Voir pi as haut, p. lao
service à la religion. De là son traité, moitié dogmatique, moitié d'apologie personnelle, sur le Saint-Esprit.
L'œuvre est de tout point digne de la science et du génie de saint Basile : cependant on ne peut s'empêcher de regretter que la nécessité de se défendre ait donné à ce traité doctrinal quelques-uns des caractères d'un écrit de circonstance. C'est ainsi que les premiers chapitres sont consacrés à une discussion de mots. La faute n'en est pas à l'écrivain : l'esprit contentieux de l'arianisme avait introduit dans l'Eglise ce genre de querelles, si étranger à la simplicité du christianisme primitif. Force était bien aux. défenseurs de l'orthodoxie de suivre l'attaque sur ce terrain, et de détourner les coups que l'hérésie leur portait de sa main subtile et sèche. « Cette mesquine importance attachée aux mots et aux syllabes n'est pas inofTensivc, dit saint Basile : elle cache un .dessein secret et profond contre la vraie piété \ » Sans doute Basile, dès qu'il le peut, élève et agrandit le débat : tout le milieu du livre renferme une admirable théologie du Saint-Esprit, et réfute les erreurs opposées à sa divinité. Cependant le saint docteur est sans cesse, malgré lui, ramené au point de départ, c'est-à-dire à démontrer que les expressions qu'on lui a reprochées sont d'une parfaite orthodoxie. Cette démonstration amène, vers la fin, un très intéressant chapitre d'histoire religieuse. Basile y passe en revue les Pères de l'Eglise qui, aux temps antérieurs, ont parlé comme lui. On admire, à ce propos, son érudition, et l'aisance avec laquelle il la porte ; mais on souffre de voir ce grand et noble esprit enlacé dans les liens d'une misérable controverse, et obligé