‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 6 sur 127 · PREMIER VOLUME DE « I.A RKVOLUTION · texte numérisé non relu

PREMIER VOLUME DE « I.A RKVOLUTION

A M. GASTr»\ PAHIS'

fioriiipp, Mcnilion-Saiiil-IJornurd, 17 mai 1870. Cher ami, tons mes compliments. A trente-six ans l'Institut, le Collège de Franco, vous avez tous les sa( Tomciils; il ne vous reste [)lus que le mai'iage : je vous le souhaite pour « M""Mjaston Paris )> (-omine pour vous. J'ai reçu votre carte-poste liiiil jours après le projet aulographié, il était trop tard pour envoyer mes observations à notre Comité-; d'ailleurs j'en avais peu à faire. Je regrettais seulement qu'on eût retranché après version le complément si essentiel au moins pour l'avenir : sans dictionnaire. — Autre regret, c'est qu'en tête, dans une pagt» distincte, on n'ait pas noté les cinq ou six propositions essentielles et indépendantes les unes des autres comme autant de piliers distincts elà part, pour frapper l'œil du ministre. Ces points sont :

1" Baccalauréat en deux parlit^s, la première à

1. (lasIûii-lii'imo-Pauliii Paiis.]iliil()lnjiH(\ iiiomitre do rAcadéniio ri:iiicaisi\ in- à Avoiiay cm IS")i), iIi-cimIi'- imi 11)05. M. tîastoii Paris cotnptait parmi les plus cliors c\ les plus iiUimos amis do M. Taiiio.

2. M. Taille faisait alors partie, cniimifi M. (iaston l'aris, d'une Comiiiissinii exlra-admiiiislralivo qui s'était, constituée pour étudi(n' la (|uosli(iii de la réorganisation de l'onsoigncmont supérieur. Olle (loinniission comprenail, avec M. Taine et M. Pai'is, MM. liré'al. lioutniy, liertliolol, llé'rold. Lionville, Monod, Ronaii, otr... ; elle se ii'unissait chez M. Ilérold. Ses travaux aboutirent à un rappoi'l qui lut adress('' au Ministn» de rinslruction publicjuo et qui concluait à la cdiisliliitiou, en France, d'Universités; ce rapport a été publié par M. Mard, vice-recteur do l'iniversitc' de Paris, dans le tome II de son ouvrage sur VEnseitinemenl .iiipérieur en Frnnrp appendice'.

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17 ans, la deuxième après deux semestres d'université ;

2" Dans tous les examens, deux portions, l'une obligatoire, l'autre au choix du candidat ;

5° Les quatre facultés réunies en un corps universitaire ayant la personnalité civile mixte ;

4° Trois sortes de professeurs, les titulaires, les adjoints ou agrégés, les docteurs autorisés, chacun pouvant faire les cours et conférences privés qu'il voudra ;

5° La moitié au moins des rétributions d'un cours privé appartenant au professeur ou docteur qui le fait.

Ces cinq points peuvent être acquis isolément ; ce sont autant de thèmes indépendants et complets sur lesquels le ministre pourra broder des variations, ce qui n'empêche pas de lui soumettre en plus le plan complet autographié

Je travaille ferme, sans savoir si je réussirai ; la question des dimensions et proportions est bien difficile.

A vous.

A ERXEST RENAN

Menthon-Sjiiiil-rîornnrd, 5 juin 1870

Mon cher ami, cela ressemble à la musique des sphères; vous êtes très heureux de l'entendre et vous avez trouvé le vrai moyen de l'exprimer. Il y a beancoup de Platon en vous, presque un poète, et peut-être est-ce

1. Après lenvoi des Dialogues et Fragments Philosophif/urs. Paris, 187C.

rnEMIKl! YOLI ME W. ■< I.A liKVKl.lTION .. '^

là la plus vi'iiic piiilosopliit'. Pointant j'aimerais à vous voimniMiir sur un point et discuter avec une précision scientili(jue l'une des deux certitudes que vous admettez, à savoir ([). !2!2) ((ue le inonde a un Init et travaille à une fin niystéiieuse.... Cette asseition est très bonne pour la foi. pour la morale; on peut s'en servir jxnu' s(! consoler, voir les choses en heaii. avi^c espéi'ancc dans une perspective inlinie: mais je l'angerais cette croyance plutôt parmi l"S [trohabilités que parmi les ceititiides. Il va (pielque chose, ditt>s-vous, (pii se (h'velopjje par une nécessité inic'rieure. par un instinct incoiis<-ient analogues au mouvement (\('<- plantes vers l'eau ou la lumière, à l'efrorl aveugle de l'endjryon pour sortir de la malric(\ au Iicsoin inlinic ()ui dirige les métamorphoses de l'insecte. Soit, uiais si ces mécanismes qui send)lent l'efTet d'une cause tinale sont eux-mêmes, conuiie les naturalistes radinellent aujourd'hui, les [effets]' d'une cause efficiente? Si Darwin a raison? Si la matière organique par le seul fait de l'adaptation et de la sélection arrive à l'évolution? Si les phénomènes que vous v'\[e7.si)iiiilent la préconceplion d'un hut comme la llamme (pii stMuhIe toujours vouloir monter, comme l'eau (|ui seml)le toujours vouloir desrend r(>? « ...Un »/.s7/.s (( univeisel ])our réaliser un dessein, l'emplir un moule <( vivant, produire une unité harmonique, une con- (( science-? » J'ai bien peur ([u'une telle façon de parler ne soit qu'une métaphore, une solution commode comme

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