‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 151 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DES MM. PITHOU · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DES MM. PITHOU

Pierre et François Pithou, de Troyesen Champagne, ont enrichi la république des lettres d'un grand nombre d'auteurs qu'ils ont tirés de l'oubli, ou d'auteurs connus déjà dont ils ont t donné de meilleures éditions.

Ils eurent, dans la bibliothèque qui leur était commune, de très-bons livres des éditions les plus célèbres du xvi* siècle, et d'inappréciables manuscrits d'où ils ont tiré une grande partie des excellentes choses qu'ils ont mises au jour. C'est François qui a fait la découverte des fables de Phèdre que Pierre a publiées, presqu'en même temps que les fragments de saint Hilaire que de son côté il avait trouvés.

Ces deux frères Pithou sont des modèles de l'ami des livres. Pierre surtout, qui était le plus savant, n'avait pas de plus grande joie que quand il pouvait rendre à la lumière de bons ouvrages enfouis dans la poudre des siècles.

Il savait tous les livres de l'antiquité comme un autre savant

sait un livre qui lui plaît, et ses connaissances en histoire étaient si vastes et si parfaites que J.-A. de Thou, dans son Histoire universelle, employait pour le peindre cette ingénieuse comparaison : « Comme un homme connaît ordinairement les affaires de sa maison, Pithou connaissait de même l'histoire de France et celle des autres nations. » C'est donc à juste titre que la biographie a conservé à cet illustre savant le surnom de Varron de la France.

Il mourut en 1596, et son frère François en 162 1.

Les manuscrits de Pierre Pithou furent achetés par le président de Thou. Quant aux livres, ils allèrent chez le cardinal de Joyeuse et de là aux Jésuites de Pontoise et à ceux du collège de Clermont, entre lesquels le cardinal de Joyeuse partagea sa bibliothèque.

Pierre et François Pithou avaient substitué à la devise de leur père OEÛ ŒieOY, obéis à Dieu, celle de T0I2 N0M0I2 IIE10OY, obéis aux lois qui était plus en rapport avec leur état, tout en conservant la même allusion à leur nom. Ils l'avaient écrite de leur main sur tous les livres de leur bibliothèque. Elle se retrouvait à Troyes du temps de Grosley, sur la porte du collège de l'Oratoire, fondé par François Pithou, et sur les cheminées de la maison de ce dernier sur le marché des Trappans.

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