‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 132 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DE MAUGUIN · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE MAUGUIN

Gilbert Mauguin, président de la cour des monnaies de Paris, eut la réputation d'homme savant dans les antiquités ecclésiastiques. Il avait passé de longues années à accumuler des ouvrages de théologie, de controverse, de scolastique et d'histoire ecclésiastique, imprimés et manuscrits. De l'étude de ses livres, il

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tira un gros traité sous ce titre : Veterum scriptornm qui in ix° sœculo de Gratia scripsere opéra. Paris, ï65o.

Mauguin mourut en 1 674 et légua toute sa théologie aux Petits -Augustins du faubourg Saint- Germain. {Voye\ la note 16.)

2o5. BIBLIOTHÈQUE DE MAYNARD.

Le président François de Maynard, poëte, membre de l'Académie française, avait une bibliothèque peu nombreuse parce qu'il n'était pas riche, mais il l'aimait et l'utilisait sans cesse. Il en parle à chaque instant dans ses charmantes lettres :

« Votre correspondance me ravit, écrivait-il à M. de Flotte, et dans ma bibliothèque il n'y a rien que je lise et relise plus souvent. »

Et plus loin :

« Vous me voyez réduit, par nécessité, à des soins qui ne me laissent en aucune façon approcher de mes chers livres. »

On sait qu'il fut mal récompensé de ses travaux, malgré les promesses réitérées de Richelieu. Toujours leurré, toujoursrepousse, il chercha un refuge dans sa bibliothèque, sur la porte de laquelle il plaça l'inscription suivante, peut-être un peu chagrine, mais du moins très-philosophique :

Las d'espérer et de me plaindre Des Muses, des Grands et du Sort, C'est ici que j'attends la mort Sans la désirer ni la craindre.

Scarron, que sa gaieté n'abandonnait jamais, fit sur lui ce compliment burlesque :

Maynard, qui fit des vers si bons, Eut du laurier pour récompense.

O siècle maudit! quand j'y pense, On en fait autant aux jambons.

M. de Flotte, ami et confident de Maynard, a exprimé plus sérieusement la même idée dans la dédicace qu'il fit des lettres de ce poëte au duc de Joyeuse :

« C'est une vérité de tous les siècles, que les uns ont les emplois et les autres méritent de les avoir. »

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