‹ Sa vie et sa correspondanceChapitre 73 sur 141 · Son cousin. M. Ainnj Seillière · texte numérisé non relu

Son cousin. M. Ainnj Seillière

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Anglais. Vous disiez, ce me seiiiidc, (iiic cli.inin d'eux marche entouré d'une sorte de barrière qui le rend inaccessible à tous ses voisins. Eh bien, pour mon compte, j'ai trouvé en eux des gens aussi atfabk's, aussi communicalifs (pie h>s Français. Je ne parle pas siMdement des ])ersormes à qui vous m'aviez adressé. La l)()niie éducation et l'envie de vous l'aire plaisir a pu les rendre aimables. Mais partout, en voiture, en bateau à vapeur, à la ville, à la campagne, les gens m'ont paru complaisants et accueillants ; j'ai demandé cinq cents renseignements dans les rues, toujours les gens me les ont donnés, se sont dérangés pour me les donner; j'entends des gens de toute condition, en habit ou en blouse, gentlemen ou pauvres diables, vingt fois, trente l'ois ils ont engagé la conversation avec moi, siu' la pluie, le beau temps, l'empereur Napoléon, les orphéonistes et autres sujets; il m'a semblé encore qu'ils causaient et riaient entre eux, inconnus avec inconnus, et de fort bon cœur. Je ne les trouve pas plus tristes que les iM'ançais; ils sont certainement aussi civiU. Au total, ils me semblent avoir des nerfs plus i-udes que nous, ils sont plus difficiles à émouvoir, plus amateurs de gros plaisirs, de hourias et de joie pliysi(|ue. Mais la Merry Eiigland dont parlent les écrivains du xvi'- siècle subsiste encore, et nous avons toit de croiie que les all'aires et le protestantisme l'oiil submei'gée.

Je ne sais, mon cher ami, si je pourrai, comme je l'espérais, aller vous remercier au Val-Piicher cette année. Je serai à Paris V( rs la fin de juillet, et ma

mère doit l'aii'o à celte époque un voya^^e dans les Ardennes, ])()ur lequel ma présence lui sera utile. Si vous avez du loisii", répondez-moi un mot, ne serait-ce que pour me dire conmient vous passez cette heureuse année, et me donner des nouvelles de Cornélis et de tous les vôtres. Mon adresse est, pour celte semaine, à Manchester, 5, Beaufort Terrace, Cecil Street, chez M. Seillière ; mais si votre lettre arrivait plus taid, on aurait soin de me l'envoyer.

Ullrez, je vous prie, mon respect et mes remerciements à M. Guizot, et acceptez pour vous et pour CornéUs une cordiale poignée de main.

A EDOLARD DE SLCKAU

Paris, lin janvier 1<S()I Mon cher Edouard, je suis hien aftligé de ta lettre. H faut l'aire attention à toi, mon ami, et planter là ta bou- 1i(|ue si tu sens ta poitrine se prendre. La santé avant tout. Mais (jue me dis-tu là de ton cours puhlic'.' l'!sl-ce que l(ï dégoût te fait exagérci' ? Je croyais que c'était une sorte de faculté pour les gens hien élevés d'Angers, et Goumy' m'avait dit que ta première leçon avait eu grand succès. — Comment te semblent tes autorités, proviseur, recteur, etc. ? Sont-ce des gens du monde, coiupreii-

1. (ioumy .Ican-iidoii;u-d \ i8r>'2-18Ul. entré à l'iiolf norniale en lf<.V2.

ANNÉES ISOO-lsr,-, '207

iiiMil-ils les iii(''nfig(Miioiils (lu'il le l'iiiil ? Oucllcs misères ! Cùn osl à (|uill('r la h'raiice. Voilà IJanii' prolcssoiir (riiisluirc à (iL-iièvo ot Denis- à Turin. Avant lotit soigne-tdi et tiens-moi au courant.

Depuis ton drpart, j'ai été assez vexé. Sluail Mill paraîtra je crois le 15, mais j'ai perdu deux mois à le faire, il ne pourra terminer luou volume sur les Kcrivaius anglais modernes. C'est ti'op spécial, cela ne l'a |)as choqué |)arce que tu es s|)écial. Jamais le pui)iic ne lira des lliéoi'ics, de la définition, du syllogisme, etc. J'ai lurme été obligé, pour ne pas ti'op l'ebuler les lecteurs tic la Revue, de le mellre eu dialogue, et la scène à Uxl'ord. Avec tout cela, l'aridité naturelle du sujet est invincible; je chercherai quelque autre chose, je pense à un moraliste, au fondateur de Uughy, au D' Arnold^; un moraliste terminera bien des éludes sur l'Angleterre.

Par conlre-coup, cela m'a lail réiléchii' sur mon ll/stdii-c (II' ht Lilléraltire aïKjliiise; j'bésile à la faire, et' sera trop long, il faudra entrer dans des jugements sur de trop petits personnages. Les idées générales se trouvent dans les grands liommes, et l'on n'a (ju'à les répéter, (piand on rencontre les petits ou les genres accessoires. l*eui-élre ne ferai-je qu'une suite d'articles sur les grands hommes et les grands genres, une

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