‹ Rythmes et chants dans le renouveauChapitre 7 sur 23 · LE VENT DU NORD · texte numérisé non relu

LE VENT DU NORD

Je brise pour un temps mon cor glacé

qui tant sonna dans les ténèbres,

quand sur la tour en ruines

la chouette évoquait le fantôme des chevaliers.

Dans ma rage forcenée,

combien durement jai souillé dans ma trompe,

exaltant la course du Grand Veneur

sur son coursier fauve

aux naseaux fumants !

Les vieux donjons croulaient à mes accents funèbres, les moines, réveillés dans leur cercueil de pierre, rallumaient en tremblant la lampe du sépulcre, et la corneille criait d'elTroi au faîte des clochers.

Mon temps n'est plus :

Le Chevalier au cor d'argent, fleuri de roses,

parait aux portes d*or du monde.

Les clochettes du muguet tintent,

et le monde réveillé se reconnaît dans le Sauveur !

LE GllAM) VENKLR

Galope, ma monture noire,

par les profondes solitudes.

Attends l'hallali de l'automne

et la danse des feuilles mortes

pour revenir dans la forêt.

Les fleurs se faneront bientôt,

et les belles dames aussi,

comme les châtelaines d'autrefois

qui dorment raides dans leur sépulcre,

avec le lévrier fidèle aux pieds.

Galope, ma monture noire.

Nous reviendrons tous deux dans le deuil de l'hiver

quand l'orfraie jettera au haut de la tour syraboliqre ses trois appels mystérieux.

' Li: l'IUN( E I)i;S OMBRES

La coupe de lumière en njains et les cheveux constellés d'étoiles et de fleurs d'oranger,

il est revenu à la porte de l'Orient, le semeur d'illusions,

vêtu des couleurs de l'arc- en-ciel.

Qu'il passe et chante,

moi je regagne le royaume des mânes, où le Dragon

embrasse de son étreinte

le cercle fatal où règne la Nuit, et je ne reviendrai qu'à l'instant où la Balance

penchera son plateau vers mon ombre,

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