‹ Saint BasileChapitre 55 sur 137 · LES AFFAIRES DE LA CAPPADOGE · texte numérisé non relu

LES AFFAIRES DE LA CAPPADOGE

mettre en mouvement le maître des offices, Sophrone, originaire aussi de la Cappadoce, et le supplie « de prendre en main la cause de la cité, qui se jette à ses genoux. »

Les lettres de Basile contiennent d'abord les arguments que le bon sens pouvait opposer à toute pensée de subdivision des provinces. De tels changements, loin de fortifier r Empire, en diminueront plutôt la vigueur par la destruction de son organisme traditionnel. « Si Ton coupe en deux un bœuf ou un cheval, on n'aura pas deux bœufs ou deux chevaux ; mais on aura tué son cheval ou son bœuf. Ce n'est pas le nombre des provinces, c'est leur existence même qui importe\ » Surtout Basile insiste sur la ruine et la désolation de Césarée. Il semble que le décret qui partageait la province avait été accompagné tout de suite d'une augmentation d'impôts; car les rues, dit-il, ne retentissent que des cris des agents du fisc et des plaintes des contribuables, que l'on est obligé de battre pour les foire payer*. Leur voix éveille seule les échos des portiques abandonnés par la foule. Sans ce bruit, on se croiriait dans un désert. Les gymnases sont fermés : la nuit, on n'éclaire plus les rues. Des grands, des riches, des magistrats, une partie s'est enfuie, emmenant femmes, enfants, serviteurs, afin d'éviter l'émigration forcée à Podande; les autres y ont déjà été traînés comme des captifs ; un tiers à peine des curiales habite encore Césarée. Le départ de tant de grands, les colonnes de la cité, a amené l'écroulement universel. Des maisons vides, plus de commerce sur le marché, plus de conversations ou de discours au forum, à peine de rares pas-

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