BIBLIOTHÈQUE DU PONT-NEUF
« Au Pont-Neuf ma Bibliotrère. *
Ce qui équivaut à dire que l'auteur de cette pièce se donftfc
pour lecteur de romans, facéties et pièces facétieuses de toutes sortes, dont le Pont-Neuf avait l'usage, sinon exclusif, du moins très-habituel. Témoin ce douzain emprunté à la première entrée du ballet intitulé : le Libraire du Tont-Neuf:
Sujet à la pluye, à la gresle, Selon le caprice des vents, J'expose aux yeux de tous venants Le beau mestier dont je me mesle, Je vends des livres tous les jours D'histoires, de fables, d'amours, Sur le Pont-Neuf où je nrfarreste, Et, contraire aux autres humains, J'ay de la science en mes mains.
Mais je n'en ay point dans ma teste.
En cette même année 1 649, où la Rymailîe fut imprimée, le syndic des libraires de Paris obtint un arrêt par lequel il était défendu, à qui que ce fût, d étaler ni de vendre des livres sur le Pont-Neuf. Guy Patin dit à ce sujet, dans une de ses lettres :
« Le syndic a fait publier cet arrêt, et a fait quitter ce Pont- Neuf à environ cinquante libraires qui y étoient. »