‹ Sabine de Ségur, en religion sur Jeanne-FrançoiseChapitre 73 sur 116 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

de si aisé que d'être chrétien, que d'entrer en union avec Dieul

Je suis tout étonnée d'être si simple avec tous; c'est Dieu qui fait cela. Il vous désire tant, qu'il veut se servir de sa petite servante pour arriver où il veut! Je pense souvent, quand je prie pour vous, à cette parole du Sauveur dans l'Évangile :

« Ce n'est pas celui qui dit seulement : Sei- » gneurl Seigneur I qui entrera dans le royaume » des cieux ; mais c'est celui-là qui fait la » volonté de mon Père. »

Cette sainte volonté, vous la connaissez ; que Notre-Seigneur vous fasse la grâce de l'accomplir 1

21 février 1863.

Le temps où nous sommes et qui

est pour nous un temps de grâces et de salut, fera j'espère porter plus de fruit aux quelques paroles que Dieu me dicte pour votre chère âme, qui m'est à la fois un sujet de souffrance» et d'espérance devant Notre-Seigneur ! Je commencerai ma réponse par les paroles que vousmême me dites à la fin de votre lettre : « Il

faut briser l'esprit pour arriver au cœur. » Oui, votre esprit vous égare, vous fatigue, vous arrête, et je dirai, vous perdrait, si je ne savais et croyais que la force divine de l'amour de Jésus- Christ parviendra à détruire l'obstacle et à subjuguer votre orgueil sous la loi de la vérité ! vous voulez tout comprendre avant de croire, et moi je vous dis qu'il faut croire d'abord et que vous comprendrez ensuite.

Si vous aviez le temps et la volonté, je vous dirais : Étudiez, lisez, assurez-vous vous-même de ce que je vous dis, car la vérité ne craint pas la lumière ; mais à votre âge et si près de votre éternité, ce n'est pas le temps de discourir, mais d'agir et de se mettre promptement à l'œuvre pour réparer ce temps perdu et préparer cette éternité bienheureuse ! Vous en savez assez pour croire, et quand votre esprit, si longtemps nourri de préjugés, d'idées fausses et de calomnies habilement déguisées, vous présentera des difficultés, au lieu de vous perdre à raisonner (ou plutôt puisque nous parlons ici à cœur ouvert), à déraisonner, brisez cet esprit, faites un acte de foi et dites avec assurance : « Mon Dieu, je ne comprends pas parce que je ne sais pas, mais je crois. » — Je n'ai ni le temps, ni le

Page 1