JE LA SAINTE VIERGE
Les historiens placent ici le tableau abrégé des ualités apostoliques d'Antoine, cet homme vraiment xtraordinaire, à qui les générations futures, dans leur dmiration, pleine de reconnaïssance, décerneront le tre d'Apôtre et de Thaumaturge par excellence.
Antoine avait d'abord l’éloquence. Quand il prêchait, ce n’était pas un homme, mais un ange descendu du iel pour convertir les âmes. Dieu avait répandu sur sa ersonne une grâce merveilleuse ; il lui avait donné
ne langue pleine de faconde, une voix au timbre argen-
n, qui retentissait au loin comme une trompette, ce i lui permettait de se faire entendre de tous ses audi-
M PHONE TETE D D SRE + ——
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teurs. Quoiqu'il fût né dans un pays étranger, et qu’i 3 y eût passé tout le temps de son édücation, il parlait l'italien avec autant de correction et d'élégance que s'ils n'avait jamais mis le pied en dehors de l'Italie. ” ro Mais le génie n'était pas le seul élément de son élolk::; quence : le caractère en était le trait distinctif. Ici Ande toine se rapproche des plus beaux types de l'antiquité; juive et chrétienne. Il était ardent dans l’action: poutk procurer le salut des âmes, il déployait une vigueu indomptable.: “ Quand il prêchait, il était d’une rare}: impartialité. Il s’adressait aux grands comme aux petits Sn il les transperçait tous indistinctement des flèches de la vérité. Il argumentait avec les incrédules, et il les -écrasait sous les coups de sa logique. Il exhortait lens bons ; avec eux il devenait tendre et suppliant. Il ad E monestait les impies, et les faisait rougir de leur coniiran duite. Ainsi, il distribuait les avertissements avec undact parfaite convenance, accommodant son discours selon f les circonstances et les personnes ; de telle sorte qulfsaa la doctrine du salut était servie aux auditoires, comme: le pain sur la table d’un banquet. bire Celui qui était allé en Afrique pour y chercher la morleyze
ne craignait pas de s’y exposer quand il ! ; fallait. Po He la rien‘au monde il n'aurait trahi la vérité. Il protestaileme intrépidement contre la tyrannie qu’on faisait peser su£tait le pauvre peuple ; et le regard courroucé des grandi :
anger, et qu’i siècle ne l’épouvantait pas. 11 ne cédait à aucune tion, il parlaïonsidération personnelle. La flatterie ne l’amollissait gance que s’il Italie. ”
nt de son élo nctif. Ici An:
de l'antiquité
bas ; la popularité ne le séduisait pas, l’opinion ne le
roublait pas. Quand les puissants de son époque étaient en faute, il leur adressait de si vives réprimandes, ue les plus célèbres prédicateurs, en l’entendant, tremblaient de tant de courage et de cant de fermeté, jusqu’à action : Pouce cacher le visage dans leurs mains pour couvrir la routune vigueuBeur que leur lâcheté y faisait monter. C'était un autre it d'une rareElie enflummé du zèle de la gloire de Dieu. Il mettait me aux petits Mans sa parole le feu de l’Esprit-Saint dont ilétait cones flèches déBumé intérieurement ; ce feu réchauffait les tièdes, il dules, et il les 1 exhortait le pliant. Il ad
de leur co
xcitait ceux qui dormaient, il ranimait ceux qui étaient
ensevelis sous les glaces de la mort.
Enfin Antoine était un Saint! La sainteté fut sa rrande force : elle explique mieux que tout le reste ents avec un'action puissante de cet ouvrier évangélique. “En vérité discours selon peut dire de ce Bienheureux ce que le patriarche elle sorte quSsaac disait de son fils Jacob: Ze parfum qui s’'exhale toires, commWes véfements de mon fils, est semblable à celui qu'on resbire dans un champ rempli d'herbes odoriférantes sur
equel est descendue la bénédiction de Dieu. T1 était inondé
ercher la mo : fallait. Po Il protestal isait peser sulEtait remarquable par son humilité ; il était célèbre par é des grand} Da sagesse ; le miel découlait de ses lèvres éloquentes ;
He la grâce des faveurs célestes ; il était orné merveilleuement des fleurs embaumées de toutes les vertus. Il
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sa charité était un foyer toujours allumé ; il possédait # un très-haut degré l'esprit de pauvreté ; il était renommé pour l'élégance et le charme de ses. manières ; il était hors de pair pour la dignité et la droiture de son caractère ; sa conversation était tranquille ; son commerce était doux et facile; par là il était agréable à Dieu et aux hommes. Rien n'égalait sa discrétion, qu’on peut appeler la mère des vertus, parceque sans elle, les vertus se tournent en vices. Cette qualité brilla principalement dans ses discours, dans les conseils qu’il donnait, dans} l'exercice de la confession ; en un mot dans ses paroles et dans ses actes; tout ce qu’il faisait, était frappé a coin d’une sainte modération. ”
Antoine est un des plus fameux thaumaturges de l’histoire. Depuis les temps apostoliques, il n’est guère surpassé que par saint François qui semble lui avoi transmis en héritage, avec 5es vertus, les merveilleu privilèges dont il était doué. Les annales de l’Ordr séraphique sont remplies de faits qui forment une dé monstration opulente de la puissance surnaturelle qu exerça pendant sa vie et après sa mort. Sa prédicatiot était accompagné de ephénomènes qui faisaient revivre les belles scènes de la Bible, quand, autour de Jésus les aveugles voyaient, les sourds entendaient, les paralÿ
tiques marchaient, etles morts sortaient de leur tombea
Antoine fit ses débuts comme missionnaire dans lei
— à — il possédait # était renommé ières ; il était de son caracson commerce able à Dieu et n, qu'on peut elle, les vertus
Brincipales villes dela Lombardie et de la Romagne. “| Les détails manquent sur cette partie de sa vie apostoique, qui du reste fut courté, puisque c’est en 1222 u’il commença à prêcher l'Evangile, et que l’année suivante 1223, nous le trouvons appliqué à une autre k u.action. On sait cependant qu’il remua profondément es. provinces, et qu’il recueillit des fruits abondants de salut. Dès lors son avenir commença à se dessiner.
si PEUT DÉPIT Le 5 M
principalement donnait, dansk ans ses paroles était frappé a
Les foules électrisées par son éloquence lui donnèrent
e surnom de ‘“ trompette évangélique. ” Cette glorieuse ppellation lui est restée : les générations chrétiennes
e répètent encore avec amour. En suivant les pas de
'apôtre, et en assistant aux œuvres merveilleuses qu’il aumaturges de
ccomplira, il nous sera facile de voir qu’elle est justifiée. s, il n'est guère
no | D Antoine, vos pieds sont déchirés par les ronces, et g i avo craie hs ouverts par la poussière du chemin! Et cependant qu’il | les merveilleu } Ù : 4 \ VOrddl ont beaux, tandis que vous gravissez les collines des fi ales de à leux côtés de l’Apennin, annonçant la paix et la don- À une dé fa
orment ant à ceux qui la veulent ! Il nous est doux de vous B. rnaturelle qu . a , ï FR ntendre prêcher la loi sainte, sur la montâgne de Sion, 1
tioË ; = (A
Sa pré vec le talent que le père de famille vous a confié. (4 aisaient revivre P
ous vous suivrons tandis que vous préparerez le salut o
our de Jésus les ent, les paral} de leur tombea
d'Israël, et que vous vous écrierez: Voici le règne du 3 44 hrist béni.” a.
Ce fut en effet, en 1223, nous l'avons insinué plus
aire dans le A ne maut, tandis qu'Antoine poursuivait le cours de ses
: Craie 6 as
missions dans la Romagne, qu'il reçut de saint François l'ordre d’enseigner la théologie à ses frères. La lettre du saint Patriarrhe était ainsi conçue: “ Je trouve bor que vous expliquiez aux Frères les enseignements de la sainte Théologie, mais de telle manière cependant, et c'est là mon désir formel, que cet enseignement n’étei-
gne ni chez vous ni chez les autres l'esprit de la sainte
oraison, conformément à la Règle que nous professons.”!
Fidèle à ces conseils, d’une sagesse profonde, Antainek fit. de sa chaire une école de science et de sainteté #
bientôt il vit se presser autour de lui, et les jeunes frère de son couvent de Bologne, et une foule d’autres jeunes gens, attirés par le désir de s’instruire, dans cette ville qui était alors une des plus savantes de l’Europe.
En 1224, Antoine interrompait cet enseignement, et sd substituait un de ses frères pour aller prêcher le Carêm à Verceil. Cette mission lui avait été offerte par l'évêque Hugues qui gouvernait le diocèse. Il s’en acquitta avel son zèle accoutumé; et les résultats dépassèrent ci qu'on attendait de lui. D’après le témoignage des histo riens, l’église de Saint-Eusèbe, dont les proportion étaient considérables, ne demeurait jamais ‘le: nui et jour le peuple s’y pressait, impatient d’entendre 1 parole de l’homme apostolique que la Providence 1 avait envoyé. Un événement extraordinaire vint enco augmenter le mouvement de conversion que la grâc
a mis on par on mo!
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aisé François bvait déjà produit, Un matin, tandis que l’infatigable
missionnaire prêchait devant une nombreuse assistance, es. La lettre
Je trouve bo on entendit des sanglots et des cris déchirants qui
nohédts de | partaient d’une des chapélles latérales de la basilique :
on célébrait les funérailles d'un jeune homme que la cependant, el
,2, mort avait ravi à la tendresse de sa famille. Les proches nement n’étei-
et les amis, en proie à la plus vive douleur, inondaient it de la sainte
1s professons. le cercueil de leurs larmes, en déplorant la perte qu'ils
onde, Antoinek t de sainteté #
avaient faite. Cette scène émut ceux qui étaient présents ; et bientôt l’église retentit des gémissements qui
i sortaient de toutes les poitrines. Antoine païticipa à s jeunes frères
duutrés léindl l'émotion générale, et interrompit son discours. Iléleva
“Mes yeux au ciel, et parut comme absorbé dans une lans cette ville
ardente prière. Quand il reprit la parole, ce fut pour
l'Europe.
ignement, et sé s'adresser au mort qu’on allait porter en terre. Il lui 9 ;
her le Carémi ordonna au nom de Jésus-Christ qui avait ressuscité le
dE fils de la veuve de Naïm, de revenir à la vie, et de rte par l’évêque
acquitta ave
sortir de son cercueil. A la voix de l’apôtre, le jeune
homme se leva, et il marcha, rayonnant de santé, devant dépassèrent ci
. Asa famille transportée d’étonnement et de bonheur ! nage des histo
Dans le courant de l’année 1224, saint François
es proportion Au ordonna à Antoine de passer les Alpes et de se rendre
ais ‘le: nul
t d'entendre |
Piovidence lu
ire vint enco
en France, afin d'y annoncer la parole de Dieu. L’impure hérésie des Albigeois (1) désolait toujours le midi
(1) Hérétiques des XIe, XIIe et XIIIe siècles. Ils renouvelèrent les erreurs et les débordements des manichéens : ils admet. pn que la grâdiaient deux principes, celui du bien et celui du mal; rejetaient
de. ce royaume, menaçant la société d’une complète destruction, et la foi d’une ruine totale.
Antoine s'arrêta d’abord à Montpellier ; il évangélisa ë cette ville et les contrées voisines, battit en brèche s l’hérésie, combattit la corruption des mœurs qui se S propageait dans ces provinces à légal de l'erreur, dont À elle est toujours la compagne inséparable. Le Seigneur : qui l’envoyait comme autrefois les Apôtres et les Pro- E phètes, daignaïit autoriser sa parole par les plus éclatants À prodiges, et les multitudes subjuguées rentraient dans F 4 le sentier de la vérité et de la vertu. Fè
Pendant son séjour à Montpellier, Antoine fut chargé :
d'enseigner la théologie à ses Frères. Il composa à
cette époque son Commentaire sur les psaumes. C'est
le principal ouvrage d’un Saint dont la vie fut si courte
et les travaux si multipliés ; encore devons-nous à un
miracle la conservation de ce précieux recueil. Voici le récit de Wadding, le grand Annaliste de l'Ordre :
‘ Pendant que le Saint professait la théologie aux
les saintes Ecritures, le baptême es enfants, le mariage; ne voulaient ni témples, ni évêques, ni prêtres, et niaient la vérité du saint sacrifice de la Messe. Leurs mœurs étaient corrompues et leur ignorance extrême { Gluire = Dictionnaire des Sciences Eccl.) — Manichéens, hérétiques du Ille siècle : ils admettaient deux premiers priacipes, l’un du bien, l’autre du mal .... Ils admettaient deux âmes dans chaque homme, l’une intellectuelle et raisonnable, et l’autre mauvaise : ils disaient que Jésus-Christ n’avait pris qu’un corps fantastique, que le baptême de l’eau était inutile, que l’homme n'était pas libre, que toutes les religions étaient À ndifférentes, — (Id)
ne complète l M rères, dans la ville de Montpellier, il arriva qu'un
: él; novice quitta l'Ordre, et emporta furtivement, pendant : Si la nuit, un Commentaire des Psaumes, d’une très-grande | fs valeur, dont le serviteur de Dieu faisait usage pour ses A, | TRERSRE À cette nouvelle, l’homme de Dieu res- : sentit une profonde douleur. Il se mit aussitôt en . es prière ; et par une permission miraculeuse de la Proplus éclatants vidence, le diable, armé d’une hache, alla à la ren- D contre du novice fugitif, tandis qu’il se préparait à
ntraient dans un A passer un pont. I] lui dit d’une voix terrible : Retourne
vers le serviteur de Dieu, Antoine : rentre dans l'Ordre ine fut chargé ï ; que tu as déserté, avec le Psautier que tu as volé ; composa P : autrement, au nom du Très-Haut, je vais te tuer, et aumes. C'est à. + À ss sr : je te jetterai dans la rivière. Le novice épouvanté e fut si courte : :
à demeura comme frappé de stupeur. Mais comme il ons-NoUS à un RAA résistait encore, à l’instant le diable devint d’une taille
ecueil. Voici te de l'Ordre :
héologie aux le mariage ; ne aient la vérité du t corrompues et s Sciences Eccl.) dmettaient deux
.... Ils admeiellectuelle et raisus-Christ n’avait 'eau était inutile, religions étaient
Égigantesque ;. son visage était si noir et ses traits si horribles, que le novice, saisi d’une terreur divine, reprit aussitôt le chemin du couvent. Il alla trouver l’homme de. Dieu ; il lui rendit son Commentaire; et, con-
fessant humblement son péché, il demande avec d’ahonai dantes larmes à rester dans l’Ordre. ”
En ce temps-là, il arriva un événement qui rendit la sainteté d'Antoine éclatante, même auprès des plus prévenus. Tandis qu’il était en chaire, un jour de grande fête, en présence de tout le clergé de la ville, au mi-
lieu d'un immense concours de peuple, en commençant son sermon, il se souvint qu'il avait à remplir dans son couvent un office pour lequel il avait omis, par mégarde, de se faire remplacer. C'était la règle, qu'aux principales solennités, deux Religieux des plus considérables de la communauté, chantaient au chœur
l'Alleluia pendant la messe conventuelle. Ce jour-là le serviteur de Dieu était désigné pour ce rôle. Cette € pensée lui causa un vif chagrin. Alors on le vit s’incli- le, ner dans la chaire, comme s’il succombait au sommeil, & ou la tête couverte de son capuce. Mais 6 prodige! au D. même instant, l’homme de Dieu parut dans l’église des à, Frères Mineurs, où il chanta l’A/e/uia tandis que l'im- Le, mense auditoire de la cathédrale le considérait immo- &; bile et silencieux dans sa chaire. Ce spectacle dura LE, une grosse heure. Mais le miracle fut bientôt découvert. | “Le Dieu tout-puissant, ajoute l’Annaliste des Frères | 4 Mineurs, qui avait voulu que le sublime et très-pieux docteur saint Ambroise fût transporté à Tours pour assister aux funérailles du Bienheureux Martin, et qui fi avait permis que notre Bienheureux Père saint François apparût au milieu du Chapitre provincial d'Arles (1), tandis qu’Antoine prêchait sur l'inscription de la Croix, ce même Dieu accomplit en faveur de ce vénérable apôtre le miracle que ie viens de raconter, afin de
démontrer qu'il était égal en mérite aux saints dont
(1) Comme nous Île verrons plus lom,
commençant partageait les privilèges. A peine l’homme de Dieu
plir dans son til rempli avec diligence son office, qu’il revint à lui ; 4
mis, par Mé- Ji: il continua avec une éloquence incomparable le ser- Es
? . . 2 règle, qu'aux on qu'il avait commencé. ” pe
s plus consi- Pendant l'été de 1225, Antoine arriva à Toulouse : “4
t au chœur
| y trouva ies Albigeois en possession de toutes les
Ce jour-là le rôle. Cette
le vit s’incli-
ibertés.
C’est à Toulouse que, selon le sentiment de la plupart
es historiens, Antoine opéra le fameux miracle, connu
au sommeil, Bous le nom de miracle de la mule. On n'a pas oublié
prodige ! au 1 l’église des 1dis que l’imdérait immo-
jue, parmi les erreurs professées par les Albigeois, on
omptait la négation de la présence réelle de-Jésus-
Christ dans le Saint Sacrement de l'autel. Or un jour,
. . E ; i L L Antoine soutint sur cet article de la foi catholique une
pectacle dura ôt découvert.
e des Frères à et très-pieux | Tours pour Martin, et qui :
aint François d'Arles (1), n de la Croix, ce vénérable nter, afin de
Dngue dispute avec un hérétique obstiné et influent
ans la cité. Pressé par les raisons solides et lumi-
euses de l’apôtre, l’hérétique semblait ébranlé et sur
E point de rendre hommage à la vérité : mais il s’arrêta
n si bon chemin. Comme les juifs, ces éternels mo-
Htles de l’aveuglement intellectuel, il demanda des
gnes. — ‘ Prouvez-moi, dit-il, par un miracle public,
ue Jésus-Christ est réellement présent dans l’'Eucha-
stie, ainsi que vous vous êtes efforcé de l’établir par
os syllogismes. Je vous jure que je renoncerai aussitôt
mes doctrines, pour me soumettre humblement à elles que vous prêchez, ”— Le défi était solennel ;
1x saints dont
un autre aurait hésité à le relever. Antoine, toujours inspiré par l’Esprit-Saint, répondit avec tranquillité qu’il acceptait. — Alors l’hérétique lui dit: ‘“ Je possède une mule : pendant trois jours je la laisserai enfermée dans mon étable et privée de toute nourriture. Après ce temps écoulé, je l’amènerai sur la place,
devant toute la multitude réunie, et je lui offrirai à | manger. De votre côté, vous porterez l’hostie consacrée et vous la présenterez à ma mule. Si, malgré la faim dont elle sera dévorée, elle se détourne du foin et de l’avoine que je lui offrirai, pour se prosterner à deux genoux devant votre Sacrement, je resterai con-k vaincu et je me déclarerai catholique. ” — Antoine donna son consentement à cette proposition et se retira. Il se prépara par la prière à venger Jésus-Christ des outrages que lui infligeait l’impiété manichéenne. En se reconnaissant indigne d’être l'instrument de la grâce qu’il espérait, il demandait à Dieu d’arracher de l'esclavage de l’erreur tant d’âmes simples et droites, que le torrent de l'opinion triomphante entraînait loin de son Eglise. Le jour de l'épreuve étant venu, lhérétique se rendit sur la place, suivi d’une troupe immense! d’adeptes qui espéraient jouir de la confusion de l’ap0tre franciscain. Il conduisait sa mule par la bride, etfiitel. portait avec lui la nourriture qu'il savait lui être le. pluskna : agréable. Cependant Antoine célébrait la messe dans|pui
ine, toujours c tranquillité t: “Je poslaisserai en-
e nourriture,
sur la place,
lui offrirai à hostie consa- Si, malgré la ourne du foin
e prosterner à
> resterai con-Î
* __ Antoine osition et se r Jésus-Christ manichéenne.
rument de la d’arracher de
entraînait loin : venu, l’héré-
pupe immense sion de l’apôar la bride, et ui être le-plus la messe dans
ples et droites}
Mine chapelle voisine, avec une ferveur plus grande
qu’à l'ordinaire. Quand il eut fini, il se recommanda aux anges du sanctuaire ; et, calme malgré l’émotion qui remplissait son cœur, il se dirigea vers le théâtre où la puissance du ciel allait se manifester. Il tenait dans ses mains l’ostensoir d’or au milieu duquel reposait l’Agneau qui efface les péchés du monde. Sa tête penchée, ses yeux voilés de modestie, son front
resplendissant d’une lumière surnaturelle, sa démarche
qui trahissait sa sainteté, tout cela était déjà un spectacle imposant. Derrière lui marchaient de nombreux fidèles, qui récitaient des hymnes, et étaient impatients de savoir ce qui allait arriver.
“Lorsqu’Antoine fut en présence de ses adversaires, | ‘’arrêta ; il se recueillit un instant ; ensuite il imposa silence à la foule, et se tournant vers la mule, il lui parla ainsi : ‘ Au nom de ton Créateur que je porte véritablement dans mes mains, malgré mon indignité, je te lis, Ô animal privé de raison, et je t’ordonne de venir Sur le champ avec humilité lui faire la révérence que tu
lui dois, afin qu’à ce signe, les hérétiques pervertis re-
onnaissent que toute créature doit se soumettre à son réateur, que le sacerdoce touche chaque jour sur l’auel” Au même instant le maître de la mule lui dona à manger. Mais, Ô prodige ! cette bête qui était deuis trois jours gardée à vue, et condamnée à-un jeû-
de M:
ne rigoureux, se détourna de la nourriture qu’on lui présentait ; et, docile à la voix du thaumaturge, elle se proterna sur le sol à deux genoux, et se tint immobile dans cette attitude. Le peuple qui respirait à peine, ne put pas contenir son enthousiasme; aussitôt des cris d’allégresse s’échappèrent de toutes les poitrines. Les hérétiques étaient battus sur le terrain même où ils s'étaient placés. Ils se hâtèrent de s’effacer sans bruit pour aller ensevelir dans le silence leur déconvenue et leur parti pris.
Cependant le serviteur de Dieu n'avait pas perdu
son temps. L’hérétique qui avait provoqué le miracleR.
se jeta à ses pieds, et il adora à haute voix l’auguste Mystère, qu’un instant auparavant il appelait une superstition. Là ne se borna pas la victoire. Le converti, devenu apôtre à son tour, ramena à la vérité toute sa famille. Il fit construire à ses frais une église qu'il dédia à saint Pierre, sans doute pour honorer en lui ia prérogative de la foi orthodoxe. Ses descendants ajoutèrent à sa reconaissance ; ils bâtirent une chapelle sur le lieu même où le miracle s'était accompli, avec une inscription en vers destinée à en perpétuer le souvenir (1).
Pendant son séjour à Toulouse, le serviteur de Dieu
(1) Le même fait s’est passé à Bourges, où l’on voit encore lé: glise élevée en souvenir du miracle,
ure qu’on lui maturge, elle se tint immopirait à peine, issitôt des cris Les
même où ils
Joitrines.
cer sans bruit
ir déconvenue
rait pas perdu
qué le miracle |
voix l’auguste elait une super- Le converti, vérité toute sa ne église qu'il norer en lui ia scendants ajoune chapelle sur mpli, avec une
pétuer le sou-
viteur de Dieu
À / 'on voit encore l’é-
port au jugement de l'Eglise
reçut de la très-sainte Vierge Marie, une faveur mémorable. À son époque, la doctrine de l’Assomption de la Vierge en corps et en âme, n’était pas encore incontestable. Saint Bernard la donnait, dans le siècle précédent, comme une croyance reçue : les monuments historiques ne manquaient pas pour établir que l’antiquité l'avait en honneur. Malgré ces preuves l’opi: nion contraire avait des partisans qui n'étaient pas Inquiétés. Mais Antoine, bien inspiré par sa foi, devinait l’esprit de l'Eglise, même quand l'Eglise ne parlait pas. Il partait de ce principe que Jean Duns Scott invoquera plus tard pour démontrer l’Immaculée Conception, à savoir qu’il faut admettre pour la Vierge Marie les plus beaux dons qu’une créature puisse recevoir de Dieu, quand l’Ecriture ou l'autorité des SS. Pères n'y contredisent pas. De là il concluait en faveur de l'Assomption de la Sainte Vierge dans le ciel en corps et en âme. En cela, il était de l'avis de son Ordre,
Cependant, au couvent de Toulouse, on lisait au chœur le Martyrologe d’Usuard qui, en annonçant la
Fête de la mort de la Mère de Dieu, ajoute, par rapsur son. Assomption, les paroles suivantes : “ L'Eglise, dans sa sage réserve, préfère une pieuse ignorance à l’enseignement d’une
croyance vaine et apocryphe. ” Antoine ne pouvait pas
se résoudre à lire cette lecon qui blessait les convic-
x fire %
tions et les délicatesses de son âme. Pour échapper à cette épreuve, il se décida à s’absenter du chœur. Mais ce moyen avait l'inconvénient de le faire pécher contre la règle. Tandis que sa conscience délicate se trouvait dans ces perplexités, il eut une vision qui le consola. | La Vierge lui apparut pour rassurer sa conscience, et elle lui révéla qu'après être restée trois jours dans le tombeau, à l’abri de toute corruption, elle était mon:tée au ciel, vivante, en corps et en Âme, portée sur les
ailes des Anges ; et que depuis ce jour bienheureux, elle était assise dans la gloire, à la droite de Jésus, son divin Fils. Antoine fut inondé de délices, en contemplant la clarté éblouissante qui enveloppait la Vierge
Marie, et en entendant sa voix, plus douce à son oreille que le concert le plus mélodieux.
CE
r échapper à 1 chœur. Mais pécher contre te se trouvait
ui le consola. |
conscience, et jours dans le le était monportée sur les - bienheureux, de Jésus, son lices, en conppait la Vierge ce à son oreille