M. DE GAMPREDON, PREMIÈRE MISSION
ferait accepter ces propositions aux Suédois, et fondait de grandes espérances sur sa médiation. Un jour qu*il Tavait invité à assister au lancement du vaisseau le Pacifique^ il lui fit remarquer le nom donné à ce navire et pria Campredon de faire finir la guerre promptement. « Sur quoi U m'embrassa, et j'eus Thonneur de lui baiser deux ou trois fois la main \ ce qui lui fit plaisir et m'attira beaucoup de gracieusetés de ses ministres. » Pourtant, lorsque Campredon proposa encore aux ministres russes de se contenter du littoral depuis Kexholm jusqu'à la rivière de Narva, leur « citant des exemples de générosité, et de caducité des traités arrachés par la force», — « ces messieurs se mirent à rire à gorge déployée et me demandèrent si je parlois sérieusement^ ».
Campredon dut se rendre en Suède, porteur de ces conditions si dures; mais la Suède était épuisée d'hommes et d'argent, n'espérait plus aucun secours de la flotte anglaise, et, le 30 août (10 septembre) 1721, fut signé le traité de Nystad, qui garantissait à Pierre le Grand la presque totalité de ses conquêtes.
1. Campredon à Tarchevèqua de Cambrai, Pétersbourg, 22 mars 1721,