‹ Saint Basile (329-379): (329-379)Chapitre 107 sur 146 · I. Saint Basile, Ep, a · texte numérisé non relu

I. Saint Basile, Ep, a

a. Saint Grégoire de Nazianze, Oratîo XUIIy 78-79.

3. Sur la date de la mort de saint Basile, voir Rauschcn, Jahrbuclier des christliclien Kirclie unter dem Kaiser Theodosius dem Groaen^ 1^97» P« 476*

de ses vêtements, d'autres h poser la main sur son cercueil : il y en avait qui s'efforçaient, au passage, d'être atteints par son ombre, ou qui baisaient le sol que les porteurs avaient foulé. La foule précédant ou suivant la sainte dépouille remplissait successivement les rues, les places, les portiques de la cité ; tous les étages des maisons étaient garnis de spectateurs. La douleur publique éclatait si fort, que les gémissements empêchaient d'entendre les chants liturgiques. Tous marchaient confondus dans le même deuil : étrangers, païens, juifs, pleuraient comme les catholiques. L'empressement fut si grand, qu'il y eut des personnes écrasées : mais telle était l'exaltation du sentiment populaire, qu'on ne les plaignait pas, les jugeant heureuses de mourir avec Basile. C'est a grand'peine qu'on put enfin arracher aux mains qui ne cessaient de le saisir le cercueil du saint, et le descendre dans le caveau funéraire des évêques de Césarée*.

Saint Grégoire de Nazianze, retenu par la maladie, ne put être présent h la mort et aux funérailles de son ami. On sait qu'il fit de lui, en 38 1, une magnifique oraison funèbre. C'est la source la plus précieuse et la plus abondante pour la biographie de saint Basile. Grégoire de Nazianze ne borna pas à ce discours l'honneur dû à une chère mémoire. Il lui consacra une longue épitaphe en vers, dans laquelle, après avoir éloquemment célébré le docteur et l'évêque, il revient, avec une grâce tout attique, sur les souvenirs de leur commune jeunesse : « O les entretiens ! ô la demeure de notre amitié! ô la belle Athènes! ô l'antique familiarité d'une vie vraiment divine* ! » Mais plus touchante

I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII^ 80. a. Saint Grégoire de Nazianze, Epilaph. 119.

que toute autre parole, parce qu'on n'y sent point d'apprêt, est la lettre qu'il écrit à saint Grégoire de Nysse, aussitôt après avoir reçu la nouvelle de la mort de son frère :

a II était donc réservé à ma triste vie d'apprendre la mort de Basile, le départ de celte sainte âme, maintenant présente devant Dieu, ce qui était le sujet do sa méditation continuelle ! Entre tant d'autres causes de regret, j'ai celui d'avoir, par la grave et dangereuse maladie dont je suis présentement atteint, été privé d'embrasser sa sainte dépouille, de m'entretenir avec toi de notre douleur commune, et d'apporter des consolations à nos amis. Mais ce que peut être la solitude de cette Église, dépouillée de sa gloire, privée de sa couronne, on ne saurait ni le dire ni le faire entendre, à ceux-là au moins qui ont un peu d'àme. Toi-même, bien qu'entouré d'amis et d'encouragements, il me semble que tu ne peux avoir d'autre consolation que son souvenir et la pensée du grand exemple que l'un et l'autre vous avez donné à tous, tant par votre modération dans la prospérité que par votre patience dans le malheur. Car, en vérité, en ceci consiste toute la philosophie, rester modéré quand on est heureux, supporter avec honneur l'infortune. Voilà ce que j'ai voulu t'écrire. Mais moi, qui écris ainsi, quand et comment me consolerai-je jamais? Une seule chose le pourra faire, la société, tes entretiens, que ce bienheureux nous a légués, afin que, regardant ses vertus en toi, comme dans un beau et clair miroir, noiis croyions le posséder encore'. »

Saint Grégoire de Nysse garde, lui aussi, pour son frère un véritable culte. A l'un des anniversaires de sa

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