‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 181 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DE VERRUE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE VERRUE

Jeanne d'Albert deLuynes, comtesse de Verrue, née le 18 sep tembre 1670, porta jusqu'à la passion le goût de tout ce qui était beau, curieux et rare.

Elle eut une admirable bibliothèque, dont les volumes, richement reliés, font dans les ventes l'objet des poursuites, des joies

et des regrets des amateurs. Elle y joignit un cabinet de tableaux et transforma sa galerie en une aimable et spirituelle cour de beaux esprits.

Cette femme, si favorablement douée, employait 100,000 livres par an à acheter des livres et des objets d'art. Elle aimait les plaisirs et s'y adonnait avec délices ; mais elle préférait ceux de l'esprit à tous les autres, et peut-être est-elle la seule femme au monde qui ait su trouver la volupté dans le culte habituel des Belles-Lettres et des Beaux-Arts.

Elle s'appelait elle-même et se faisait appeler dame de Volupté; elle introduisit même ce nom dans son épi taphe qu'elle composa avec une grâce charmante, mais peu orthodoxe :

Ci-gît dans une paix profonde,

Cette dame de Volupté, Qui, pour plus grande sûreté, Fit son paradis dans ce monde.

Elle avait préparé le manuscrit d'une bibliothèque des romans plus complète que celle de Lenglet du Fresnoy.

Le catalogue de la bibliothèque de la comtesse de Verrue a paru en 1737, rédigé par Gabriel Martin.

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