MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE — PREMIÈRE MISSION
M. d'Usson d*Alion, qui allait remplacer le marquis de La Ghétardie, était neveu de Jean-Louis d*Usson, marquis de Bonnac, qui fut ambassadeur du Roi à Constantinople, de 1713 à 1725. En 1724, son oncle l'envoyait à Moscou^ et le chargeait de traiter avec Gampredon de la médiation dans le conflit turco-russe. M. d'Alion revint à Gonstantinople, en qualité de commissaire pour les limites de Russie et Turquie du côté de la Perse, et y resta même après le départ de son oncle et Farrivée du vicomte d'Andrezel. « Le caractère inquiet de ce jeune homme, dit Saint-Priest, donna bien du tracas à M. d'Andrezel et contribua peut-être à abréger ses jours. » Un peu avant la mort de cet ambassadeur (26 mars 1727), M. d*Alion « avait cabale... pour être choisi par la nation de Gonstantinople, comme chargé des affaires du Roi » ; mais Gaspard de Fontenu avait été désigné pour ce poste, et M. d'Alion dut s'éloigner. On lui sut probablement mauvais gré à Versailles de cette ambition turbulente; on le laissa quelque temps sans emploi ; il songea même à prendre du service en Russie, et en 1739, il écrivit au cardinal de Fleury la lettre suivante :
Péterabourg, le 17 janvier 1739 *.
Monseigneur,
J'eus Thonneur d'écrire de la province, à Votre Éminence, le 28 octobre 1737, pour lui représenter que la situation de mes affaires me mettoit