‹ Saint Ambroise et la morale chrétienne au IVe siècleChapitre 1 sur 60 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Un évèque, au iv" siècle, choisissant comme modèle d'une instruction quïl adresse à ses prêtres un livre païen, tel est le grand événement moral que nous voulons raconter. Mais il se trouve que cet événement, vrai coup d'État intellectuel pour qui de la culture païenne et de la culture chrétienne pendant cette période ne connaît que leur intolérance réciproque, apparaît plutôt à des spectateurs mieux informés comme un dénouement naturel. Il achève en effet un lent, mais incessant rapprochement entre l'ancienne morale et la nouvelle; il marque entre l'esprit romain et l'esprit chrétien une affinité dont nous avons d'autres témoignages, et vient comme en fixer les résultats durables.

Cependant l'évêque, indépendant dans son imitation, semble ne l'avoir entreprise que pour montrer où elle s'arrêtait. Même quand il suit pas à pas son modèle, c'est sans concession de sa part, et l'héritage moral de l'antiquité est recueilli par lui de façon à faire croire le plus souvent que le christianisme trouve en lui-même ce qu'il emprunte. Puis, à côté du stoïcisme qui survit ou qui renaîtdans saint Ambroise, d'autres philosophies concourent à former sa pensée. Philon fut son maître comme Cicéron. Démêler ces influences entre-croisées, et comparer l'œuvre qui résulte

UiMVEHSITK DE LyON. — VIII. 1

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