‹ Rupture d'un anévrisme de l'artère iliaque primitiveChapitre 10 sur 24 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Due à l’obligeance du D' Lenouëne.

© M..., 60 ans, de Beuzevile Le Grenier, est conduit à la clinique le 14 juin par le Dr Douville de Goderville.

Cet bbmme qui souffrait depuis 3 ou 4 mois de douleurs vagues dans l’abdomen a été pris il y a trois jours brusquement de crises très violentes dans la région lombaire. Les souffrances calmées par les piqûres de morphine pendant les deux premiers jours, le médecin traitant ayant cru devoir les attribuer à des coliques néphrétiques ont augmeénté depuis 24 heures. Le sujet souffrait non seulement dans la région lombaire et le bas-ventre à droite mais aussi dans la hanche, la fesse et la cuisse du même côté.

Lorsque je vois le malade à 5 heures du soir, je constate que cet homme qui accuse des douleurs violentes dans le ventre et le membre inférieur droit, présente une grosseur dans la fosse iliaque droite. Il existe au-dessus de l'arcade de Fallope se propageant jusqu'à deux travers de doigt au-dessus de la ligne ilio-pubienne une tuméfaction dure, douloureuse à la pression, libre sous la paroi abdominale. Cette tuméfaction est si bien limitée et coïncide si nette-

ment avec les douleurs de la région fessiaire et de la région

MAN Je crurale que je pense aussitôt à un ostéo-sarcome de l'os iliaque. Cependant le fait que ces phénomènes ont apparu en quelques jours et surtout la constatation d'un souffle au premier temps existant avec une propagation nette à la paroi abdominale des battements du cœur, me font éliminer ce diagnostic pour celui d’anévrisme abdominal et je pense à un anévrisme de l’iliaque externe droite. J'avoue que l'évolution rapide des symptômes de compression aurait pu orienter mon diagnostic vers un anévrisme rompu de l'iliaque primitive ou de l'iliaque externe. J’ajoute que l’examen de la fémorale et celui du membre inférieur droit ne révélaient rien de spécial : ni souffle, ni diminution des battements à l’auscultation de l’artère, ni æœdème, ni troubles circulatoires de la jambe et de la cuisse.

Ayant fait ie diagnostic d’anévrisme avec le Dr Bouillé, mon associé chirurgical, je conseille l'opération et à cause des douleurs violentes éprouvées par le malade, je suis d’avis de la faire dès le lendemain matin.

L'opération est pratiquée le 15 juin par moi-même avec l'assistance des D': Bouillé et Testard. L’incision est faite au-dessus de l’arcade de Faloppe et je me dispose à récliner les tissus comme pour la ligature de l’iliaque externe en agrandissant la section par le haut, lorsque je me trouve en Présence d’une poche de sang énorme pleine de caillots ‘emplissant la fosse iliaque. Cette poche étant vidée, nous sommes inondés par le sang qui s’écoule derrière les caillots. J’agrandis l’incision en haut et pénétrant dans la grande cavité abdominale, j'arrive à repousser l'intestin qui est maintenu par mes aides. Je vois avec beaucoup de

difficultés que le sang provient de la région rétro-péritonéale

DRE, À: ANR

et j'estime qu'il a sa source dans une rupture de l'iliaque primitive droite. La compression de l'aorte abdominale faite par le Dr Bouillé à travers le mésentère arrive à limiter l'hémorragie. Cependant la perte de sang due à une rupture de l’iliaque primitive du volume d’un pois a été énorme et quelques minutes après que j'ai pu placer un clan sur l'origine de l'iliaque primitive le sujet meurt sur la table d'opération.

L’autopsie a montré une rupture d’un anévrisme de l'iliaque primitive droite. La poche s'étend de l’origine de l’iliaque primitive jusqu’à sa bifurcation et la plaie anévrismale située à la face postérieure de l’artère présente les dimensions d'environ 4 centimètres carrés. En examinant la pièce anatomique, il est manifeste qu’une ligature n'eut jamais pu faire l’hémostase d'une plaie déchiquetée reposant sur une base si indurée et si dégénérée. Il eut fallu pour qu'il restât une chance de guérir le malade, faire la résection de l’iliaque primitive toute entière et ceci était impossible étant donné l’importance de l’hémorragie.

Il m’a donc bien semblé ainsi qu'aux D" Bouillé et Testard, chirurgiens des hôpitaux, qui m'aidaient et au Dr Douville, médecin traitant qui assistait à l’opération que la cure chi-

rurgicale de ce cas était au-dessus des ressources de notre

art.

Description de la pièce.

La préparation présente sa face postérieure. En haut, maintenue ouverte par un tube de verre : l'aorte abdominale à gauche l'iliaque primitive

gauche, normale.

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