‹ Saint BasileChapitre 61 sur 137 · LES AFFAIRES DE LA CAPPADOGE · texte numérisé non relu

LES AFFAIRES DE LA CAPPADOGE

de la retraite tant désirée, Grégoire écrira le poème de sa vie, il ne pourra toucher à ce souvenir sans que le flot comprimé de l'ancienne amertume ne jaillisse de nouveau*.

Grégoire consentit, cependant, à recevoir la consécration épiscopale. L'ascendant qu'avaient sur lui le vieil évêque de Nazianze et Basile triompha de ses résistances. Il inclina la tête sous l'onction sainte, tout en protestant dans son cœur contre ce qu'il estimait une atteinte à sa liberté. Les discours qu'il prononça dans cette occasion solennelle sont curieux à lire. On y trouve un mélange de sentiments contraires. Prêchant à Nazianze, peu de jours après avoir été consacré, devant son père et Basile : « Ce que tu voulais est arrivé, dit-il à ce dernier; tu m'as maintenant en ta dépendance ; tu as vaincu celui qui ne devait pas céder.... Je n'ai pas été persuadé, mais contraint*. » La vertu de Basile est telle, cependant, qu'à ces reproches à peine voilés le nouvel évêque ne peuts'empêcherdejoindre de justes louanges: « Enseigne-moi, s'écrie-t-il, à imiter ta charité pour ton troupeau, ton soin, ton attention, ta sollicitude, tes veilles, la subordination de ton corps à l'esprit, le zèle qui te fait pâlir au service des âmes, le soin avec lequel tu as tempéré ta vivacité de cœur, ta sérénité et ta mansuétude (exemple rare entre tous) dans le maniement des affaires, les combats que tu as livrés pour tes ouailles, les victoires que, par la grâce du Christ, tu as remportées'! »

Un autre Grégoire, cependant, le frère de Basile, récemment nommé évêque de Nysse, était arrivé à Na-

I. Saint Grégoire de Nazianze, Ep, 48 ; Poemata de se ipso, XI, 386-485 ; Oratio XLIII, 69.

a. Id., Oratio IX, 4» 5.

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