LES AMES QUI SE SOUVIENNENT
Toutes les cloches résonnaient en robes blanches.
Pâques !
Pâques ! le ciel joyeux ressuscitait.
C'était toi qui venais dans un vol d'ailes blanches,
en m'apportant tous les terrestres paradis et les Jérusalems de la suavité.
LE POÈTE, en état de grâce.
Oh vision des célestes parvis où se scelle l'union pure ! Oh brûlure des sens et fraîcheur de l'esprit! Dualité divine! éternelle ligure !
regard de Dieu dans notre nuit !
ELLE
Comme je me souviens de ce jour ineffable !
nVTIlMRS f:T CflANTS DANS LE nE:iOUVEAU 67
LK POÈTE
Oh pénétration dans le rêve absolu î O transfiguration ! ô divine! ô puissante !
pain des anges !
et chaste sœur de Poésie !
LUI
Je me tenais vers toi, confiant et l'àme ivre , Des cloches de lumière embrasaient le ciel pur. Les arbres fleurissaient de joie sur ton passage Et tu laissais dans l'air un sillage d'azur. Je pleurais de tendresse à tes genoux,
ma lèvre baisait pieusement ta robe de blancheur, j'étais plein d'espérance et j'étais plein de (ièvre Et je te murmurais ce nom si doux :
ma Sœur!
UNE voix, près du lieu de la Présence.
Et sois bénie O toi qui vins au nom du Seigneur !
(Les deux âmes se signent et se courbent f
LUI
Tout se transfigurait comme aux beaux jours d'Edeii, Le monde frémissait sous un ciel d'or d'été. Le monde s'éployait heureux dans la lumière. Et tous les rossignols du ciel venaient chanter.
ELLE
Je te disais : Amour !
LUI
Je répondais: Amour!
Tu devenais un feu vivant, et dans mon âme, je sentais s'entrouvrir tout un gouffre de flamme.
LE POÈTE
Oli révélation de 1 ineffable An>ourI
\ LUI
Un délire divin tournoyait dans ma tèle
LE POÈTE
Que je chante ta grâce sainte, Sœur céleste !
LUI
Le monde s'animait, devenait flamme et feu î
LE POÈTE
Le ciel s'ent'rouvre...
O vision, vision de Dieu!...
Que le monde participe à ma lumière,
je ne puis la garder pour moi seul,
je la veux verser à la terre.
Je la veux pour tous les hommes, pour toutes les fleurs,
pour toutes les bêtes, pour tout ce qui respire en la nature en fête. Qh le monde par toi pourrait être à jamais sauvé...
RYTHMES tT CHANTS DWS I.E RE>tOL'VEAU C9
Oh qu'il sache ton iioiii, et (ju'il le disr au^si :
Ave !
O Sœur éluel ô vision ph'ine de charmes,
don (lu ciel à la lis ic en larmes !
LUI
Moi je pleinais de joie, et mon aviiv
palpitait coniine aux approches des révélations myslérirusrs
quand toute l'ànie du inoràde pénrltt' en VAnu* et la grise.
LE POÈTE
() Amour, feu et joie!
et joie et pleurs dr feu!
Plus haut, élève mon àmc, ô Beauté lumineuse! O manifestation de la Puissance heureuse !
Uei^ard de Dieu ! apparition dans un ciel de songe!
Type idéal devant lequel tout est mensonge ! Préligure des vertus cachées et des grâces occultes,
ô Beauté, Vers ton autel chante mon culte, s'exalte l'encensoir de ma sainte ferveur et brûle ma passion et senivre mon cteur!
Rappelle-toi :
le monde se parait de lilles-thiirs et d'anges. Les intelligences célestes chantaient ta louange, Les neuves noirs disparaissaient ou se changeaient en lleuvi-s
[ bleus, et les arbres en Heurs bondissaient vers le<* <iccx
Les visions naissaient mélodieuses et pures,
un miracle inspiré transfigurait la nature.
Je me tendais vers toi et te prenais la main,
Et hors de l'ombre coutumière
Nous passions comme un couple habillé de lumière.
LE POÈTE
O Amour !
je chanterai dévotement pour toi, tu es la raison et la transfiguration du monde,
tu es ma foi.
Il passait dans le ciel des essaims d'hirondelles. Des colombes sur nous venaient battre des ailes, (Colombes des hameaux et colomlx^s mystiques. L'azur livrait ses splendeurs béatiques,
et les anges de feu montaient et descendaient les degrés lumineux du royaume infini où se révélait Dieu.
LE POÈTE
O Amour, Amour, ô Vérité divine !
Toi qui élèves vers les saintes substances,
Et qui délivres de la nature mortelle,
feu qui libère et qui donne des ailes, douce aspiration vers les sources suprêmes, suis-je assez digne pour te sentir en moi-même, et prononcer ton nom et pour marcher vers toi dans l'espérance et dans la foi !
RYTHMES ET CHANTS n\NS LE BENOL'VKAU 7i
O ferveur de ce jour et bonheur de loi-méme alors tu ressentis en ton âme,
et quel feu !
L'Amour chantait en toi, illuminait ton être Et le ciel du printemps souriait dans tes yeux.
LE POÈTE
Oh cantique éperdu vers les voluptés saintes! Grand hynme de l'esprit par lamour embrasé ! Et rêve lumineux qui monte et bat des ailes Vers la révélation mapnilique entrevue.
O moitié de ma vie !
Dans ce chaut radieux où bnMe un souvenir. Oseras-tu te reconnaître et retrouver Ton Ima^e terrestre où riait l'avenir!
Ton cœur extasié s'en souvient-il encore? Oh ta grâce et ta joie, et ta ferveur suprême Dans le sacre absolu de ce jour de printemps!
Dans cet instant divin j'ai possédé tout l'Etre, .lai senti dans mon corps !<• sanp de l'univi-rs. Va les astres rouler dans l'ampleur de mon riw Et la sève d'avril illuminer ma chair.
Je me sentis lié avec tout ce qui vil. Avec tout ce qui pense, «t perme et s<' féconde. Avec les coteaux bleus sous l'azur !>leu du ciel. Avec les hameaux frais souriant sur le monde
Mon bonheur s'éployait enserrant dans sa sphère La terre, l'eau, les espaces, le temps. Les insectes cachés dans la fraîcheur des herbes Et les oiseaux chantant les compiles du Printemps.
ELLE
Ho comme tout vibrait alors !
IIo le jour de joie et de fête !
Ho tous les papillons qui volaient sur nos tètes,
Et les anges montant les degrés invisibles!
LE POÈTE
Ho les violons de lumière Et les harpes d'or des feuillages.
Et la vie sainte et magnifique Et tout l'Amour dans l'Identique!
Oh mystère infini, abîme de lumière,
âme, parcelle sainte veillant au fond de nous !
ELLE
Je te sens vivre en moi comme je vis en loi !
LE pc*:te Oh lumière intérieure î Oh dispensatrice de l'unité !
Préfixe de la grande union dans l'évidence
et dans la vérité !
Communion de l'invisible
et du visible î Esprit qui sait sa voie et qui connaît sa cible î
Amour ! ô toi qui révèles.
Amour, seule réalité.
Amour, Amour (\\\\ bals (l»^s ailes Kl qui miuoiides tle clarté,
Je sais, j'enlcuds, je vibre et pense.
J'aime et je tieus au fond de moi
Toute la lumière et la foi.
Fa toute la splendeur immense,
El l'allégresse, et le désir et le silenee .
Amour partout, Amour en tout.
Amour dans les C(eurs, dans les Ames, Dans le mystère des soirs doux Kl dans le bleu regarci des femmes.
Amour au fond de moi. Amour intérieur. Psyché, tu es la so' ir de ma terrestre s»Eur, Tu es l'Amour de mon amour.
tu es moi-même, et nous ne formons plus (ju'un seul être qui s'aime, un être uni dans tout, un être au yo\ de feu qui se possède et se connaît en Dieu.
DES vQix DANS iJK NI E, chantent
Sanctus ! sanctus !
il a connu la grâce...
L'Ksprit est descendu sur lui.
Dieu soit loué !
d'autres voix, disent :
Ave.
d'autres voix, répètent tournées vers la Présence
Alléluia !
Que la Sagesseef^la Puissance
Soient à celui qui règne et qui vit à jamais !
Et des vallons et des coteaux et des sommets, Et des .lacs palpitantsjsur le bord de leurs rives, Et des prés étoiles de fleurs, des sources vives, Monte l'hymne pieux qui sait et'qui bénit.
L'hymne d'Amour de l'éphémère à l'iDÛni.