LE VENT DU NORD
Je brise pour un temps mon cor glacé
qui tant sonna dans les ténèbres,
quand sur la tour en ruines
la chouette évoquait le fantôme des chevaliers.
Dans ma rage forcenée,
combien durement jai souillé dans ma trompe,
exaltant la course du Grand Veneur
sur son coursier fauve
aux naseaux fumants !
Les vieux donjons croulaient à mes accents funèbres, les moines, réveillés dans leur cercueil de pierre, rallumaient en tremblant la lampe du sépulcre, et la corneille criait d'elTroi au faîte des clochers.
Mon temps n'est plus :
Le Chevalier au cor d'argent, fleuri de roses,
parait aux portes d*or du monde.
Les clochettes du muguet tintent,
et le monde réveillé se reconnaît dans le Sauveur !
LE GllAM) VENKLR
Galope, ma monture noire,
par les profondes solitudes.
Attends l'hallali de l'automne
et la danse des feuilles mortes
pour revenir dans la forêt.
Les fleurs se faneront bientôt,
et les belles dames aussi,
comme les châtelaines d'autrefois
qui dorment raides dans leur sépulcre,
avec le lévrier fidèle aux pieds.
Galope, ma monture noire.
Nous reviendrons tous deux dans le deuil de l'hiver
quand l'orfraie jettera au haut de la tour syraboliqre ses trois appels mystérieux.
' Li: l'IUN( E I)i;S OMBRES
La coupe de lumière en njains et les cheveux constellés d'étoiles et de fleurs d'oranger,
il est revenu à la porte de l'Orient, le semeur d'illusions,
vêtu des couleurs de l'arc- en-ciel.
Qu'il passe et chante,
moi je regagne le royaume des mânes, où le Dragon
embrasse de son étreinte
le cercle fatal où règne la Nuit, et je ne reviendrai qu'à l'instant où la Balance
penchera son plateau vers mon ombre,