‹ Saint Antoine de Padoue [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 14 · IV.— LA DEVOTION DE 13 lARDIS · texte numérisé non relu

IV.— LA DEVOTION DE 13 lARDIS

En l'honneur de saint Antoine de Padoue : Son origine et sa rapide diffusion parmi ies fldèls : Préciuss indulgences attachées par le Saint-Siège à cette Dévoticn

D AINT Antoine était mort un Vendredi ; mais

certaines difficultés soulevées au sujet des obsèques et les ncmbreux miracles opérés au contact de ses restes sacrés firent différer sa sépulture. Il ne fut inhumé que le mardi 17 Juin 1231. En ce jour d’impérissable mémoire, les prodiges furent plus nombreux, plus éclatants que jamais. Ce jour de merveilles ne pouvait s’oublier, la recon' aissance et l’admiration des peuples consacrèrent spécialement le mardi à saint Antoine.

Ainsi, on choisissait de préférence le mardi pour aller prier au tombeau du Saint. Et c'était une croyance générale à Padoue qu’on obtenait tout ce qu’on demandait en ce our !.”

1—Petit Manuel.....page 28.

sms hétits mhmeé

‘ Ensuite, on se mit à faire des Neuvaines en l'honneur du grand Thaumaturge, et saint Antoine montra combien lui étaient agréables ces Neuvaines faites en son honneur.

Une pieuse personne ayaut promis au Sainx qu’elle visiterait son Tombeau neuf jours consécutifs #il délivrait son champ d’une multitude d’oiseaux qui venaient détruire ses blés au moment de la moisson, fut exaucée à l’instant même, comme le rapportent les Annales de l'Ordre ; car ces oiseaux malfaisants s’envolèrent comme effrayés par grandes troupes et pour ne plus revenir.

Mais un événement autrement saisissant mit en vogue la dévotion des neuf mardis 1, C’est le grand miracle opéré par saint Antoine en 1617, en faveur d’unenoble Dame de Bologne, en Italie. Cette Dame, étant restée pendant vingt-deux ans de mariage sans enfants, et ayant entendu parler du grand nombre de miracles que faisait saint Antoine, allait souvent se prosterner devant l’autel de cet incomparable Thaumaturge chez les Frères-Mineurs (les Franciscains). Une nuit, le Saint lui apparut en songe, revêtu d’une admirable gloire. Il lui dit d’aller neuf mardis de suite visiter l’église des Frères-Mineurs, d’y faire chaque fois la sainte Communion et de prier devant son Image, lui promettant que ses

1—Les gloires de $. Antoine : p.193-19H.

La Dévotion des 13 mardis 17 désirs seraient accomplis. Elle crut à la promess e et obéit. Elle eut, en effet, un enfant ; mais quelle ne fut pas sa douleur en voyant que le nouveau-né était tout difforme, que c'était une petite masse de chair plutôt qu’un enfant ! Toutefois elle ne perdit pas confiance ; elle le fit emmaillotter et le fit déposer sur l’autel du Saint. Saint Antoine n'avait pas seulement en vue d’éprouver la confiance de cette bonne mere et de lui donner ensuite une grande joie : il voulait par un éclatant et indéniable prodige établir à jamais la Dévotion des neuf mardis. Pendant qu’on exécutait l’ordre de la Dame, celle-ci priait ardemment son Saint bien-aimc. Or, on avait À peine déposé sur l’autel ce petit être difforme et muet, qu'on entendit un léger vagissement, une voix enfantine. On court, on enlève le maillot et l’on voit, à prodige ! un enfant d’une rare beauté 1!

Les Frères-Mineurs divulguèrent aussitôt ce miracle et recommandèrent la Dévotion des neuf mardis. Cette pratique se répandit promptement dans toute l’Italie et dans beaucoup d’autres contrées du monde catholique.

La dévotion des peuples ne s’en tint pas ià. Le mardi était consacré À saint Antoine: le miracle autorisait cette dévotion. Insensiblement les fidèles portèrent à éreize le nombre des murdis destinés à

1—Act.SS. Tom. 28.

honorer le Saint et cela en souvenir de sa bieuheureuse mort arrivée le treize du moisde Juin. T’Eglise a sanctionné cette dévotion par son autorité suprême et l’a enrichie de nombreuses indulgences 1.”

Nous ne citerons qu’un exemple de cette dévotion des peuples au grand Thaumaturge, saint Antoine,

LA DÉVOTION A SAINT ANTOINE, EN CORsE.—f Un de nos correspondants nous montre combien la dévotion à saint Antoine est populaire en Corse. ‘ Saint Antoine est aussi le Saint de la Corse. Peutêtre est-il encore plus populaire parmi nous que saint François lui-même qui pourtant aimait tant la Corse, qu’il se plaisait à l’appeler la Nacelle de sa nation.

C’est en 1214 que le Patriarche d’ Assise planta sa tente aux grottes de Bonifacio. Depuis lors la famille franciscaine n’a pas cessé d’être connue et aimée de nos pères. Ce fut le Bienheureux Jean Parent, un des premiers disciples du séraphique Patriarche, devenu depuis général de l'Ordre, qui publia partout en Corse les gloires et la puissance de saint Antoine. Après lui, le Bienheureux François de Maleficiis le fit connaître au Couvent de Santa Maria della Stella ; il mourut en 1280, mais en 1430 les Bienheureux Antoine de Stronconio et Thomas

1—Fetit Manuel, page 24.

La Dévotion des 13 mardis 19

de Florence fondèrens le couvent de Corté et donnèrent un nouvel essor à la dévotion à saint Antoine. Non seulement dès les temps les plus reculés, on a élevé chez nous desautels, des chapelles et des statues en l’honneur de saint Antoine, mais partout sa sainte image se trouve au chevet du lit, comme un signe de consolation et d’espoir, surtout à l’heure de l'épreuve. Les confréries en son honneur, les pèlerinages,les cantiques populaires composés dans l’idiome du peuple, sont partout un monument vivant de l'amour des Corses pour saint Antoine, La fête du Saint se célèbre également avec une grande pompe.

Les noms qui sont donnés chez un peuple sont aussi une marque deses dévotions préférées. En Corse, pays de tradition et de foi, le choix du nom de baptême n’est pas une affaire de mode ou de caprice, mais un pieux hommage rendu au patron du pays, au protecteur des familles. Le nom d'Antoine est le plus populaire, le plus répandu, seul où uni à un autre nom : Anton-Petru, Anton-G'hiuvanni, ete ; chez nous, on ne compte pas les Antoine.

Les Capcorsiens se distinguent entre tous par leur dévotion au Thaumaturge. Beaucoup parmi eux vont en Amérique chercher fortune. Ils ne manquent pas de mettre alors leur entreprise sous la protection de saint Antoine. Au loin il est leur guide, leur consolateur. Rentrés au foyer, ces bons Américains, comme nous les appelons, ne se montrent

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