II. y
C'est par IVsprii cju'ôii s'amuse, mais c'est par le cœur qu'on ne s'ennuie pas.
Le cœur a toujoias le droit de grâce.
XCVITI.
La jeunesse devrait être une caisse d'épargne.
Une femme qui voue sa fidélité à une affection coupable, c est vraiment comme ces ouvriers qui font le lundi au lieu du dimanche.
Encore jeune on s(^ rajeunit par coquetterie
pour le monde; vieux, on croit ainsi tromper la mort.
Les années ne t'ont pas des sages, elles ne font que des vieillards.
on.
Dans la jeunesse, la douleur se précipite et déborde, mais aussi elle tarit comme l(^ torrent; dans l'hiver de la vie une |)auvre flaque d'eau demeure et se soustrait à toute évaporation.
cm.
(Juand on est vieille, c'est encoi'e aux vieux que l'on plaît le moins.
cn\
Quand on est vieux, on peut encore éclairer quelquefois, mais on ne persuade plus.
\'ài PENSEES.
La vieillesse ii a rien à attendi»' (l«\s hommes, donc elle a tout à atleiidi'e de Dieu. Son impuissance est plus orande que celle de l'enlance. car lenfance a pour elle dans sa faiblesse toutes les sympathies; mais le seul liras qui soutienne le vieillard est le bras du Seigneur : comme les rois, malgré sa misère, le vieillard ne i-elève que de Dieu.
GVl.
La mort (juelquet'ois laisse plus de vide (|ue la vie ne prenait de place.
<:vn.
Il n'y a niallieureusement que les gens dont la vie est retirée qui tassent des retraites.
Le plus clair bénétice de la retraite, cest d'en
sortir toujours plus coiilont do Diou cl plus mécontent de soi.
dix.
Nos habitudes, nos arranjj-enients extérieurs, jiotre habitation. lOidre que nous y mettons, tout cela, c'est lextension de notre personnalité ; nous avons tous phis ou moins quelque cbose de 1 araignée : nous étendons au loin une toile qui est nous-mêmes.
ex.
On ne considère pas assez que les biens véritables, incontestés, comme la jeunesse, la vij^ueur, la vertu, le talent, la santé sont les biens de tout le monde; [)Our ces biens là. point de classe privilégiée.
H faut donc rosier clouée à Paris'.... Après tout, quimpoite! Le ciel, les eaux, les bois.
i'Si PENSEES.
c'est-à-dire Dieu, la grâce et l'inipénétrable asile où elle nous inonde de délices ne sont-ils pas partout?
Les chemins de fers nuiront beaucoup aux hal)iludes ; quant aux affections, rien ne peut leur nuire qu'elles-mêmes.
GXDI.
Au siècle oii nous vivons , l'impossible perd tous les jours du terrain.
Notre siècle est si évidemment un siècle d'insigne franchise, que les pharmaciens eux-mêmes ne dorent plus les pilules.
On lit tout à présent, hors les livres.
GXVl.
Il y a des temps où l'on dirait que Dieu pèche à la ligne, et que le diable fait les coups de tîlet.
L'Amérique a commencé sa carrière au point culminant de la vie : comme Adam, à trente ans.
cxvin.
Les révolutions accoutument à voir dans le vaincu d'aujourd'hui le vainqueur de demain. L'inopiné, toujours présent à la pensée, fait qu'instinctivement on ménage tous les temps dans un seul; il n'y en a aucun d'oublié, hors celui de l'éternité. On ne loue ni ne défend ce qui est, et on sourit à tout ce qui peut être.
La France est assez forte pour ne [)ros-
136 PENSEKS.
criiv (ju iiiic sciilr cIioh' : la pruscriptioii.
Ce (jii il \ a de plus dilticile. pour peu qu'on soit loyal et droit, e'est d'être toujours du parti au milieu du(|uel on vit.
(îeu\ (pii arri\eiit au gou\erueuieiil d uu pays, avec le but annoncé de régénérer, me [paraissent ress^embler au\ femmes qui. en se mariant, ont en vue la conversion de leur futur; entreprise dont r imprudence frapperait davantage si. en définitive, il ne restait pour les uns le pouvoir et pour les autres un mari.
L'état vrai dune nation, d'un homme, est aussi ignoré que le temps vrai : chacun a celui
de sa niontiv. M. Aiaiio foMiinc un aiitic dans rhabitudc de la vi<\
CWlll.
Dieu traustoriiie. épure et pertéctiouue: certaines écoles ne savent que mutiler, retrancheiet détruire; on dirait que le procédé de Dieu Icui dé}>laîl : en t'ait de prétéreuces. elles ne connaissent que les exclusions.
J'aime le drapeau et non pas la livrée.
Il faut que la liberté soit inie Itien fii'ande chose, car cest par elle que Dieu [)unit et récompense les nations.
La liberté u a de viais droits que grettés s
ur
i;^S PENSEES.
la justice; sou rôle principal est de lu sauve-
jj'ardei'.
Quand le veut ne souffle pas de ce côté, rien n'y fait, rien n'avertit ni ne menace, pas même le danger. Il se passe en politique ce qui se passe dans la sphère religieuse, en ce qui touche la conversion des âmes. Tant que l'heure libre de la grâce n'a pas sonné, la voix la plus persuasive, les meilleurs livres, les plus grands orateurs, la parole la plus tendrement intime du zèle le plus ardent, tout échoue sur cette àine qui n'est pas précisément dure, à peine distraite et nullement corrompue. C'est un peu comme l'amour qui vient quand il lui plait. Vous auriez beau accumuler les torches, le bois mouillé fumera peut-être, mais il ne prendra pas; qu'un peu de temps se passe, que le bois sèche au vent qui s'élève, une allumette suftira pour tout entlannner.
GXXVIII.
La France n"a répudié que des doctrines incomplètes et inconséquentes. Elle attend la main qui lui permettra de respirer, dans ses institutions . un air plus vrai que celui du doute , plus fort que celui du schisme, plus saint que celui de l'intérêt personnel ; Elle attend Dieu, c'est là son prétendant.
GXXIX.
Je vois la terre labourée, je ne vois pas la semence.
La France ne veut pas de révolutions; mais, qu'elle le sache ou non, elle veut la révolution.
Le Hoyalismej c'est le patriotisme simplifié.
1 iO PENSÉ RS.
.le II ai jamais redoute qu iiiie cliuse. r est le trioiiiplie absolu de quelqu'un.
'aime la victoire, et je n aime pas le triomphe.
Il <'st diflicile. je voudrais qu'il fût impossible, à un homme d'état de défendre une ligne contraire à ses instincts et à ses principes, comme il est moral (pie les liommes tombent avec le système qu'ils ont soutenu!
Oiiand (pielquun vous dit (piil ira|)partient à aucun parti . conmiencez par être sur qu'il n'est pas du \otre.
PENSÉES. U-l
Lrs lioiiiiiU'S. loi'si|ii il> ariiM'iil a la lilicrtc sans préparation, exagèrent If^uis défauts : les torts se montrent furieux, les faibles, lâches.
Il \ a deux routes pour atteindre un l»ul important : la tbree et la persévérance. La force ne tombe g'uére en partage quà quelques privilégiés; mais la persévérance austère, continue, peut être mise en œuvre par le plus petit : avec le temps sa puissance silencieuse giandit incsistibleiiicnl.