ACTE IV, SCENE III
Don CÉ3AR. Bois-moi ça !
Li laquais boit. Dph César lui remplit sen vêrre.
Du vin d'Oropesa !
Il /ait asseoir te laquais^ le /ait boire^ et lui verse de nouveau vin,
^ Causons.
' g A part.
Il a déjà la prunelle allumée.
Haut et s"* étendant sur sa chaise.
5 L'homme, mon cher ami, n'est que de la fumée, Noire, et qui sort du feu des passions. Voilà.
// lui verse à boire.
C'est bête comme tout ce que je te dis là. Et d'abord la fumée, au ciel bleu ramenée. Se comporte autrement dans une cheminée. lo Elle monte gaîment, et nous dégringolons,
// se/rotte la jambe.
L'homme n'est qu'un plomb vil.
// remplit les deux verres.
Buvons. Tous tes doublons Ne valent pas le chant d'un ivrogne qui passe.
Se rapprochant d*un air mystérieux.
' Vois-tu, soyons prudents. Trop chargé, l'essieu casse.
15 Le mur sans fondement s'écroule subito.
Mon cher, raccroche-moi le col de mon manteau. Le Laquais {fièrement).
Seigneur, je ne suis pas valet de chambre.
Avant que don César ait pu Pen empêcher y il secoue la sonnette posée
sur la table.
Don césar (^/«r/, effrayé). Il sonnc !
Le maître va peut-être arriver en personne. 20 Je suis pris !
Entre un des noirs. Don César ^ en proie à la plus vive anxiété^ se retourne du côté opposé^ comme ne sachant que devenir.
Le Laquais {au nègre).
Remetter l'agrafe à monseigneur.
Le nègre s* approche gravement de don César ^ gui le regarde /aire éTun air stupé/ait^ puis il rattache l'^agra/e du manteau^ salue^ et sort^ laissant don César pétrifié.
PON CÉSAR {se levant de table). A Part.
Je suis chez Belzébuth, ma parole d'honneur !
// vient sur le ievtkni du théMre ei se prqmène à grands pas^
AsL foi, laissons-nous faire, et prenons ce qui s'offre. Donc, je vais remuer les ecus à plein coffre. J'ai de l'argent! que vais-je en faire?
Sf retournant vers le laquais attablé^ qui continue à boire et qui cotHr
mence à chanceler sur sa chaise.
Attends, pardon !
Rivant y à part.
5 Voyons, — si je payais mes créanciers ? — fi donc ! — Du moins, pour les calmer, âmes à s'aigrir promptes, Si je les arrosais avec quelques à-comptes ? — A quoi bon arroser ces vilaines fieurs-là? Où diable mon esprit va-t-il chercher cela? lo Rien n'est tel que l'argent pour vous corrompre un homme.
Et, fût-il descendant d'Annibal qui prit Rome, L'emplir jusqu'au goulot de sentiments bourgeois ! Que dirait-on ? me voir payer ce que je dois ! Ah!
Le Laquais {vidant son verre),
15 Que m'ordonnez-vous ?
Don César. Laissez-moi, je médite.
Bois en m 'attendant.
Le laquais se remet à boire. Lui continue de river ^ et tout à amp si ' frappe le front comme ayant trouvé une idée.
Oui!
A u laquais,
Léve-toî tout de suite.
20 Voici ce qu'il faut faire. Emplis tes poches d'or.
Le laquais se live en trebuchant^et emplit d^or les poches de som/$vtaU'' corps. Don César Vy aide^ tout en continuant^
Dans la ruelle, au bout de la place Mayor,
Entre au numéro neuf. Une maison étroite.
Beau logis, si ce n'est que la fenêtre à droite
A sur le cristallin une taie en papier. Le Laquais, as Maison borgne ?
Don César. Non, louche. On peut s*estropier
En montant l'escalier. Prends-y garde.
Le Laquais. Une échelle^
Don César.
A peu près. C'est plus rpidç,— En haut loge une bellq