‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 99 sur 190 · I. Lettre do 21 féTrier · texte numérisé non relu

I. Lettre do 21 féTrier

sont cachées sous ces débats entre Thumilité du père et la resp^ tueuse tendresse du fils! Que nous sommes loin du monde, où Toix dispute avec acharnement les dig^iilés et les préséances!

Le père Villani avait, en trois mois et sans dépenser plus de eej ducats, accompli sa difficile mission. « C'est un miracle, répélaîf— souvent, que nous devons à la protection de la sainte Vierge et c3 saint Joseph. » Et il se plaisait à montrer que, durant ceslongneso^ gociations, presque tous les actes importants avaient été signés»: samedi ou pendant une neuvaine de la sainte Vierge, et notifiés» ' mercredi. Le bon père n'a pas raconté comment il s attirait 1^ faveurs célestes, mais un chroniqueur fidèle nous a transmis d^ détails sur sa manière de vivre à Rome , détails qui expliquent succès. « L'excellent père Villani, dit-il, se contentait le matin et soir d'un morceau de pain, malgré ses courses continuelles dans toi les quartiers de Rome. Jamais il ne buvait de vin, autant pouri mortifier que par esprit de pauvreté. En fait d'autres aliments, cherchait ce qu'il y avait de plus vil et de plus pauvre, du fi mage commun, des viandes de rebut. Les jours maigres, un pl^m. de légumes lui suffisait. Jamais de fruits , rarement un peu de salade. Un jour le frère se procura du fromage de meilleure qualité, sous prétexte que le prix était le même. Le père ne l'en gronda pas moins, parce que, dit-il, ce fromage étant plus savoureux s'en ira plus vite. Il restait parfois des jours entiers sans rien prendre. Dans une circonstance urgente, il partit à jeun, malgré les pro* testations du frère, de la place Barberini, où il avait son logement, pour se rendre au palais Orsini, de l'autre côté de Rorn«' Au retour, n'en pouvant plus, il s'égara et se trouva tout à coup au pont Saint-Ange quand il croyait arriver à la place Barberini. Le pauvre père, rx^sîgné mais demi-mort, gravit les rues montacoses qui conduisaient à son logement, les yeux fixés sur Notre-Seigneur gravissant le mont du Calvaire. Mortifié jusqu'à l'excès, durant son long séjour à Rome il ne vit aucune des magnificences que les étrangers ne se lassent point d*admirer dans cette merveilleuse cité. Il ne visita que les lieux sacrés, les catacombes, lapÂ* son de saint Pierre, la chambre de saint Philippe, et les sanctuaires des bienheureux auxquels il allait recommander sel négociations*. »

Avant de quitter Rome, le bon père voulut prendre congé du souverain pontife et le remercier de ses faveurs. « L'affaire est donc

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