‹ Saint Basile (329-379): (329-379)Chapitre 11 sur 146 · Ibid.t i · texte numérisé non relu

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cbe des professeurs illustres et à la conquête du savoir. Les plus zélés y consacraient toute leur jeunesse, et même le commencement de leur âge mûr; certains étudiants, comme Grégoire de Nazianze, ne cessaient qu'à trente ans cette forte préparation à la vie publique V Une poursuite si désintéressée de la science est Thonneur du iv* siècle et suflirait à relever dans l'estime des historiens un temps qu'ils sont trop portés à mépriser. On entreprenait, dans ce but, de longs et pénibles voyages, on affrontait de périlleuses navigations, comme celle où Grégoire de Nazianze faillit perdre la vie*. A l'exemple du négociant dont parle l'Évangile, on sacrifiait tout pour acquérir la perle unique. Sans doute, les connaissances recherchées avec tant d'ardeur nous paraîtraient, à beaucoup d'égards, insuflisantes. L'immense domaine des sciences naturelles y est maigreinent représenté ; l'histoire, aussi, y tient peu de place. Tout semble se réduire à l'art de bien écrire et de bien parler. Mais l'étude de cet art comprend celle de tous les classiques de l'antiquité, et cet immense répertoire de prose et de poésie qui renferme d'incalculables trésors et a tant de valeur pour la formation de l'esprit. On y joint la philosophie, bien dégénérée sans doute depuis Platon et Aristote, mais qui a produit encore, au iv® siècle, plus d'un original et profond penseur. Pour estimer à son prix cette haute éducation intellectuelle, il sufiit de se souvenir de ce que lui doivent un Basile, un Grégoire de Nazianze, de la reconnaissance qu'ils lui montrent, et de tout ce que, visiblement, elle ajouta de force et de souplesse à leur génie. Nous n'avons de détails ni sur le temps que Basile

I. Saint Grégoire de Nazianze, Poemata de se ipso, XI, a39. a. Jbid,, iSo-ao5.

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ils se groupaient par nations ' . En arrivant dans ce milieu agité, les nouveaux venus éprouvaient, ordinairement, un moment de gène. Il leur fallait subir de nombreuses brimades*. Ils n'étaient, enfin, reçus dans la familiarité de leurs camarades qu'après le baptême universitaire, à la suite d'un bain où on les menait avec une pompe comique'. Basile, accoutumé aux égards, fierdes succès déjà remportés, naturellement grave et réservé, et d'une santé délicate, eût beaucoup souffert de ses débuts à Athènes, s'il n'y avait rencontré tout de suite un ami et un protecteur*.

Cet ami était Grégoire de Nazianze. Il avait déjà connu Basile aux écoles de Césarée ; mais rien n'indique qu'ils se soient liés à cette époque. Après Césarée, l'un et l'autre avaient d'abord suivi une voie différente. Pendant que Basile allait àConstantinople, Grégoire avait étudié à Césarée de Palestine, sous le rhéteur Thespesius, puis avait passé quelque temps à Alexandrie, où Didyme occupait la chaire jadis illustrée par Pantène et Origène. D'Alexandrie il s'était rendu à Athènes, éprouvé, pendant la traversée, par une épouvantable tempête. Il était déjà influent parmi les étudiants athéniens, quand arriva Basile. Grâce à sa protection, le nouveau venu, « par une exception unique, » fut dispensé du bain et des brimades. Ainsi, raconte Grégoire, se noua notre amitié^.

Un incident la rendit plus étroite. Les étudiants arméniens étaient nombreux à Athènes. Parmi eux quelq'ies-uns connaissaient Basile. Les uns avaient été ses

I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII, 17, a. Ibid,, i6.

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