est là que s’empile le produit de nos travaux.

Les Anglais construisent des banques, les Canadiens des chapelles.

Il y à plus d'or dans le trésor ecclésiastique de la Province de Québec que dans toutes les caisses des banques canadiennes d’Ontario.

Voilà pourquoi nous avons l'air de gueux, tandis que nos voisins vivent dans l’opulence.

Voilà pourquoi nos fermes tombent en ruines et nos enfants s'en vont.

Ils échappent au minotaure qui chaque année dévore le produit de nos travaux et ne rend jamais la proie qui lui a été confiée.

À quand donc l'exécution ? Qui osera la tenter ?

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