Id., Ep
avec les derniers du peuple*. L'influence et le tact d'Eusèbe de Samosate, en rendant courage aux orthodoxes, n'eussent peut-être pas sudQ à assurer le succès de leur candidat. Le vénérable évêque de Nazianze prit une résolution héroïque. Au risque de mourir en route, il quitta son lit pour monter en litière, et partit pour Césarée. Son fils raconte que l'effort lui rendit la vigueur, et que, redevenu jeune d'énergie et presque de corps, il mit dans la balance le poids de son autorité, et décida de Télection. Ce fut lui qui consacra de ses mains et intronisa le nouvel évêque*.
L'élévation de Basile fit éclater les sentiments les plus divers : allégresse des orthodoxes et de la majorite du peuple de Césarée ; applaudissement du vétéran des luttes' pour la foi, saint Athanase'; joie discrète et profonde du plus cher ami de Basile, Grégoire de Nazianze, qui, par un excès de délicatesse, hésita longtemps à venir féliciter le nouvel élu, et refusa les dignités que celui-ci lui offrait*; dépit de Valens à la vue de la puissante digue élevée contre le flot montant de Farianisme.
Mais une pénible épreuve attendait Basile dès le début de son épiscopat. L'opposition faîte à son nom se prolongea après qu'il eut été élu. Un sentiment d'envie, d'ambition blessée, anima contre lui beaucoup de ses suffragants. Ceux-ci avaient déjà manifesté leur humeur par des traits malins décochés au vénérable et doux évêque de Nazianze*. Ils cherchèrent toutes les occasions de montrer à Basile que s'il était devenu leur
I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII^ 87. a. Id., Oratio XVIII^ 36; XUU, ag.