‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 24 sur 127 · I. Sur M. Aïoii, voir p.i^;r 70, iiolo · texte numérisé non relu

I. Sur M. Aïoii, voir p.i^;r 70, iiolo

'J. \Villi;im Wlu'ut'll, Hislory of indurlire Sciences. ~i \o\.. 1S37.

rables, et certainement si j'avais assez de jeunesse et (le sanlé, je me serais donné à l'un d'eux pour sept ou huit ans.

1" Venise de l.J20à 1570; l'efllorescence de la peinture, les types de patriciens et de politiques. — On publie en ce moment les 56 volumes du Diario de Marin Samedo et tous les rapports des ambassadeurs au Sénat.

2" L'Espagne de IfiOO à 109(1, la grande époque de la littérature et de la peinture espagnolt^s, les romans picaresques, les mœurs peintes par Mme d'Aulnoy et Mme de Villars; il y a eu là un moment étrange et supérieur de l'espèce humaine, avec mélange de monomanie et d'exaltation. De 1500 à 1700, l'Espagne est peut-être le pays le plus curieux du monde ; voyez la traduction de l'autobiographie d'un des conquérants du Mexique par J.-M. de Hérédia. J'ai indiqué déjà cette époque à M. Anatole France.

5" Alexandrie vers l'an 200 après J.-C : saint Clément, Origène, toutes les sectes gnostiques environnantes de la Syrie et de l'Asie Mineure, la dernière efflorescence de la science et philosophie grecques, Ptolémée, Plotin, la mixture de l'Orient et de la Grèce, une niagnilique pourriture intellectuelle et morale dans une cuve cosmopolite de 800000 habitants; le vieux culte égyptien conservé en dessous et s'amalgamant du christianisme. Si j'avais eu la préparation nécessaire, c'est ce sujet (pii m'eût le plus attiré. Flaubert en a tiré son Saint Antoine. — A mon sens, plus le sujet est loin du l('ni|)s ])résent,

PREMIER voLrMr: nE a i\ révolution » 75

plus il est attrt'iiUle à Iraitrr; car c'est un alibi. Voilà ce qui m'a si luit attaché à la vieille littérature anglaise. Vous voyez que je vous ré|)on(ls eu toul(! lihcrié; c'est (jue vos facultés méritent que vous leui' trouviez un emploi di,i;iie d'elles. Croyez-moi votre tout dévoué.

A M. GASTON PAllIS

MpiUhon-SaiiU-Deni;ii-(l, '2.') juin 1878

Mon cher l'aris, je vous remercie de votre obligeant conseil. Quand j'ai dit à M. de Broglie que je ne me présentais pas au fauteuil de Loménie', je voulais lui rendre sa liberté entière pour cette troisième élection. Mais s'il ne veut pas la reprendre, si la gauche et la droite s'unissent pour me faire une majorité tout à fait certaine, je n'aurai pas le mauvais goût de refuser. J'ai répondu cela à Boissier qui m'écrivait dans le même sens que vous, et qui me dit que pour être élu je n'ai qu'à rester tranquille. C'est bien là mon intention, et je ne retournerai pas à Paris pour refaire des visites. C'est assez d'avoir déjà fait une fois le voyage et la corvée, d'autant plus que M. Doucet voulait, me dit-on, faire les élections en juillet.

Néanmoins, j'ai avei'li Boissier et je vous prie vousmême (le ne pas trop croire à l'abstention de M. Wal-

I. M. l'aris |iiiussail vivoiiKMil M. Taiiie à se ]ir<''seiil(.'r au lautmiil lie M. do l.oinéiiio.

7(i COnr.ESPOXDANCE

Ion. Il s'esl présenté conlre Renan sans Tavoir prévenu et peut-être après lui aviûr lait entendre le contraire, f.a majorité des catholiques ne pourra nianqu(>r d"ètrr piiur lui, et aussi beaucoup de répuhlicauis lil est le fondateur de la République) et nombre de politiques (il est du Sénat). Je prie Boissier au besoin de se porter loi! pour moi, comme M. lj\c:ouvé s'est porté fort pour Alexandre Rumas. Mais il ne faut faire cela qu'à bon escient.

Rappelez-vous en août votre promesse d'aujourd'hui : nous serons bien heureux de vous avoir. Routmy sera ici dans la deuxième quinzaine d'août chez Mme Trélat'.

Je vous serre la main bien affectueusement.

A M. JiiHN DU 1! AND

Mcnllioii-Saiiit-Iîoi'ii.n'd, ù so|iloiiiljrc 1878

Si vous trouvez là-bas l'occasion de démentir et de l'ectifier le commérage que vous m'avez envoyé-, vous pouvez le faire avec mon complet assentiment. Sauf deux faits, tout est inventé et faux, et les deux faits très simples sont les suivants :

1° J'ai habité pendant six mois le même hôtel garni

1. l.e (loctour et Mme Trél;!! avaient luie maison de campagne à Menllion-Sainl-liernard.

'2.. l'crsnnal slir/rhr.i itf nome frriuli llllnalrurs (Ij]P]jeiiC(pt, éditenrs, à i'liilaili'l|)liie .

rnEMIEC. VULUME DE i LA l!ÉVOI,UTIO.\" -. 77

que M. About (hùlel Mazuiine, rue Mazariue). Il logoail au rez-do-chaussée, moi au premier.

ii° Je parlais poui' les Pyrénées, el j'étais dans le magasin de M. IJaclietle aejietant un guide, lorsque .MM. J. Simon et .Vbout, qui étaient dans le cabinet de M. Teuiplior, m'apei'cevant, vinrent à moi, et, apprenant que j'allais aux eaux des Pyrénées, engagèrent M. Teml)lier à me demander un (iuide aux Eaux des Pyrénées. Tout le reste est controuvé. Nous n'étions ni l'un ni l'autre très pauvres. Moi, par exemple, j'avais en sortant de l'École 1200 francs de rente de mon patrimoine; de plus, je donnais des leçons, et la première année je gagnai ainsi !2000 francs, sans donner plus de deux heures de mon temps par jour. — Mon principe a toujours été de ne pas vivre de ma plume, et de subvenir à mes besoins par un travail dilïérent. — Nous ne faisions pas bourse commune. Jamais je n'ai emprunté un sou à M. About, et jamais il ne m'a emprunté un sou.

Le médecin qui m'a envoyé aux Eaux des Pyrénées n'était pas un étudiant, mais M. Guéneau de Mussy, médecin en chef de l'École normale, qui voulut bien me continuer ses soins après ma sortie; je n'étais pas gravement malade, je n'avais qu'une laryngite.

J'ai diné une seule fois à la campagne chez M. Hachette, mais cinq ou six ans après être entré en affaires avec lui. — Le premier manuscrit, intitulé Voyage aux Eaux des Pyrénées, m'a été payé par M. Hachette, non pas nOOO francs, mais 000 francs. Je refis l'ouvrage do fond en comble sous le litie actuel \ oyayc aux Pyvé-

78 CQl'.aESPONDÂNCF,

nées, et je traitai avec M. HaciieUe au prix de oO ceutiiues par exemplaire, ce qui, pour une édition de ^000 exemplaires, fait 600 francs. Dejjuis un an, par une libéralité de M. Templier, jai droit à 50 centimes par exemplaire de cet ouvrage; on l'a relevé au prix des autres. Quant à l'iiistoire des bouteilles de vin, voici ce que j'ai vu. Un matin, hôtel Mazarine, je trouve dans la chambre de M. About .'O ou 40 bouteilles debout dans un coin; il me dit qu'il avait rencontré une bonne occasion et s'était muni. Quelques jours après, entendant un pauvre diable qui toutes les semaines venait chanter une complainte dans la cour de l'hôtel, il le fit entrer chez lui, et lui lit boire \\n verre de bon vin pour le ragaillardir. — Vous voyez comme la légende se forme; je ne sais qui est l'auteur de l'article; mais puisqu'il prétend avoir causé avec moi chez M. About et reçu des confidences de M. About devant la petite-fîlle de M. Hachette, son i^écit pourrait prendre autorité auprès du public américain, et il serait à propos de faire savoir au public américain que ce lahle lall; n'est que du journalisme à trois sous la ligne. Bon voyage, mon cher John, je vous serre la main. Santé toujours médiocre, je continue à flâner par régime.

PHEMIEH YOM ME ItE « l,A l!KV(tl,UTI(» » 7'J

A M. CAKO

MiMillioii-Saiiit-l!('iii;ii(l, ■") ocidhro 1878

Cher Monsieur,

Je reconnais votre obligeance, et je fais mes efforts pour avoir le même espoir que vous. Mais d'après ce que vous me dites vous-même, vous étiez bien peu nombreux à la dernière séance; et vous savez que les vents académiques sont très changeants. Il est entendu ((ue je suis et serai à la disposition de mes amis, s'ils s'accordent à croire qu'ils pourront réunir une majorité. J'écris à Boissier et à Dumas, et, s'il y a lieu, j'enveri'ai la lettre de candidature après leur réponse. — J'ai vu tous les académiciens en mai; j'étais venu (exprès. Je vous avoue que cela me paraît suffisant, et que je ne souhaite pas faire de nouveau trois cents lieues pour l'emplir une formalité accomplie. J'ai recommencé à Iravailler, je reste ici jusqu'au 1"^'" décembre et peut-être au delà. Si de nouvelles sollicitations étaient indispensables, j'aimerais mieux m'abslenir. Vous avez vu que ma vie est arrangée en dehors de toute ambition, que mes livres et la campagne me suffisent. S'il faut encore revenir, interrompre mou travail et courir en fiacre, restons-en là, et n'engagez pas la partie.

L'évêque d'Orléans m'a écrit ces jours-ci une lettre fort aimable, pour m'offrir, au nom de M. Costa de Beauregard chez lequel il était, sa bibliothèque révolu-

SO COnUESI'UNDANCE

tionnairo et riiospitalitê au eliàloau. Ceci iriiln' dans

les indices que vous m'aviez donnés.

Présentez à Hourdeau' mes félicitations pour ses deux articles des Débats-. Voilà de la critique française, aussi sensée que spirituelle.

Avez-vous lu dans le dernier numéro de la lier iic philosophique un article sur M. Ravaisson par un disciple? Il passe demi-Dieu, et finira par être Dieu tout à fait.

Veuillez présenter mon respect àMmeCaroel me croiie votre tout dévoué.

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