Monol.f
s'étaient attachées auront disparu. Faudrait-il les anéantir contrairement à leur naDure? Serait-il admissible que celui qui est coupable se trouvât dans le même état que s'il n'avait jamais existé *?
Il y en a qui n'ont ni aimé, ni repoussé; ils sont immortels comme les autres -, Quel sera leur sort? L'enfant baptisé est sauvé par une miséricorde et une providence toute spéciale, qui a permis en lui l'eifacement de la tache originelle. Quant aux autres enfants et à ceux qui pourraient se trouver dans une condition analogue, ils ne peuvent arriver à la vision béatifîque. C'est un malheur sans doute, c'est le malheur delà nature dépouillée de la grâce que Dieu lui avait destinée. Pourquoi les enfants auraient-ils un bien auquel leurs ancêtres n'avaient aucun droit ^ ? Ils ne sont point proprement condamnés, ils subissent les conséquences du crime de leur premier père^.
Saint Anselme ne leur assigne d'ailleurs aucune autre pénalité, et les docteurs du xiii® siècle, allant plus loin, admettaient pour eux une immortalité relativement heureuse dans la possession d'un certain bonheur inférieur ménagé par la providence 5.
On juge trop souvent le moyen âge sur les siècles de