‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 88 sur 127 · Voir lomo III, jinge 104, note · texte numérisé non relu

Voir lomo III, jinge 104, note

2. Cl. l'ii-indc''? à 11. T;iino, 1<> nvril ISSS : <. C.lior mnitro, lo jour

consolation quand on vieillit. La vie, pour un travailleur s'emploie à semer; mais il ne sait pas si les graines qu'il jette dans le sillon sont bonnes et pourront germer; il a beau les cboisir de son mieux, les trier une à une, souvent il se trompe et ce qui pousse n'est pas ce qu'il avait prévu.

J'apprendrai avec beaucoup de plaisir tout ce qui vous concerne; je sais que vous êtes marié, mais j'ignore si vous avez des enfants et si vous avez une situation faite à Copenhague. Votre dernier volume sur l'école littéraire de Victor Hugo à Th. Gautier* est le meilleur ouvrage que je connaisse sur ce sujet. Continuez-vous cette grande histoire des idées et des talents au xiv'' siècle? Pour moi, j'ai deux enfants ef je vis six ou sept mois de l'année au bord du lac d'Annecy, à Menthon-Saintliernard, en Haute-Savoie. Depuis quelques mois j'ai dû suspendre mon travail, ma tète était fatiguée: j'espère pourtant reprendre mon dernier volume et peut-être l'achever cette année; ce sera la conclusion de mes Origines de la France contemporaine; mes prévisions sont tristes et les événements qui m'entourent sont plus tristes encore. Votre patrie a été mutilée, comme la

;ip|iroclic où vous auroz soixante ans. Ponnettoz à nn do vos anciens disciples, qui écrit un peu trop tôt pour ne pas se perdre dans la foule, de prendre cette occasion pour vous exprimer ses meillem-s souhaits et sa profonde gratitude pour ce qu'il vous

doit le n'oublierai jamais l'imiiression de vos paroles, de vos

conseils. Vous avez élé un des bienfaiteurs de ma vie. »

1. ])ir LIlIrralur (les V.)'" Jd/ir/niiulcilx in i/ircn Htniplxtriiviuiiqcn. Tome V, Die ro)ii((iilisr/ic Srhiilc in Franhveicli, ],eij«ifi,

« LE RÉr.îME MODERNE ». LA MALADIE ET LA MORT 26j

mienne; mais elle est petite, ce qui l'abrite contre les grands dangers sanglants. Je voudi'ais en croire autant pour la mienne.

Je vous serre la main bien affectueusement.

A M. AHMAND LODS

Mcntlion-Saint-Dornard. IT) jiiilli'l 1888

Monsieur,

Je suis très honoré de la dédicace que vous avez bien voulu mettre en tête de votre livre*, et très heureux de la confirmation que votre travail apporte au mien. Il n'y a que les monographies de prohantes, et cellerci l'est. Les détails que vous donnez montrent les sources de la passion jacobine, et la facilité avec laquelle le démagogue se transforme en tyran.

Bien des traits sont précieux, par exemple le parfait jésuitisme de la lettre du 17 février (p. 55), la très curieuse lettre de la citoyenne La Saudraye (p. 69), la jolie invention de Bernard pour faire coucher en prison, dans le même lit et par principe, un riche avec un pauvre. Si votre livre avait paru plus tôt, je vous aurais emprunté cette belle application de l'égalité que je n'ai

1. Aruianil Lotis. Un Convrntionncl ni mission. Bernard de Saintes et lu liéitiiion de Monthéliard à la France (jirécédi' irune lettre (lédicaco à 11. Taine), Paris, iii-8», 1888.

point rencontrée ailleurs. C'est dommage que vous n'ayez rien trouvé sur sa vie en province après l'amnistie de Brumaire et surtout sur son rôle au Conseil général de la Charente-Inférieure de 1800 à 1804. A-t-il volé pour le Consulat à vie et pour l'Empire? Nous avons la biographie de deux ou trois hommes de même espèce, entre autres celle du patriote Palloy par V. Fournel ; c'est celui qui exploitait si bien les pierres de la Bastille. Vers la (in du Directoire, il a employé un procédé original pour marier sa fille: j'ai moi-même rencontré son nom dans un rapport de 1810 sur la saisie d'un livre dont il était l'auteur.

Nous vous devons encore le récit de l'annexion de ]\lontbéliard : la plupart des autres annexions, Belgique, Savoie, Gènes, Piémont, ont été opérées avec des brutalités égales. Toutes les pièces inédites que vous publiez sont du plus grand intérêt, et vous avez ajouté une pierre du meilleur grain, très bien taillée, parfaitement posée, à lédilice historique auquel nous tâchons tous de travailler.

Agréez, Monsieur, avec mes félicitations et mes remerciements, l'assurance de mes sentiments les plus distingués et les plus dévoués.

« LE RÉGIME MODERNE o. r,A MALADIE ET LA MORT 267

A MADAME II. IMM'

Monllion-S;iiiil-l!.'rnnr(L '27 juillin 1888 ... M. IJartl in"(''crit qu'Andri'' est nommé dans l'onseignement supérieur à la Faculté de Lille, comme chargé d'un cours complémentaire de langue et littérature anglaise; il y ajoute des compliments sur lui. J'ai écrit à André, j'attends sa réponse, j'imagine qu'il est content.

Vous vous rappelez M. lïennequin-, ce grand jeune honnne blond qui avait l'air d'un Anglais poète et qui venait quelquefois chez moi le samedi à cinq heures. H y a huit jours, au moment où j'achevais son livre, un de ses amis m'annonçait sa mort subite. — J'ai reçu hier la visite de M. Léon Terrier, rédacteur des Débals, natif (l'Annecy, qui est venu nie demander une préface et une sousci'iption ; j'ai donné la souseription et refusé la préface ; il s'agissait d'un livre posthume de M. lïennequin et d'une souscription pour sa veuve. Il parait que le panvre jeune homme est mort d'une congestion à la suite d'un bain froid et d'un refroidissement. Il venait d'entrer dans le succès : Brnnetière avait parlé de son livre le l*^'" juillet d'une façon très honorable....

Mon impression est que le ministère Floquet et Cie s'est mis assez solidement en selle; 1" par le coup d'épée de Floquet qui fait de lui un vainqueur

i. M. André Chevrillon, novou de M. T.iiiie. 2. Voir ci-dessur! p. 2.')".

corps à corps; 2" par le voyage du président Carnot, qui lui sert de décor, de bouclier ; les bonnes façons et la modération du Président rassurent le public (c'est l'impression de M. Terrier qui assistait). Les conservateurs, en se mettant à la queue de Boulanger, donnent des partisans au radicalisme.

M. A. de Boislisle* et Gaston Paris insistent de la part de M. Patinot pour que je fasse une étude sur les Débats pendant la Révolution et l'Empire. Comme je suis bors d'état de travailler et que pendant quinze jours j'ai dû laisser là mon livre, j'ai refusé; je lui offre seulement pour la fin de l'année quatre ou cinq pages sur l'intérieur des Débots à cinq beures du soir, sur les entretiens autour de M. Edouard Berlin, etc.^; il me manque des notes biograpbiques que je trouverai sans doute à Paris auprès de Mme Berlin.

J'ai lu ces jours-ci deux traités Ibéologiques de r.ossuel.

A i\l\n\Mi: H. TAINE

Cliampel. li août 1S8S

...Nous avons ici le Temps, \o Figaro, le Journal de

Genève, la Perseveranza; je puis me tenir au courant

des événemenls. Il paraît qu'il y avait un coup moulé à

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