‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 175 sur 227 · Cori'Upondenza generale , I, page · texte numérisé non relu

Cori'Upondenza generale , I, page

LA CROISADE DU SALUT

la mère que pour l'enfant abusé, le saint fondateur le délia de ses vœux.

Un autre profès étudiant, nommé Tamangi, vivait dans un relâchement qui lui avait attiré maintes réprimandes. Loin de se corriger, il multipliait les fautes dans l'intention assez visible de se faire expulser. Le préfet des étudiants, découragé, l'avait plusieurs fois envoyé au recteur majeur et proposait de le lui adresser encore : « Je vous le défends, répondit Alphonse, et je lui défends, à lui, de venir me trouver pour autre chose que pour me demander pardon. S'il m'écrit au sujet de sa dispense, je déchirerai sa lettre dès que j'en aurai lu le premier mot. S'il ne s'amende pas, employez les châtiments, le jeûne, l'isolement, la privation de la communion. Du reste, je me demande comment on peut accorder la communion à un jeune homme qui, sans autre raison que sa lâcheté, veut abandonner le Dieu auquel il s’est consacré . » Tamangi s'enfuit, croyant bénéficier du fait accompli, mais Alphonse, inflexible, refusa de briser des liens librement contractés.

Gabriel Ippolito vécut dans la ferveur jusqu’à la fin de ses études; mais, devenu prêtre et missionnaire, il se laissa gagner par sa mère, qui fit miroiter à ses yeux l'honneur et l'argent pour le déterminer à quitter le couvent. Infidèle à ses vœux, il s'imagina trouver dans le monde un magnifique avenir : il y trouva l’indigence. Sans poste et sans ressources, chassé par sa mère qui voulait bien l’avoir chez elle pour s’enrichir mais non pour le secourir, il vécut d'aumônes, et mourut en s’écriant : Ergo erravimus a via vert tati$[.

Pascal Bianchi demanda aussi la dispense de ses vœux pour complaire à ses parents. Puis, se voyant inutile au monde et honni de tous comme transfuge, il supplia le saint fondateur de lui rouvrir les portes du couvent. Mais Alphonse avait pour maxime qu'une pierre ébranlée dans une muraille y retrouve difficilement son assiette. Il ne crut pas devoir céder à ses instances réitérées. De retour à Cava, son pays natal, il y périt dans une inondation que personne n’avait prévue. Citons encore l'étudiant Laporta qui, prenant la voie large du relâchement et de l'immortification, finit par se trouver, selon son expression, trop à l'étroit entre les murs d’un couvent. Devenu libre, il se fit avocat et se maria. Il s'imagina dès lors avoir trouvé le Pactole, se livra aux plus folles dépenses, et mangea tout son avoir en quelques années. Réduit à la dernière

Page 1