I. Saint Basile, Ep, i
a. Ep. 2^3, 3.
zianze se sépara de sa famille pour venir l'y rejoindre. Il paraît avoir fait près de Basile un assez long séjour. Dans une lettre écrite à son ami après le retour en Cappadoce, il rappelle avec un souvenir ému la vie qu'ils ont menée ensemble : leurs prières continuelles, leurs psalmodies, leurs saintes veilles ; la concorde de la petite communauté que Basile animait à la perfection par son exemple et ses conseils; Tétude qu'ils firent tous deux de FÉcriture sainte et de son commentateur Origène*; jusqu'aux travaux manuels auxquels ils se livrèrent en vrais moines, portant du bois, cassant des pierres, bêchant, arrosant. Grégoire parait même très fier d'un beau platane que ses mains ont planté*. Mais il se peut que l'aspect extérieur des lieux qui ravissaient Basile l'ait moins enchanté que n'avait été son ami. Dans d'autres lettres d'un ton enjoué, il le raille de son enthousiasme, et peint, à son tour, de couleurs moins favorables les brouillards du fleuve, les rochers menaçant la tète des habitants, les sommets interceptant le soleil, le bruit insupportable du torrent, son eau trouble, son lit contenant plus de pierres que de poissons. Le jardin mérite à peine ce nom : sur sa pente rocailleuse les légumes poussent mal, malgré tout le fumier répandu. Enfin, dans la petite maison de Basile, au toit branlant, aux portes disjointes, à l'âtre trop souvent éteint, la chère était maigre, le pain dur à casser les dents, et sans les secours envoyés par Emmelie, « cette vraie nourricière des pauvres, » on y serait mort de faim^ Grégoire avait gardé une douce rancune du dédain montré par Basile pour le district de Tiberîna.
I. Cf. Saint Grégoire de Nazianze, Ep, 87; Socrate, IV, a6; Sozomène, VI, 17.
a. Saint Grégoire de Nazianze, Ep, 6.