‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 94 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DE DUCHESNE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE DUCHESNE

On a surnommé André Duchesne, le Père de l'histoire de

France. Cela suffit à dire pour donner une idée du genre de sa bibliothèque. Elle était toute historique et des plus riches eh pièces manuscrites, chroniques, mémoires, etc. C'est presque entièrement de son propre fonds qu'il tira son fameux recueil des historiens de France.

La bibliothèque d'André Duchesne passa en 1640 à son fils François Duchesne, avocat au conseil privé et historiographe du Roi.

i3o. BIBLIOTHÈQUE DE DUPLESSIS DE MONTBART.

M. Duplessis, baron de Montbart, conseiller d'État, s'attachait de préférence aux ouvrages scientifiques. Le P. Jacob dit qu'il en avait une connaissance parfaite et qu'il était doué d'une mémoire surprenante.

i3i. BIBLIOTHÈQUE DE DU TILLET.

Scévole de Sainte-Marthe a fait l'éloge des livres relatifs à l'histoire de France laissés par Jean Du Tillet, évéque de Meaux, et par son père, greffier au Parlement. Cette bibliothèque, déjà célèbre alors, fut encore augmentée par son nouveau possesseur, Du Tillet fils, qui succéda à son père dans son goût pour les livres, comme dans sa charge de greffier. Parmi les bons et curieux manuscrits qu'elle possédait du temps de l'évéque de Meaux, on cite : Canones Apostolorum et conciliorum grœce^ qui fut imprimé in-4 par Conrad Néobarius, en i53g.

i32. BIBLIOTHÈQUE DE DU VAIR.

Guillaume Du Vair, qui fut successivement président au Parlement d'Aix, garde des sceaux de France, puis évéque de Lisieux, eut une bonne bibliothèque, qu'il laissa en 1621 à Antoinette Du Vair, sa sœur. Celle-ci la donna à son neveu l'évéque de Riez. Elle passa plus tard, par héritage, à Jacques Ribier. fVoy. ce nom.) G. Du Vair posséda aussi une belle collection de médailles, qu'il légua à Pciresc.

i33. BIBLIOTHÈQUE DE MM. DU PUY.

Claude Du Puy, conseiller au Parlement, avait formé une bonne bibliothèque d'ouvrages imprimés et manuscrits. Lorsqu'il mourut, en 1 594, elle fut recueillie par ses deux plus jeunes fils, Pierre Du Puy, conseiller d'État, et Jacques Du Puy, prieur de Saint-Sauveur, tous deux gardes de la Bibliothèque du Roi t et des plus savants hommes qui aient été. (Voir note 2 1 .)

Associés pour le travail et pour l'étude, ils firent, de concert, toutes les améliorations possibles dans leur bibliothèque.

Avec une persévérance qu'on ne trouve à ce degré que chez des hommes dévoués aux intérêts de la science, ils parvinrent à former 600 volumes de pièces détachées, imprimées et manuscrites: mémoires historiques et politiques, traités, titres, généalogies, lettres autographes, etc. On croit qu'ils accomplirent ce travail gigantesque pour l'usage du président de Thou. En tout cas, c'est à la famille de Thou qu'ils léguèrent cette inappréciable collection. Elle passa chez le président de Menars, puis chez M. Joly de Fleury, et enfin Louis XVI l'acheta de la famille de Fleury pour la Bibliothèque du Roi. Elle contenait beaucoup de pièces provenant de IjJ icolas Lefèvre et de Pierre Pithou.

Pierre Du Puy mourut en 1 65 1, et Jacques Du Puy en i656. Il légua sa bibliothèque au Roi ; elle s'élevait alors à près de 10,000 volumes imprimés et 3oo manuscrits, parmi lesquels on remarque le fameux exemplaire grec et latin des Épîtres de saint Paul, admirable manuscrit du vi° siècle et sur le titre duquel on trouve encore la signature de Claude Du Puy.

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