‹ Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 25 sur 78 · TION, QUE SA M · texte numérisé non relu

TION, QUE SA M

L'HERMITAGE fl JT LES TROIS CE SA MORT. — Si

Christ béni, coi

, mort. Elle ét ee point attrist

véler.

s avant sa mot 1e colline, regit tous les char adoue qui s'éf tir d'un bou lement intérie son site et de on front. Ens route, et ilp

phétisa la gloire dont elle serait bientôt comblée, Mais il ne dit pas quelle serait cette gloire ; encore moins de qui elle viendrait. ”

L'événement se chargeait d’éclaircir ce mystère. Au lendemain de la mort du bienheureux Antoine,

Padoue recueillera les bénéfices des paroles qu'il lui

adressa en la quittant. Alors commencera la proces-

sion des peuples qui viendront de tous côtés la visiter :

ses murs seront trop étroits pour contenir les multitudes. Nuit et jour elle retentira des louanges de son incomparable apôtre : elle succombera sous le poids et la magnificence des présents dont on ornera ses temples : elle sera inondée des miracles qui s’accompliront dans son sein, autour de l’autel où reposera son trésor. Le nom d’Antoine sera son plus beau titre : par lui ele sera la consolation de tous les malheureux. ‘ O Padoue, cité chérie de Dieu, autrefois si heureuse aux jours immortels d'Antoine! Tu as raison de te livrer à l’allégresse et de laisser éclater tes transports. Sois toujours digne de la bénédiction de l'élu de Dieu, Antoine, qui t'a valu un magnifique patrimoine de gloire ; garde jusqu’à la fin avec jalousie le dépôt que le ciel t'a confié ! ”

Cependant l’homme de Dieu, Antoine, songea à profiter des quelques jours de loisir qui lui étaient accordés. Il partit pour Campietro, petit bourg au nord de

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Padoue, dans une région très retirée et très paisible Là vivait un noble seigneur appelé Tisso, qui avait eu une existence orageuse, dans les camps en temps de guerre, et durant la paix dans les pays où il con: tinuait le métier des armes. Mais il sut réparer tous! ses désordres par une vie exemplaire: Dieu se servit! du bienheureux Antoine pour le ramener à lui. Touché par sa parole, il renonça à la milice et aux honneurs du siècle : il se mit corps et biens à la disposition du saint homme, pour suivre en tout ses conseils, Il entra dans le Tiers-Ordre de saint François ; etil fut jusqu’à la fin le modèle de toutes les vertus. L'ar rivée de son père spirituel lui causa uue joie difficile à décrire : il lui fit un accueil où le respect se mêlait à la tendresse : il l’entoura de prévenances et de soins. 4

Il avait sur son domaine un bosquet, situé à une

petite distance du couvent des Frères, dans lequel se à trouvait un noyer gigantesque dont le tronc donnait

naissance à six branches qui, en s’élevant et en réunis sant leur feuillage, formaient une espèce de couronne inpénétrable aux rayons du soleil. A la vue de ce noyer, l’homme de Dieu désira qu’on lui bâtit une cellule entre les branches, parce que ce lieu lui sem- | blait très propre à favoriser le recueillement et la tran- | quillité de l’âme. Dès que le bon Tisso eut appris de la

bouche de ses Frères le pieux désir du saint homme, :

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e mit à construire sur le noyer trois petites cellules : e pour le Bienheureux, les deux autres pour le Frère ic et le Frère Roger, ses compagnons de voyage. fit cette besogne avec une grande dévotion : quand e fut terminée, les trois solitaires s’installèrent dans ir couvent aérien.

“Au fond de sa cellule verdoyante, le bienheureux toine menait la vie érémitique où il goûtait d’inefbles délices. Il se nourrissait des sucs embaumés de criture Sainte : il s’adonnait fréquemment à la conplation. Le noyer de Campietro fut sa dernière

eure, tant qu'il vécut parmi les hommes. Là, séparé

D foules tumultueuses, et du bruit des événements

monde, 1l pensait à lui-même, sans cesse occupé à

saintes méditations, et absorbé dans de ferventes

Ds choses périssables ; il purifiait son cœur de toutes

souillures que la vie a coutume de faire contracter

Max nôtres. Sublime pénitent qui n'avait à expier que

innocence, il recherchait avec soin les grains de ussière que le commerce des séculiers aurait pu poser sur lui. Quand il croyait découvrir quelque

ère imperfection, il versait d’abondantes larmes de

Dnponction, véritable baptême qui, ne trouvant pas

taches à laver, faisait resplendir son âme de tout lt des pierreries, On sentait bien qu'il était à la

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porte du ciel, et qu’il allait entrer en possession del félicité des élus. ” | Le bienheureux Antoine retiré à Campietro, à côf d’une maison de son Ordre, ne donnait à la conte plation que les heures libres. Son amour pour la rég larité ne lui permettait pas de se dispenser des 2xercicé de la communauté. Il quittait donc sa retraite, selot son habitude, et il venait vers ses Frères, afin de pret dre avec eux sa réfection. C’est alors que la main Dieu le toucha pour lui donner le signal du déparl A peine était-il assis à table, que ses forces l’abandoi nèrent : tout à coup il s’affaissa sur lui-même. Cepa dant le malaise qu’il éprouvait augmentait de plusé plus : il fut contraint de se lever ; et appuyé surk bras de ses Frères, il essaya de marcher. Mais il lut en vain contre la défaillance : il ne put soutenirk poids de ses membres, et il s’étendit sur un lit (à paille. Alors il sentit que la dissolution de son com était proche. Il appela un de ses compagnons, Frère Roger, et il lui dit: ‘“ Si vous le trouvez ba mon Frère, pour épargner à cette petite Résident tout embarras, je me ferai transporter à Padoue, ch nos Frères de Sainte-Marie. ” Le Frère Roger y cu sentit. Aussitôt il fit préparer un char pour y dépon le Bienheureux, malgré la résistance des Religieux Campietro qui le conjuraient avec larmes de nel

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leur ravir un si précieux trésor. Mais ils ne purent pas changer les résolutions du pieux malade: c’est pourquoi ils se décidèrent, malgré les protestations de leur tendresse, à le laisser partir. Déjà le char approchait des portes de Padoue, quand un Frère qui était en route pour aller visiter le bienheureux Antoine à Campietro, vint à sa rencontre. Dès qu'il le vit étendu et presque sans vie, il lui conseilla de ne pas avancer ; car, en entrant dans la ville pour gagner le couvent de Sainte-Marie, 11 s’exposait à être arrêté et tourmenté par le peuple que le spectacle de son mal ne manquerait pas d'émouvoir. Le parti le plus sage était, selan lui, de se retirer au monastère des Clarisses de l’Arce//a, proche de là, hors la ville, et auprès duquel les Frères Mineurs, directeurs de cette Communauté, avait une modeste habitation. Le Bienheureux goûta cet avis, et il se fit conduire en ce lieu. Il y était à peine arrivé que sa maladie, aggravée probablement par la fatigue du voyage, prit une tournure alarmante : il fut réduit bientôt à la dernière extrémité. Il se reposa quelques instants pour donner à ses forces épuisées le temps de renaître ; ensuite il fit la confession de ses fautes, avec les sentiments de l'humilité la plus profonde. L'absolution qu'il reçut, en augmentant sa vie surnaturelle, surexCita pour un moment sa vie organique : il se mit

à entonner d’une voix claire l'hymne: © gloriosa Do:

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mina. C'était le chant du cygne. Combien de fois, aux jours héroïques de son apostolat, n’avait-il pas fait retentir les temples de son cantique chéri ! Maintenant qu’il va mourir, il le répète avec un accent particulier d'amour. ‘“ C'était, dit un historien, la récompense de sa tendre dévotion envers les mystères de la Vierge, principalement envers sa très glorieuse Assomption. ” Alors il leva les yeux vers le ciel et il y tint longtemps son regard attaché. Comme on lui demandait ce qu'il apercevait, il répondit : “ Je vois mon Dieu. ? Cependant les Frères qui l’assistaient, comprenant que son bienheureux trépas était proche, songèrent à lui donner l’extrême-onction. Dès que le saint homme aperçut le Frère qui portait, selon la coutume de l'Eglise, l’huile des infirmes, il le regarda fixement et lui dit : ‘“ Je possède cette onction au-dedans de moimême. Mais quoiqu'il ne soit pas nécessaire que vous me la fassiez extérieurement, je la recevrai néanmoins avec plaisir, parce qu’elle sera utile à mon âme.” Il reçut donc l’onction sacrée : ensuite ayant étendu ses mains encore humides, il récita avec les Frères, les psaumes de la Pénitence. Une demi-heure après, il expira doucement, comme un homme qui s'endort entre les bras de ses frères. Ainsi cette âme très sainte, affranchie de la prison de son corps, s'abima dans

l'océan des splendeurs éternelles, Son corps semblait

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l'air, devinrent blanches comme la neige et colorées me dans sa première jeunesse ; tous ses membres Meurèrent flexibles et‘prenaient la disposition qu’on lait leur donner. Ceci arriva l’an de l’Incarnation A Christ 1231, le treizième jour du mois de juin. jependant les Frères de l’Arcella voulaient tenir setle trépas du Bienheureux, de peur que le peuple se soulevât à cette nouvelle, et qu'il ne se portât masse et tumultueusement au couvent. Mais ils nt d'inutiles efforts. Les petits enfants de Padoue, me sils étaient animés de l'esprit prophétique, ent les premiers à connaître l'événement. Ils parrurent la ville par bandes, en criant : ‘ Il est mort Père saint : 1l est mort saint Antoine ! ” Leurs louanges étaient l'écho des cantiques que anges chantaient dans le ciel, en voyant monter son Me glorieuse ; elles étaient le prélude de celles que Lulise devait bientôt lui décerner.

Dès que le bruit de ce malheur fut répandu, le nie laissa ses occupations ; et sans se mettre en ne de gagner sa journée pour vivre, il vola comme essaim d’abeiïlles vers le couvent de l’Arcella qu’il Beloppa aussitôt, et qu’il mit, pour ainsi dire, en état siège. Les habitants du quartier alors appelé Tête-

Pont, se distinguèrent par leur ardeur à se rendre ;

ils avaient un intérêt particulier à défendre le cor du Bienheureux, parce qu'il était chez eux. En cond quence, ils armèrent tous les jeunes gens, et ils k placèrent en sentinelles autour du monastère, pour& défendre l'entrée.

Au milieu de cette confusion, on n’entendait que dé lamentations et des gémissements. C'était un peupk d’orphelins qui pleuraient la perte de leur Pèr Mais la douleur des Filles de Sainte Claire surpassal toutes les autres. Elles étaient inconsolables d’ê privées de l'appui d’un si grand homme dent les ll mières éclairaient leurs doutes et dont le: vertl encourageaient leur faiblesse. Elles firent même dé démarches auprès des citoyens les plus considérabl de Padoue, à l'effet d'obtenir la faveur de conserver daï leur monastère le corps du Saint. Malheureuseme pour elles, les Frères de Sainte-Marie élevaient dé prétentions contraires à leurs pieux désirs. Ils soute naient que la volonté du saint homme était dé enseveli dans leur couvent: ils invoquaient témoignage d’un Frère à qui il avait recommant en mourant, de ne rien négliger pour que son corf fût transporté à l’église Sainte-Marie. Aussi ils ind taient vivement pour obtenir satisfaction; et déjà ils: préparaient à enlever le saint corps. Mais les habitaïl de la ‘Tête-du-Pont leur opposèrent une vigouretl

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résistance : ils ne leur permirent pas même de le tou-” cher. En même temps ils doublèrent les postes des gens armés, qui veillaient nuit et jour, de peur que par surprise on ne leur ravit leur précieux trésor. Alors les Religieux ne sachant quel parti prendre, allèrent trouver l'évêque de Padoue, et remirent l’affaire entre ses mains. Ce digne Prélat, aussi pieux que prudent, recommanda d’abord toute cette difficile et délicate affaire au Dieu de paix et de réconciliation ; puis il entama avec les divers prétendants de conciliantes négociations : elles durèrent plusieurs jours durant lesquels chacun des partis vécut dans de perpétuelles alarmes. Enfin le cinquième jour de la mort du Bienheureux, toutes les difficultés étaient aplanies et tout se trouvait prêt pour la célébration publique de ses funérailles. C’est dans l’église du couvent de Sainte-Marie que devaient reposer les restes du Saint. L’évêque, à la tête de son clergé, se dirigea vers le monastère de l’Arcella. Il était suivi des magistrats de la cité qu’escortaient des soldats en armes, ét d’une multitude innombrable de peuple. Cette immense procession, dont chaque anneau était une ville ou une bourgade, faisait retentir les airs d’hymnes sacrées et de cantiques spirituels avec une allégresse qui enlevait à la mort ses couleurs sombres. Pour revenir à

l'église Sainte-Marie, le cortège traversa le quartier de

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la Tête-du-Pont ; et sa marche vraiment triomphale remplit tous les cœurs des plus douces émotions. Le corps du Bienheureux était porté sur les épaules des citoyens les plus illustres de Padoue ; les magistrats partageaient avec eux cet honneur ; ils s’estimaient très heureux de pouvoir toucher le cercueil seulement du bout du doigt. On alluma tous les cierges qu’on put trouver chez les marchands et chez les particuliers ; chaque assistant en tenait un à la main. Il y en avait une quantité si prodigieuse, que toute la ville semblait être en feu. Quand on fut arrivé à l’église Sainte-Marie, l'évêque célébra la messe. Après les dernières prières,

on dé posa le saint corps dans un sarcophage fait

d’une pierre très-extraordinaire et d’une couleur

insaisissable qu’on découvrit miraculeusemen le jour

des funérailles. C’était le cinquième jour après le trépas du Bienheureux. L'humble Antoine se trouvait bien

sans doute dans le coin obscur qu'il occupait ; mais

il ne devait pas y rester toujours. Bientôt Padoue le tirera de sa modeste tombe, pour le placer dans un temple magnifique, éievé à l’envi par la reconnaissance de la terre et par les miracles du ciel !

Dormez en paix, sous le regard de Dieu, sous les ailes des anges, vaillant athlète du Christ, émule du séraphique François, fléau des hérétiques, amant de la Pauvreté, père des âmes, serviteur de la Vierge, con-

à bal mplateur sublime, olivier fertile, d’où découlait l’huile riomphale : À ai :

. I de la consolation ; vigne magnifique, épanouie dans notions. Le ENS LAN l'Eglise et dont le fruit réjouissait les peuples en les épaules des , “ SES N nivrant de l’Esprit-Saint ; lumière dés pontifes, vens magistrats EN E sur des opprimés, effroi des tyrans, zélateur de la s’estimaien E. RE iscipline, champion intrépide du bon droit. Votre | seulement VE y “ postolat fut court, mais bien rempli ; les traces qu'il 2Trges qu'on D K AO laissées sont immortelles ; le monde marchera tou- Jarticuliers ; EU, j Ù , 1 ours à l'odeur de votre mémoire. ‘ Aimable pèlerin, y en avai . blait qui avez foulé les rivages du siècle, maintenant vous lle semblai :

cas abitez les tabernacles éternels. Rendez-nous propice ainte-Marie, | e Dieu qui a rassasié vos désirs, en vous donnant la res prières, 40 x , S h fait je véritable. Conduisez-nous jusqu'au sommet de la ophage fai HER P°re ainte montagne : accordez-nous, à bienheureux Anne couleur ie À EDR RPM CRT / !

oine, d’être un jour réunis à Celui qui est à la fois en le jour So RARE : Dieu et homme, dans le saint Paradis où il se montre rès le trépas À # < MO à découvert. ” A la louange et à la gloire du Dieu un rouvait bien R, Ra A :

t trine, qui vit et règne dans les siècles, des siècles.

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