BIBLIOTHÈQUE DE SCARRON
Scarron n'avait pas, à proprement parler, une bibliothèque; seulement on sait qu'il lisait avec passion Rabelais, Folango, Béroalde de Verville et les conteurs espagnols et italiens. C'était là tout ce que pouvait contenir sa bibliothèque, située •ous le coussin de son grand fauteuil.
« De ton fauteuil tu fais ton cabinet! »
Dit le Ballet des Libraires du Pont-Neuf; et ce fauteuil était de couleur grise, suivant un autre vers de la même ptèce;
« Et cloué sur ta grise chaise. »
Ainsi l'auteur de la Rymaille entend par baragoin le langage usité par Rabelais, Béroalde, la langue macaronigue de Folango, etc. Lire ou pa^er baragoin était, selon lui, employer dans le français littéraire d'alors des mots qui n'étaient plus ou n'avaient jamais été admis dans la langue usuelle.
Ménage fait venir baragoin des deux mots bretons bara, pain, gwin, vin, parce que ce sont là les premiers mots qu'on retient quand on apprend une langue étrangère. D'où il suivrait que baragouiner signifierait: ne savoir d'une langue que les mots: pain et vin.
L'étymologie de Gronovius nous paraît plus simple et mieux fondée. Il fait venir Baragoin de Bargina, étranger.