Mgr Péchenard, Panégyrique du B. Guerric
joyeuse, Sa bonté attirante et son amour pour Dieu; ae
c'est François aussi avec ses institutions monastiques et la pléiade de thaumaturges et d’apôtres qui lui sert de cortège : tant il est vrai qu’à la sainteté seule est attaché le salut du monde (1).
Mais toute mission extraordinaire n’a qu'un temps, et le Poverella pouvait craindre qu'après sa mort, son œuvre ne subit une éclipse ou même ne disparût entièrement. Une de ces communications surnaturelles dont il fut si largement favorisé, vint dissiperses inquiétudes. En 1224, au moment où, seul sur le rocher de l'Alverne, il épanchait son âme dans une fervente prière, le Sauveur lui apparut et lui dit : « François, rassure-toi. Ton Ordre subsistera jusqu'à la fin des temps, renfermant dans son sein quelques hommes d'une vertu héroïque, à côté de beaucoup d'imparfails. Et que cette pensée ne te trouble point; car l'éclat jeté par les premiers fera oublier les autres, comme le soleil, en montant à l'horizon, dissipe les vapeurs du matin (2). »
Quelques jours après, comme pour authentiquer la mission du vénérable fondateur et fixer à jamais la physionomie de son Ordre, un séraphin aux six ailes de feu imprimait dans sa chair la ressemblance des cinq plaies du Rédempteur et embrasail son cœur d'un immense amour pour la Passion. Et Francois descendait de l’Alverne, fortifié et eonsolé, sûr
4. Hurter, dans sa Vie d'Innocent HI, reconnaît que saint François a exercé une influence prépondérante sur les mœurs de toute l'Europe.