‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 96 sur 190 · Lettre du 8 noverobre · texte numérisé non relu

Lettre du 8 noverobre

iwzà^es de la congrégation, cac c'était un samedi et en même temps 'icxiDiversaire de la fondation de Tinstitut. La voiture qu'ils avaient ouéc mit cinq jours à faire la route. Rien de plus édifiant ni de plus curieux que leur manière de voyager. « Le soir, dit un narrai teur, ils trouvaient à l'auberge nourriture et logement d'après t]in prix convenu avec le voiturier, et dans le jour ils se contentaient d'^un morceau de pain avec quelques noix et un morceau de fromage. A Vellelri ils rencontrèrent un chanoine romain très au courant des personnes et des choses de la ville, qui leur demanda où ils allaient et quel était le but de leur voyage. Le père Villani, qui avait le cœur sur la main, lui expliqua toute son affaire, espérant tirer de ce praticien quelque lumière pour se diriger. Mais, en homme habitué à ne compter que sur les moyens humains, le chanoine se mil à entamer le chapitre des difficultés, de manière à le décou- J^ger complètement. « Faire approuvera Rome un nouvel institut! disait-il en levant les yeux au ciel , c'est une montagne à porter! Il y faut beaucoup de temps, beaucoup d'argent, beaucoup de savoirfaire. » A l'en croire , le mieux eût été de rebrousser chemin ; mais Comptant sur Dieu plus que sur les hommes, Villani continua sa ^ute. Le lendemain, ils arrivèrent dans une auberge où de nomi>reux voyageurs festoyaient à l'envi, ce qui faisait grand plaisir à l^liôtelier. Sur Tordre de son supérieur, le frère demanda un morceau de pain et de fromage, mais l'hôtelier refusa de leur servir ce naaigpe déjeûner. Il fallut l'intervention d'un charitable voyageur pour le décider à leur vendre un morceau de pain. Ils allèrent le nianger près d'une source voisine, qui leur offrit gratis son eau claire et limpide. Pendant qu'ils achevaient leur modeste réfection, Une brillante cavalcade de jeunes dames et de nobles seigneurs ^int à passer devant l'auberge et mit tout le monde en émoi. Au Ueu de contenter leur curiosité en regardant comme tous les autres Celte singulière exhibition, le père Villani et le frère François se retirèrent dans un endroit solitaire et se mirent à faire oraison K » Ne dirait-on pas une page des Fioretti, et n'est-ce pas ainsi que devaient voyager Notre-Seigneur et ses apôtres?

En arrivant à Rome, le père Villani se rendit immédiatement chez les pères basiliens, où il espérait trouver un logement. Le père Mus- Cî^ri, abbé du monastère, avait autrefois habité le couvent des basiliens à Nocera, il tenait en grande vénération Alphonse et tous les siens; mais, à cause de l'exiguité de sa maison et pour une autre rai-

Page 1