‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 20 sur 136 · I.A GlERRE · texte numérisé non relu

I.A GlERRE

la voie sera interceptée, les Pi'ussiens iront cerlaine- Nient à Vierzon et probal)lement à Tours....

Quant à mon travail, tu sais que je n'ai jamais produit facilement, et certainement les circonstances ne sont pas de nature à rendre les idées plus coulantes. Cependant j'ai avancé mon livre. — Moi aussi, je sens que la jeunesse m'a quitté; l'entrain, la verve, l'espérance faiblissent; je voudrais du repos, ne plus vivre à Paris, être à la campagne à demeure en pays tranquille et dans une maison à moi... ne revenir que six semaines par an à Paris pour faire mon cours.

Pour la description de Pau et des environs, voir le Voyage aii.r Pyrénées. Singulière coïncidence qu'après quinze ans je me retrouve ici. — La ville est sur une colline, notre maison est à mi-côte, à droite sous nos fenêtres un grand parc, en face, par-dessus les maisons, les crêtes, les saillies, les cassures neigeuses des Pyrénées. Le soleil entre dès le matin dans ma chambre, et la vallée est verte, ombragée connue aux environs de Paris en septembre. — Mais pour moi le sentiment des maux publics est si vif que je ne sens plus véritablement le beau; je me dis seulement qu'en d'autres circonstances, j'aurais eu un vit' plaisir devant toutes ces belles choses.

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A M. ALBERT SÛREL

Pau. le "l'I novembre 1870 Mon cher Monsieur.

Je viens de passer une semaine au lit avec la lièvre; je vais mieux, mais je garde encore la chambre, et je ne trouve fruère à faire rechercher que le Peti/ Journal. — Jugez de ma disette politique; j"ai faim et soif de correspondances et renseignements sérieux: aurez-vous l'obligeance de vous rappeler votre promesse et de ra'envoyer par-ci par-là quelque journal anglais' Je ne crois guère aux journaux, mais je crois à ceux-là plus qu'aux autres.

J'y trouverais peut-être des renseignements suinotre armée de la Loire et sur les causes de son retard. Le silence qu'on garde à son endroit m'alarme l)eaucoup; des précautions et des obscurités de ce genre ont précédé la bataille de Sedan. Vous rappelez-vous les réticences de Palikao? ConsoHdés à 91 '/s- ^'oilà un fait authentique. Combien jeu voudrais de semblables à celui-là 1

Je suppose que quand je sortirai, le pays ]ne paraîtra beau ; je l'ai vu et décrit il y a vingt ans, mais jetais jeune, je ne le suis plus et trois mois comme les derniers vieillissent fort. Jespère que M. flelaroche et vous, vous vous portez bien.

Naturellement, je ne vous demande aucune nouvelle,

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