Saint Grégoire de Nazianze, Ep. aS, a
deviné sa valeur, encore mûrie par l'épreuve, conçut le dessein de Tattirer tout à fait à Dieu. Bientôt une lettre arriva à Ozizala, écrite en apparence par un ami d'Amphiloque, nommé Héraclide, mais en réalité dictée par Basile. Cet Héraclide était aussi un transfuge du barreau, qui faisait à ce moment une retraite près de TévêquedeCésarée, dans le bâtiment de rhôpitalaflPecté aux hôtes. « Nous autres, lui fit-on écrire, longtemps habitués au forum, nous ne savons ni nous contenter de peu de paroles, ni nous défendre contre les vaines pensées. Nous nous laissons entraîner par l'orgueil, et nous ne renonçons point aisément à avoir grande opinion de nous-mêmes. Contre ces tendances, il nous faut un maître puissant et expérimenté. » 11 continue en vanv tant les leçons de Tévéque, et en les ramenant toutes à ceci : renoncer aux avantages, aux richesses, aux vanités du monde. Mais les leçons ne suffisent pas : pour apprendre à vivre en chrétien, il faut l'exemple de tous les jours. C'est là ce qu'il engage Â.mphiloque à venir chercher a Césarée. Que celui-ci demande congé à son vieux père, et qu'il se hâte vers l'hôpital : là, il trouvera l'évêque, la vie commune, un continuel entretien. « Nous aurons toujours des rochers et des cavernes où nous rétirer; mais nous ne trouverons pas toujours, a notre portée, le secours d'un homme. » Il y aurait faute h n'en pas profiter*.
Amphiloque ne résista pas à une invitation aussi ingénieuse et aussi persuasive. Ses progrès près de Basile furent rapides. Il parait cependant avoir essayé de se soustraire, lui aussi, au fardeau du sacerdoce, et avoir, pendant quelque temps, pris la fuite. Mais « les filets de la grâce le ramenèrent. » Son père cependant