‹ Saint Basile (329-379): (329-379)Chapitre 40 sur 146 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LB SÀCERDOCB

Saint Basile avait été baptisé par Tévêque de Ccsarée, Dianée. Soit tout de suite, soit peu de temps après, celui-ci l'avait élevé au grade de lecteur*. Basile lui garda toujours une grande reconnaissance, et comme un sentiment filial. Dianée est un curieux type d'évêque du IV* siècle. Ce n'est ni le ferme champion de l'orthodoxie, décidé a tout souffrir plutôt que d'abandonner la défense de la vérité, ni l'arien sectaire, poursuivant par des voies hardies ou tortueuses la destruction des doctrines traditionnelles, ni l'ambitieux sans foi, visant uniquement à supplanter sur leurs sièges les prélats orthodoxes, ni le semi-arien, cherchant par amour de la paix la conciliation doctrinale, ni l'évêque de cour, attendant tout des bonnes grâces de l'empereur, et variant de croyances avec lui. C'est un bon homme, d'aspect vénérable et majestueux, ayant « le grand air sacerdotal. » Ses mœurs sont douces, son accueil bienveillant, son àme exempte de fiel, sa conversation à la fois enjouée et sérieuse*. Mais, toutes les fois qu'il y a un acte de faiblesse à commettre, il le commet. Occupant

I. Saint Basile, De Spiritu Sancto^ 29, a. Saint Basile, Ep. 5i.

un des premiers sièges de TOrient, jamais il ne mit son autorité au service de sa foi. Dans tous les conciles où les ariens se trouvèrent en majorité, il vota avec les ariens, adhéra aux symboles qu'ils lui présentèrent, condamna avec eux saint Âthanase, signa avec eux des lettres injurieuses au pape. Après que, par fme dernière faiblesse, il eut souscrit, en 36o, le formulaire dit de Rimini, en réalité rédigé à Constantinople, qui détruisait toute Tœuvre du concile œcuménique de Nicée, saint Basile comprit que le temps des ménagements était passé. Malgré son affection pour Dianée, il rompit publiquement toute communion avec celui-ci. Mais, joint aux pieux compagnons de sa retraite, il ne cessa de pleurer sur Tâme du vieil évêque, dont il se considérait, malgré tout, comme le fils spirituel. Aussi quand, deux ans plus tard, Dianée, se sentant près de sa fin, l'envoya chercher, Basile accourut, a Dieu m'est témoin, lui dît le malade, que si j'ai donné mon adhésion au symbole qui m'était apporté de Constantinople, je l'ai fait dans la simplicité de mon cœur. Je n'avais nul dessein de renier la foi proclamée parles Pères de Nicée, et je ne voulais pas m'écarter de leurs traditions. Je ne demande qu'une chose, c'est de n'être point séparé des trois cent dix-huit évéques qui ont annoncé au monde cette sainte doctrine. » Soulageant ainsi sa conscience, le pauvre Dianée calma en même temps la peine de Basile. Les larmes que celui-ci avait versées en le revoyant cessèrent de couler; il se pencha sur le lit du mourant, et lui déclara avec joie rentrer dans sa communion^ Telle était la situation que Basile tenait déjà de sa sainteté et de sa science : il n'avait encore reçu qu'un des ordres mineurs de l'Église, et c'est son

Page 1