BIBLIOTHÈQUE DE RICHARD SIMON
Cet oratorien, savant orientaliste, avait acquis une si grande autorité dans les langues du Levant, qu'il fut choisi pour confectionner le catalogue des manuscrits orientaux de la Bibliothèque de la maison de Saint-Honoré (voir le n° 219).
Richard Simon avait composé à son usage cette devise où se peint l'indépendance de son caractère :
Alterius ne sit, qui suus esse potest.
Il la mit en pratique en se séparant des religieux de son ordre vers 1678, pour se consacrer tout entier à la publication de ses opinions très-avancées en toutes choses.
Les bibliographes lui doivent la Bibliothèque critique, 4 vol. in-12 et la Nouvelle bibliothèque choisie, 2 vol. in-12 qu'il publia sous le pseudonyme de Sainjore. La première fut supprimée par un arrêt du Conseil. On y trouve des pièces qu'on chercherait vainement ailleurs.
Dans les dernières années de sa vie, il alla habiter Dieppe et y perdit une grande partie de ses livres et de ses manuscrits précieux dans un incendie qui détruisit la moitié de la ville.
A ce propos Vigneul-Marville, ami de Richard Simon, déplorant cette perte irréparable, disait qu'il aurait pu ajouter des remarques personnelles à l'ancien traité : De incendio /1brorum.