Sozomène, Hist, ecc!,^ VIF
retards, dus à Tiiiver et aux brigands qui infestaient tout le pays, de la Cappadoce h Constanlinople. Il fut un instant question de lui adjoindre Grégoire de Nysse, sans doute pour donner plus d'éclat à sa mission. Basile ne fut pas de cet avis ; la douceur et la simplicité de son frère, peu accoutumé aux usages des cours, ne lui paraissaient point propres à traiter avec « un homme assis sur un trône sublime, d'où il entend à peine ceux qui d'en bas lui disent la vérité*. » Ce langage, par lequel est évidemment désigné le pape Damase, surprend après la lettre si cordiale de 3-1 : c'est le premier symptôme d'un malentendu qui dura quelque temps, et eut surtout pour cause la manière différente d'apprécier les affaires d'Antioche*. Peut-être aussi Basile s'irritait de la lenteur avec laquelle, à Rome, étaient étudiées les questions si multiples de doctrines et de personnes, qui se rattachaient à la pacification religieuse de l'Orient. Celle-ci cependant fit tout a coup un pas considérable, auquel les lettres enfin portées en Occident par Dorothée ne furent probablement pas étrangères.
Quand cet envoyé des Orientaux revint en Asie, en 3^5, un concile venait d'être tenu en Illyrie, où l'empereur Valentinien résidait alors. L'arianisme y avait été condamné une fois de plus. Les Pères avaient, en même temps, obtenu de Valentinien l'envoi en Asie d'un rescrit, dont Théodoretnous a conservé le texte*. Cet acte interdit aux hérétiques de se prévaloir des sentiments des princes pour répandre leurs erreurs ; il leur défend d'exercer aucune persécution « contre ceux qui serven Dieu mieux qu'eux et ont une foi plus pure; » il rend