LES AFFAIRES DE LA GAPPADOCE
suffiraient à le justifier de s'être montré le gardien scrupuleux du patrimoine ecclésiastique.
Ce qui préoccupait Basile, ce n'était pas seulement la diminution des revenus de son Église; c'était encore l'amoindrissement du siège de Césarée par suite de la défection de beaucoup de suffragants. Il résolut d'accroître, dans la partie de la Cappadoce qui lui restait, le nombre des évêchés . Cette résolution n'était pas inspirée par une puérile vanité, qui était bien éloignée de Tesprit de Basile; mais, comme les canons des conciles obligeaient les suflFragants a se réunir, à des époques périodiques et assez rapprochées, autour du métropolitain de la province, il importait, et pour la dignité du siège, et pour la bonne direction des affaires, que son synode ne fût pas trop réduit. La multiplication des évêchés, dans la partie de la province qui garde le nom de première Cappadoce, eut, selon saint Grégoire, de grands avantages, et pour le bien des âmes, dont elle rapprocha les pasteurs, et pour la conciliation future, dont elle prépara les voies*. Cette mesure opportune fit cependant une victime, qui fut Grégoire lui-même.
Parmi les localités qu'Anthime disputait à la juridiction de Basile était le bourg de Sasimes. Bien qu'assez distant de Césarée, il paraît avoir eu pour l'Eglise de cette ville une importance particulière, à cause de sa situation au confluent de plusieurs routes par lesquelles passaient les convois d'animaux ou de denrées qui, de divers côtés, lui étaient envoyés en tribut*. Basile comprit Sasimes parmi les évêchés nouveaux qu'il érigea, et ne crut pas trop présumer de l'amitié de Grégoire en l'appelant h en occuper le siège, dont les circons-