M. EUGÈNE LEFEBVRE À
Demeura trois ans chez M. Deslauriers, de 1899 à novembre 1902. Jeune prêtre plein d’intelligence, de désir de vivre, d'employer à la gloire du ciel et au salut des âmes son zèle et les beaux talents qu'il avait reçus de Dieu, —et que la phtisie arrêta dès l'entrée de sa carrière.
Il naquit à St-Jean d’Iberville, le 8 décembre 1873. Il étudia à Sainte-Thérèse. A la fin de ses études théologiques, il eut de nombreuses hémorrhagies. Mgr Fabre, croyant qu'il allait bientôt mourir, consentit à lui accorder ce qui était l'objet de tous ses désirs: l’ordination sacerdotale,—le 25 juillet 1896. Quelques mois plus tard, grâce aux soins qu'on lui prodigua, et surtout à son énergie, il put exercer le ministère au Sacré-Cœur, à Montréal—deux ans plus tard, il passa à New Bedford.
Il crut, comme son évêque lui-même et com me son médecin, que son séjour au bord de la mer et dans le climat plus clément du Massachusetts, pourrait le guérir.
Vain espoir. Il travailla pourtant trois ans à
Saint-Antoine. Sa bonne nature, son tempérament sympathique, —on pourrait ajouter, son expression de souffrance, eurent vite fait de lui conquérir tous les cœurs. Il savait enseigner, comme il savait plaire, et comme il savait faire aimer l'Église et Dieu.
Ses médecins pensèrent qu'un climat plus sec lui conviendrait mieux encore et ils l’envoyèrent dans le Colorado. L'idée était heureuse.
Sans s’y guérir complètement, il put pendant près de dix ans y exercer un ministère très fructueux. Il fut d'abord vicaire et missionnaire à Walsenberg, puis aumônier de l'hôpital Saint- François de Colorado-Springs, puis rappelé à Walsenberg où il fut curé deux ans, et où il bâtit une magnifique école.
Il y mourut l’année dernière.