‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 125 sur 207 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

« SAINTE FAMILLE DE cAKLO MARATTi. — Le peintre a trop pris plaisir à nourrir l'enfant divin de cette ambroisie que l'Olympe prodiguait à ses dieux enfants. Ces formes épanouies et luxuriantes ne vont pas au Christ, pour qui l'absinthe s'est trouvée mêlée au lait même du sein maternel, et le pain de la douleur à des aliments toujours sobres et sévères. La sainte Vierge aussi a dans sa beauté quelque chose de plus attrayant que de chaste et de régulier. On sent que la négligence du dessin dans les tableaux de ce maître touche en même temps à l'altération des idées ; lorsqu'elles ont perdu de leur sévérité et de leur pureté primitives, quelque chose d'efiféminé qu'on pourrait prendre pour l'excès de la suavité, vient ôter à la dignité du sujet et même à celle de l'art. Plaire, dans ces cas-là, est le plus liaut degré auquel s'élèvent les vœux de l'artiste, et peu à peu il descend avec son public descendu avant lui. »

VENISE. — « La gloire n'appartient plus à ce sol cjui eu porte l'empreinte ; rien n'y rattache plus le présent au passé, et la cathédrale de Saint-Marc fait au milieu de Venise quelque chose de l' effet à Rome des obélisques égyptiens ; c'est un monument qui retrace les annales d'un autre peuple et raconte une histoire que la génération actuelle ne sait plus ou sait trop. »

RIMINL — « Et qui donc oublierait dans les souvenirs de Rimini le plus poétique de tous! De tous les héritages que Rimini a recueillis, le plus précieux est encore celui que lui a légué le Dante. >)

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