‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 76 sur 227 · Désignées en italien par le terme mogge · texte numérisé non relu

Désignées en italien par le terme mogge

NOTRE-DAME DE CONSOLATION

demander au gouverneur et à Tévèque l’autorisation d’évangéliser les bergers et les campagnards dispersés dans la plaine. « Ce sont là les missions que j’ai surtout à cœur, » écrivait-il au père Rossi. « Si je pouvais me débarrasser de Modugno, je le ferais, ajoutait-il dans une lettre au père Sportelli. Il y a dans ces parages une moisson plus abondante à recueillir. Plus de quatre-vingt-dix mille hommes des Abruzzes totalement abandonnés, et Dieu sait dans quel état! Nous pouvons faire ici un bien immense. C’est tout autre chose, comme vous le verrez de vos yeux, qu’à Nocera et à Ciorani L » Il voulait parler de ces multitudes de colons descendus des Abruzzes dans la Pouille pour garder les troupeaux ou cultiver les domaines de la couronne et des nombreux seigneurs du pays. En jetant les yeux, dit Tannoia, sur chacun de ces domaines, où languissaient jusqu’à cent et deux cents personnes privées de tout secours spirituel, Alphonse versait des larmes de compassion. Il manda aussitôt le père Villani et plusieurs autres de ses compagnons, et les envoya, ainsi que les pères Cafaro, Tortora et d’ Antonio, au secours de ces campagnards , qui les accueillirent comme des messagers de Dieu. Ce n’est qu’après avoir ainsi donné aux pauvres les prémices de son ministère que le saint se rendit à Modugno, où il ouvrit la mission en janvier 1745.

Depuis nombre d’années aucun missionnaire n’avait remué cette importante cité : aussi la piété s’y était-elle éteinte. Des multitudes d’âmes y croupissaient dans le vice et dans le péché. Cette mission difficile et laborieuse dura quarante jours , mais Dieu bénit le zèle de ses ouvriers. Sa grâce toucha les pécheurs les plus obstinés. Remplis de componction, on les voyait pleurer amèrement les péchés de leur vie passée. Alphonse ranima la ferveur, releva les anciennes confréries, réforma les cloîtres , et raviva dans le clergé, par ses exemples comme par ses exhortations, le feu du zèle apostolique. Une tendre dévotion à Jésus et à Marie remplaça la froide indifférence. Aux divertissements et aux plaisirs succédèrent les pratiques de piété, l’oraison, la visite au saint Sacrement, la communion fréquente. Aussi désirait-on vivement conserver à Modugno de si saints missionnaires; mais pendant que se traitait avec l’arche vèque de Bari la question d’une fondation, Alphonse apprit que le roi de Naples venait d’autoriser l’établissement d’une maison de lazaristes dans la ville épiscopale, peu éloignée de Modugno. Alors, pour ne pas ériger autel contre autel, il crut devoir se désister.

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